Dans un monde où la saturation sonore semble être la norme, Same Side fait l’effet d’un lever de soleil sur un matin brumeux. Avec Oh No, son deuxième album, Kevin Geyer (connu aussi pour son rôle dans The Story So Far et Elder Brother) continue de creuser un sillon plus intime, loin des guitares rageuses du punk californien. Ici, tout est en demi-teinte, tout est feutré. C’est un disque qui chuchote là où d’autres crient.
L’écoute de Oh No évoque immédiatement l’élégance dépouillée d’un Death Cab for Cutie, notamment dans la façon dont la voix se fond dans des arrangements discrets mais précis. On pense aussi à Copeland pour ce mélange de douceur rêveuse et de mélancolie feutrée. Il y a dans ces chansons une chaleur analogue à celle de Turnover période Peripheral Vision — une pop indie cotonneuse, aux guitares liquides, qui semble flotter au-dessus du sol.
Les mélodies sont simples mais terriblement efficaces, comme un journal intime qu’on aurait mis en musique. Il y a une certaine fragilité dans la manière dont Geyer pose sa voix, toujours sur le fil, jamais démonstrative. C’est précisément ce qui rend l’ensemble si touchant : l’impression d’être dans une bulle, isolé du tumulte du monde.
L’album brille aussi par sa cohérence. Chaque titre coule naturellement vers le suivant, dans une atmosphère que ne renierait pas Andy Shauf ou même Sufjan Stevens, période Carrie & Lowell, pour ce même sens du minimalisme émotionnel. Là où certains albums s’écoutent, Oh No se ressent. Il se vit dans les silences entre les accords, dans les petits arrangements discrets — un clavier discret ici, une reverb dosée là.
Oh No est une échappée belle, une parenthèse de douceur dans un quotidien souvent trop bruyant. C’est le genre d’album qu’on met en fond… puis qu’on remet pour vraiment l’écouter, encore et encore. À la croisée d’un indie-pop introspectif
