Ce vendredi 24 juillet, le festival Les Gens d’Ere a donné le coup d’envoi de sa nouvelle édition. Une première journée marquée par une programmation exclusivement noire-jaune-rouge, mettant à l’honneur aussi bien les talents locaux que les figures emblématiques de la scène belge.
Dès 17h, le site ouvrait ses portes à un public impatient. Une demi-heure plus tard, les premières vibrations débutaient dans le Chapito.
17h30, 75 City Club : La jeunesse tournaisienne lance les hostilités
C’est aux régionaux de l’étape, le trio tournaisien 75 City Club, qu’a incombé la lourde tâche d’ouvrir les festivités. Face à un public encore clairsemé sous le grand chapiteau, mais composé d’initiés, le trio de rappeurs, Morax, Thesse et Yasu, épaulé par leur DJ aux platines, a déployé une énergie débordante.
Ultra-mobiles et complices, les trois artistes au look parfaitement coordonné (avec le « 75 » bien en évidence sur le micro) ont rapidement réchauffé l’atmosphère. L’interaction ne s’est pas fait attendre : « Yo, vous êtes où les gars ? » lancent-ils, auxquels les festivaliers du premier rang répondent en chœur : « Les Gens d’Ere ! ». Une ouverture pleine de hargne et de générosité pour ce groupe local prometteur.
Skarbone 14 : 25 ans de fête et un engagement intact
Changement de décor et de rythme avec Skarbone 14. Le groupe de ska/rock wallon, qui fête ses 25 ans de carrière en 2026 (avec le défi de sortir un titre le 14 de chaque mois avant l’album prévu en janvier prochain), est arrivé en force : huit musiciens sur scène et une générosité débordante.
Avant de faire monter la pression, le chanteur Sim a souhaité prendre la parole pour rappeler l’importance de la culture face aux restrictions budgétaires actuelles, invitant à une minute de silence. Un moment solennel brisé par un festivalier criant : « Continuez le combat, c’est pas fini ! », auquel Sim a répondu avec ferveur : « LA CULTURE, c’est pas fini ! ». Sans oublier un salut chaleureux aux chevilles ouvrières de l’événement : « Je crois savoir que si le festival existe, c’est en grande partie grâce aux bénévoles. Longue vie au Les Gens d’Ere ! ».
Le groupe a ensuite lancé les hostilités avant d’inviter la foule à la danse : « Allez, on se remue le popotin ! ». Les fidèles de la première heure étaient au rendez-vous : tapements de mains, pas de ska frénétiques et sourires sur tous les visages.
Sttellla : L’humour et la nostalgie au rendez-vous
Au fil des minutes, le Chapito s’est rempli à craquer pour accueillir une véritable légende de la belgitude : Jean-Luc Fonck et son groupe Sttellla. Vêtu d’un costume de marquis digne d’une autre époque, tout comme ses quatre musiciens, le roi du calembour a immédiatement conquis l’assemblée.
Attaquant d’emblée, Sttellla a fait chanter le public au mot près. Fidèle à son légendaire sens de l’absurde, Jean-Luc Fonck n’a pas manqué de taquiner la foule : « On va jouer seulement 10 minutes ! Vous auriez dû venir hier, on a joué 4 heures ! ».
S’en sont enchaînés les hymnes festifs comme « Les Tartines ». Un moment de pure déconnexion, hilarant et fédérateur, devant un chapiteau désormais complet.
Youssef Swatt’s : Le poète de Tournai prolonge son histoire d’amour avec son public
Pour clore cette très belle première soirée, c’est l’enfant du pays, Youssef Swatt’s, qui a pris possession de la scène. Quelle trajectoire pour le rappeur et poète tournaisien ! Découvert seul sur scène au festival en 2022, repassé par Ere en 2024 l’année de sa consécration dans l’émission Nouvelle École, il revenait ce vendredi en tête d’affiche avec une formation de quatre musiciens (batterie, deux claviers, guitare).
L’artiste, connu pour ses textes profonds et son engagement (notamment pour la cause palestinienne), a livré un set d’une grande maîtrise. Dès le premier morceau, le ton était donné. Très proche de sa ville, Youssef a multiplié les clins d’œil : « On est à la maison, faites du bruit s’il vous plaît ! On n’a que deux dates cet été. »
L’artiste a affiché une belle connivence avec les festivaliers : échanges de sourires, thumbs-up, refrains repris en chœur.
Garde du corps des émotions, Youssef Swatt’s a offert un moment suspendu en interprétant « Je t’en veux », un titre inédit réservé exclusivement « On l’a joue uniquement en festival ». Une chanson triste et magnifique qui a figé le temps sur la plaine de la scène Plein Ere.
Bilan de la première journée : Une cuvée 100 % belge réussie sur toute la ligne, entre énergie brute, engagement, humour décalé et poésie hip-hop. Le festival Les Gens d’Ere 2026 ne pouvait pas mieux commencer !
Et çà continue aujourd’hui avec les concerts de Matt Pokora, Coeur de Pirate, Superbus, Just Vox, Henri PFR, Plaisirs Coupables, Diego, Orlane et The Magician ! Ouverture des portes à 14h15 !
