Ere, samedi 25 juillet 2026. Sous un soleil généreux, la deuxième journée des Gens d’Ere a attiré un public toujours plus nombreux. Dès le début d’après-midi, la plaine prend vie avant de vibrer au rythme d’une programmation éclectique où jeunes talents, artistes confirmés et grandes têtes d’affiche se succèdent jusqu’au bout de la nuit.
Plaisirs Coupables ouvre la journée dans la bonne humeur
Il est 14h45 heures lorsque Jimmy et Charles, les deux complices du duo tournaisien Plaisirs Coupables, montent sur la grande scène.
Décor minimaliste mais efficace : un palmier, un portemanteau débordant d’accessoires et beaucoup d’autodérision. Les deux artistes donnent immédiatement le ton avec « Sensualité » d’Axelle Red.
Les premiers festivaliers arrivent progressivement sur la plaine, une boisson à la main, et se laissent rapidement embarquer. Les refrains sont connus de tous et les deux musiciens savent parfaitement comment créer une ambiance conviviale.
« Bonjour les copines ! » lancent-ils chacun leur tour au public avant d’embarquer tout le monde pour un Voyage en Italie.
Le soleil est déjà bien présent sur la plaine.
« Merci les copains… Il fait chaud ! Tu veux que j’enlève mon peignoir ? Ah ça fait du bien… il était chaud ce peignoir ! », plaisante l’un d’eux avant de poursuivre, torse nu et en short en jean.
Avec « Quand tu m’aimes » d’Herbert Léonard et d’autres grands classiques de la chanson francophone, la plaine chante à l’unisson. Une entrée en matière légère, festive et parfaite pour lancer cette deuxième journée.
Diego séduit peu à peu le Chapito
Direction ensuite le Chapito où Diego, jeune artiste bruxellois, prend possession de la scène.
À 15h35, la salle est encore clairsemée. Batterie et guitare lancent les premières notes pendant que le chanteur apparaît au fond de la scène.
Très vite, sa pop aux influences rap et électro fait son effet. Les festivaliers s’approchent peu à peu, intrigués. Sans vraiment s’en rendre compte, on se surprend à battre la mesure du pied ou à hocher la tête.
« Salut, moi c’est Diego ! », glisse-t-il simplement après son premier morceau.
À l’aise, il multiplie les allers-retours sur scène, fait tournoyer son pied de micro et invite régulièrement le public à chanter avec lui. Les premiers fans donnent de la voix, rapidement rejoints par des curieux qui découvrent un artiste promis à un bel avenir.
La TEREasse fait le bonheur des plus jeunes…
Entre deux concerts, direction la TEREasse, devenue au fil des années un véritable lieu de rendez-vous du festival.
Si les Pro’Fêtes y assurent l’ambiance entre les concerts, ce samedi après-midi est surtout consacré aux plus jeunes avec la désormais traditionnelle Kids Party.
Très vite, les enfants envahissent la piste… bientôt rejoints par leurs parents.
« Attention ! Le sol, c’est de la lave ! », lance l’animateur. Instantanément, des dizaines de mini-festivaliers sautent d’un pied sur l’autre pour éviter ce sol imaginaire devenu brûlant.
Les enfants reproduisent les chorégraphies avec une étonnante précision pendant que les parents, souvent plus amusés qu’ils ne veulent bien l’avouer, participent eux aussi au jeu.
Une animation familiale qui reviendra plusieurs fois durant tout le week-end.
Orlane confirme son ascension
Révélée dans The Voice Belgique, Orlane poursuit son chemin avec un univers personnel mêlant pop moderne, électro et chanson française.
Diplômée en médecine, elle a finalement choisi de consacrer sa vie à la musique.
Avant même son entrée sur scène, les écrans géants montrent les dernières secondes de préparation en coulisses. Puis la bande-son s’arrête.
Orlane apparaît et ouvre son concert avec « Ralentis ».
Très expressive, elle vit chacune de ses chansons avec tout son corps. Elle danse, se déhanche, lève les bras avant de les laisser glisser le long de son corps, donnant une véritable dimension visuelle à ses interprétations.
« Les Gens d’Ere, vous êtes là ? », lance-t-elle avant d’enchaîner avec « Tout perdu ».
Après trois morceaux, elle prend le temps de présenter ses musiciens et son équipe afin de créer un lien avec le public. Une proximité qui caractérise son concert et permet aux festivaliers de découvrir une artiste sincère, sensible et généreuse.
Just Vox bluffe le public
Le présentateur Bruno reprend le micro.
« Est-ce que ça va, Les Gens d’Ere ? »
Quelques instants plus tard, les cinq membres de Just Vox investissent la scène.
Trois chanteuses, deux chanteurs… et aucun instrument.
Tout est produit à la voix.
Beatbox, percussions vocales, harmonies : le groupe impressionne par sa précision technique tout en gardant un côté ludique qui séduit immédiatement le public.
Les reprises de « As It Was » de Harry Styles, « No Scrubs » de TLC ou encore « Amor de mis amores », agrémentée d’une étonnante partie rappée, démontrent toute l’étendue de leur créativité.
Révélé grâce à un Golden Buzzer dans La France a un incroyable talent, le quintette confirme qu’il est aujourd’hui l’une des références européennes de l’a cappella moderne.
Cœur de Pirate fait chanter toute la plaine
Moment particulier avant l’arrivée de Cœur de Pirate.
Cette fois, ce n’est pas Bruno qui assure la présentation mais la jeune Oriane, visiblement très fière de succéder quelques instants au présentateur historique du festival. À quelques mètres de la scène, son papa l’observe avec émotion.
Puis apparaît Béatrice Martin, plus connue sous le nom de Cœur de Pirate.
Depuis bientôt vingt ans, l’artiste québécoise s’est imposée comme l’une des plus belles plumes de la chanson francophone. Sa voix immédiatement reconnaissable traverse les générations et ses chansons occupent une place particulière dans le cœur du public.
Elle ouvre son concert avec « Pour un infidèle ».
Dès les premières paroles, toute la plaine chante avec elle.
Au fil du concert alternent les morceaux les plus intimes, où elle retrouve son piano, et des titres aux sonorités plus pop qui donnent une nouvelle dimension à son répertoire en festival.
Avec sa simplicité naturelle et son élégance, Cœur de Pirate n’a pas besoin d’en faire beaucoup pour captiver les milliers de festivaliers réunis devant la grande scène. Chaque chanson est reprise en chœur, dans une ambiance à la fois douce et chaleureuse.
Superbus réveille toute une génération
Impossible ensuite de circuler dans le Chapito.
Quelques minutes avant le début du concert de Superbus, celui-ci affiche complet.
Fait étonnant, plusieurs festivaliers quittent pourtant la salle dès les premiers morceaux, sans doute pour rejoindre la grande scène et préparer la suite de la soirée. Mais ceux qui restent et ils sont très très nombreux, il est difficile de se frayer un chemin, offrent au groupe un accueil particulièrement chaleureux.
Le rideau se lève sur « OK KO », rapidement suivi de « Baby Boom ».
En fond de scène, un immense écran diffuse des images du groupe pendant que Jenn Ayache multiplie les déplacements.
Toujours souriante, elle déborde d’énergie.
« N’hésitez pas ! » lance-t-elle rapidement pour encourager un public déjà largement conquis.
La chanteuse prend également le temps d’échanger quelques regards avec les premiers rangs. À plusieurs reprises, elle s’installe au bord de la scène et adresse un signe de la main à une festivalière qui immortalise le moment avec son téléphone.
Ce contact permanent avec le public contraste avec l’image plus discrète que Jenn Ayache évoquait encore récemment en interview, où elle expliquait être naturellement très timide dans la vie quotidienne, trouvant sur scène une liberté qu’elle ne s’accorde pas ailleurs.
Les refrains de « Lola », « Butterfly » réveillent instantanément les souvenirs d’une génération entière.
À la sortie du concert, les commentaires fusent.
« Quelle énergie ! »
« Excellent groupe ! »
« C’était génial ! »
Des réactions qui résument parfaitement la prestation : un concert rock, généreux et fédérateur.
Matt Pokora conclut en véritable showman
Pour terminer cette deuxième journée, Matt Pokora transforme la grande scène en gigantesque machine à remonter le temps.
Le spectacle est construit comme une rétrospective de plus de vingt ans de carrière.
De 2004 à aujourd’hui, chaque période est évoquée à travers ses plus grands succès.
Entre deux chansons, l’artiste prend le temps de raconter son parcours, ses rencontres et les moments qui ont marqué sa carrière.
L’un des plus marquants reste son départ pour les États-Unis en 2007 et sa collaboration avec le célèbre producteur Timbaland sur son troisième album.
Cette anecdote débouche sur une scène totalement inattendue.
« Avant de travailler en studio, Timbaland mangeait toujours une pizza. Alors ce soir… on va se mettre dans le mood ! »
Quelques secondes plus tard, les équipes de l’artiste et Matt lui même distribuent des pizzas aux festivaliers massés au premier rang.
Un moment aussi insolite que convivial avant que ne retentissent les premières notes de « Dangerous », accueilli par une immense ovation.
Tout au long du concert, Matt Pokora impressionne.
Danseur hors pair, chanteur toujours juste, entouré de ses musiciens, il enchaîne les tableaux sans jamais perdre en intensité.
La plaine, archicomble, chante chaque refrain.
L’un des instants les plus touchants survient en début de concert lorsqu’il échange quelques mots avec Athénaïs, une petite fille de quatre ans. L’artiste lui fait remarquer avec humour qu’elle n’était même pas née lorsque certains de ses premiers tubes sont sortis, notamment Les Planètes.
Entre chorégraphies millimétrées, scénographie soignée et communication permanente avec les festivaliers, Matt Pokora confirme une nouvelle fois sa réputation de showman. Une prestation spectaculaire !
Une journée sous le signe des générations
Des reprises populaires de Plaisirs Coupables à l’univers sensible de Cœur de Pirate, de l’énergie rock de Superbus au show XXL de Matt Pokora, cette deuxième journée a réussi le pari de réunir toutes les générations.
Les enfants ont trouvé leur bonheur à la TEREasse, les amateurs de découvertes ont applaudi Diego, Orlane ou Just Vox, tandis que les grandes têtes d’affiche ont fait le plein devant des scènes combles.
Un samedi record qui a accueilli 11 000 festivaliers. À une journée de la clôture, le festival confirme une nouvelle fois ce qui fait sa force depuis tant d’années : une programmation capable de faire cohabiter découvertes, nostalgie et grands moments de communion musicale.
Rendez-vous ce dimanche pour la dernière journée avec Nsangu, Mado, St Graal, Linh, Jérémy Frérot, Lorie, Skip The Use, Typh Barrow et Awissa. Billetterie
