Vous, Adahy, avez mentionné être inspiré·e par des artistes tels qu’Izïa, Balavoine et Feu! Chatterton. Comment ces influences se manifestent-elles dans votre musique ?
Balavoine a bercé mon enfance, et je partage sa sensibilité à l’injustice. Il m’a aussi beaucoup aidé à libérer ma plume récemment. La pluralité de sa musique me plaît aussi beaucoup.Izia, je pense qu’elle se retrouve surtout dans mon énergie sur scène et ma sensibilité. Pour Feu! Chatterton, je dirais qu’on les retrouve un peu dans le groove, les thèmes abordés et l’attitude.
Votre musique est décrite comme une pop hypersensible mêlant voix rocailleuse, lignes de basse exaltantes et synthés mélodieux. Comment décririez-vous votre processus créatif pour parvenir à ce mélange unique ?
C’est assez variable ; parfois j’écris d’abord le texte car j’ai besoin d’exprimer des choses, mais le plus souvent je commence par la musique et des mots/phrases me viennent puis j’écris autour. J’aime beaucoup produire la nuit, mais j’ai récemment découvert le plaisir de produire le matin au réveil, et je dois dire que j’ai pas mal aimé et réitéré l’expérience depuis.
Vos textes semblent refléter une analyse du monde actuel et une volonté de dessiner votre propre paysage. Quels messages ou réflexions souhaitez-vous transmettre à travers vos chansons ?
Des valeurs de justice, de bienveillance, de soin du vivant, et d’amour aussi.
Vous portez un discours sur l’émancipation, l’écologie et la justice sociale. Comment ces thématiques influencent-elles votre musique et vos projets artistiques ?
Elles sont vraiment ma colonne vertébrale ! Ca a été viscéral pour moi de les mettre en chanson, car elles sont aussi le reflet de ma vie personnelle. J’ai très tôt eu des désirs d’indépendance, et aussi très tôt eu une sensibilité extrême aux injustices et à la destruction de la planète. La musique étant. mon moyen d’expression, cela va de soit qu’elle reflète ces thèmes qui me définissent.
Vous étiez sur la scène du Bastion lors du Main Square Festival le 4 juillet 2025. Comment vous étiez-vous préparé.e pour cet événement et qu’est-ce que cela représente pour vous de jouer dans ce festival emblématique des Hauts-de-France ?
Comme pour n’importe quelle date, on répète le set avant de la même manière ! Mais c’est vrai que c’est tout de même une « grosse » date, qui pour être honnête, est une petite consécration pour nous (mes musiciens et moi-même). C’est le fruit de beaucoup de travail donc on est très fier.es.
Pouvez-vous nous parler de vos projets actuels ou à venir ? Un nouvel album ou des collaborations sont-ils en préparation ? Un nouvel EP est prévu pour l’année prochaine, avec une direction artistique plus affirmée, et aussi plus de moyens !
Si vous pouviez collaborer avec n’importe quel artiste, vivant ou décédé, qui choisiriez-vous et pourquoi ? Balavoine sans hésiter. C’est un peu mon mentor spirituel et j’aurais beaucoup aimé pouvoir créer avec lui. Comme moi, il avait un énorme amour des mélodies et des mots, alors j’aurais voulu voir ce qu’il en serait ressorti. Je pourrais donner (presque) tout ce que j’ai pour qu’il soit encore de ce monde.
Comment voyez-vous l’évolution de la scène musicale dans les Hauts-de-France et quelle place souhaitez-vous y occuper ? Y a-t-il une expérience ou un moment particulier dans votre carrière qui a marqué un tournant décisif dans votre parcours artistique ?
Je remarque qu’il y a de plus en plus de femmes et de queers qui prennent l’espace et je trouve ça super. Je remarque aussi un effort de certaines structures pour mettre en avant les minorités de genre, que ce soit sur scène ou dans les dispositifs d’accompagnement (même si on est malheureusement loin d’un paysage parfaitement équilibré). Je pense que la scène musicale, tout comme le reste de la société, doit œuvrer pour un monde plus inclusif et prendre en compte sérieusement les enjeux liés à l’intersectionnalité.
