Skate & Zik 2026 : Caudry a pris une grosse dose de décibels (et ça lui va plutôt bien)
Le 4 juillet, à Caudry, il y avait deux catégories de personnes. Ceux qui regardaient la coupe du monde de foot ou le tour de France à la télé… et ceux qui avaient compris que le vrai sport du week-end consistait à slamer entre deux modules de l’excellent skatepark de Caudry. Pour sa nouvelle édition, Skate & Zik a une nouvelle fois transformé le skatepark en véritable terrain de jeu pour punks, skateurs, hardcoreux et autres amateurs de riffs qui sentent bon la sueur et la bière.
Sous un soleil qui cognait presque aussi fort que les amplis, les Tontons Rockeurs avaient concocté une affiche sans temps mort. Résultat : pas une seule minute pour souffler, juste le temps de reprendre une gorgée avant de repartir dans le pit.
Les locaux de Start Of The End ont ouvert les hostilités avec l’envie manifeste de réveiller les quelques retardataires encore coincés devant la buvette. Hardcore screamo moderne, grosse énergie et une présence scénique qui annonce immédiatement la couleur : aujourd’hui, les cervicales ne survivront pas.
Puis place à Northern Lights, qui a apporté une belle dose de mélodie sans pour autant ranger les guitares dans leurs étuis. Leur hardcore metal énergique a parfaitement trouvé sa place dans la programmation. Des refrains qui restent dans la tête, une belle complicité sur scène et suffisamment de carburant pour faire décoller définitivement l’ambiance. Le son est finement exploité, très pro et d’une rare qualité. Les premiers pogos sérieux apparaissent, les premiers gobelets prennent leur envol… tout va bien.
Les Grenoblois de Eight Sins ont ensuite dégoupillé leur crossover thrash comme on lance une grenade dans un salon de thé. Impossible de rester immobile devant un tel déluge de riffs et de violence maîtrisée. Ça cavale dans tous les sens, ça tabasse proprement et le public répond immédiatement présent. Un set aussi efficace qu’une double pédale lancée à pleine vitesse.
Pas le temps d’éponger son front que Wake Of The Dead débarque pour remettre une couche de hardcore. Les Marseillais n’ont pas traversé la France pour faire de la figuration. Leur prestation est brutale, intense et sans le moindre temps faible. Les circle pits s’élargissent et le public se lance timidement mais doucement.
Les vétérans belges de Do Or Die prennent ensuite possession de la scène. Après plus de trente ans de carrière, le groupe continue d’envoyer des parpaings sonores avec une facilité déconcertante. Pas besoin de gadgets ni d’effets spéciaux : quelques riffs énormes, des morceaux devenus cultes et une expérience qui parle d’elle-même. Le hardcore à l’ancienne, celui qui fait mal mais qu’on redemande immédiatement.
Et puis… Maid Of Ace.
Les quatre sœurs venues d’Angleterre ont littéralement retourné Skate & Zik. Une déferlante de punk rock brut, rapide, insolent et terriblement efficace. Pas une seconde de répit, des refrains imparables, une attitude 100 % punk et une énergie communicative qui a mis absolument tout le monde d’accord. Les pogos sont devenus encore plus furieux, les sourires encore plus larges et les appareils photo avaient bien du mal à suivre tellement ça bougeait dans tous les sens. Une énorme prestation, tout simplement. Clairement l’un des grands moments de cette édition.
Pour terminer cette journée déjà bien chargée en décibels, Mike McColgan & The Bomb Squad ont offert un cadeau que peu de fans osaient espérer : l’intégralité du mythique album Do Or Die de Dropkick Murphys. Et avec Mike McColgan au chant – la voix originelle du disque – autant dire que la nostalgie s’est transformée en véritable machine à remonter le temps.
« Cadence to Arms », « Barroom Hero », « Boys on the Docks », « Road of the Righteous »… les classiques se sont enchaînés devant un public qui connaissait chaque parole par cœur. Le pit s’est transformé en pub de Boston un soir de victoire, les poings étaient levés, les chœurs résonnaient jusqu’au fond du skatepark, et l’on avait presque l’impression d’être revenu en 1998.
Difficile d’imaginer une meilleure façon de conclure la journée.
Au final, Skate & Zik confirme qu’il n’est plus seulement « le petit festival sympa » du coin. Avec une programmation solide, une ambiance familiale où tout le monde se mélange, des bénévoles toujours au top et un cadre atypique entre modules de skate et amplis poussés à fond, le rendez-vous s’impose comme l’un des événements punk-hardcore incontournables de l’été dans les Hauts-de-France.
On est repartis fatigués, un peu sourds, couverts de poussière, avec quelques bleus récoltés dans le pit… bref, exactement comme doit se terminer un bon festival punk.
Vivement la prochaine édition.































