Le 23 juin 2026, la chaleur était déjà étouffante dans les rues de Pigalle. Mais à l’intérieur de La Machine du Moulin Rouge, c’est un tout autre incendie qui allait se déclarer. Trois jours après leur passage remarqué au Hellfest, les Californiens de Pennywise avaient donné rendez-vous à leurs fidèles pour une date parisienne unique affichant complet depuis plusieurs semaines. Avec en ouverture les vétérans pop-punk de The Ataris, la soirée avait tout d’un rêve de gamin élevé aux compilations Epitaph.
Le public mélange plusieurs générations de punks, de skateurs grisonnants et de jeunes convertis venus découvrir l’une des formations les plus emblématiques du punk rock californien. Quand The Ataris montent sur scène, la salle est déjà bien remplie. Les Américains ont parfaitement rempli leur rôle en chauffant la foule avec leur cocktail de pop-punk mélodique et de nostalgie des années 2000. Les refrains fédérateurs et l’énergie sincère du groupe ont préparé le terrain idéal pour ce qui allait suivre.
À 21h10, Pennywise débarque enfin sur scène. Pas d’introduction inutile. « Peaceful Day » explose dans les enceintes et déclenche immédiatement les premiers circle pits. La température grimpe de plusieurs degrés en quelques secondes. Le public chante chaque parole, chaque refrain, comme si sa vie en dépendait.
Le groupe enchaîne avec « My Own Country », « Straight Ahead » et « Violence Never Ending ». La fosse devient un tourbillon permanent où les slams s’enchaînent sans interruption, clairement trop violent par moment : l’alcool et la bétise ne font pas bon ménage. Fidèles à leur réputation, Jim Lindberg et ses compagnons ne perdent pas une seconde. Pas de temps mort, pas de bavardage excessif : uniquement du punk rock rapide, direct et fédérateur.
L’un des moments forts de la soirée intervient avec « Fuck Authority ». Des centaines de poings se lèvent à l’unisson tandis que la salle entière reprend le refrain. Dans une Machine du Moulin Rouge transformée en cocotte-minute, le morceau prend une dimension quasi hymnique.
Toujours généreux avec leurs influences, les Californiens glissent également plusieurs reprises dans leur set. Un medley hommage à NOFX avec « Bob », « Kill All the White Man » et « The Brews » déclenche une véritable explosion de joie parmi les fans de la scène punk des années 90. La reprise de « Do What You Want » de Bad Religion rappelle les racines communes de toute une génération de groupes, tandis qu’un extrait de « Fight for Your Right » des Beastie Boys apporte une touche festive supplémentaire. Mike D étant dans les parages, cela n’a pas échappé à Jim.
Mais comme souvent avec Pennywise, derrière l’énergie brute se cache aussi une forte dimension émotionnelle. « Society », « Living for Today » et surtout « Stand by Me » offrent quelques instants de communion collective avant le final tant attendu.
Et puis arrive « Bro Hymn ».
Comme à chaque concert du groupe, le classique absolu devient bien plus qu’une chanson. Des dizaines de personnes montent sur scène, les bras autour des épaules de parfaits inconnus. La salle entière chante à pleins poumons. Pendant quelques minutes, La Machine du Moulin Rouge ne ressemble plus à une salle de concert mais à une immense famille punk réunie autour d’un même hymne. Un moment de fraternité rare qui rappelle pourquoi Pennywise demeure, après plus de trente ans de carrière, l’un des groupes les plus respectés de la scène mondiale.
En seulement 1h10 de concert, Pennywise aura livré exactement ce que le public était venu chercher : une avalanche de classiques, une énergie intacte et une ambiance brûlante de la première à la dernière minute. Un rappel éclatant que certaines légendes du punk rock n’ont absolument rien perdu de leur pouvoir de destruction massive.
Setlist : Peaceful Day, My Own Country, Straight Ahead, Violence Never Ending, Same Old Story, The World, Waiting, Fuck Authority, Bob / Kill All the White Man / The Brews, Do What You Want, Fight for Your Right, Pennywise, (Intro) As Long as We Can, Perfect People, Society, Living for Today, Stand by Me, Bro Hymn.























