Béesau, de son vrai nom Rémy Béesau, est un trompettiste, compositeur et producteur français. Il a grandi dans le jazz mais très vite, il a élargi son horizon : il s’est aussi tourné vers des sonorités urbaines, électro, beatmaking.
Son parcours le mène à mêler héritage jazz et modernité, le souffle de la trompette et la production contemporaine un travail “sans mot”, où la trompette, les textures sonores, les claviers remplacent le chant pour raconter des émotions.
Depuis plusieurs années, il s’est imposé comme une figure de la “nouvelle scène instrumentale française”, comparable dans l’esprit à des artistes “nu-jazz / soul / électro / jazz-urbain” venant réinventer le jazz traditionnel avec des influences urbaines.
“Une fleur et des papillons” est sa dernière sortie (novembre 2025) un album très attendu, qui semble marquer un moment important dans sa trajectoire.
« Une fleur et des papillons »
Un voyage musical intime, sans paroles mais plein de sens
« Une fleur et des papillons » est un album instrumental ce qui, à l’heure de l’omniprésence des voix, est un choix audacieux. L’absence de chant n’est pas un vide : c’est au contraire un espace offert à l’imagination, aux émotions, à l’interprétation. Béesau utilise la trompette, les claviers, les guitares, les programmations pour tisser un paysage sonore intime, poétique, parfois fragile mais toujours vivant.
Le disque se présente comme un voyage introspectif à travers une relation amoureuse de la découverte, aux doutes, jusqu’à la renaissance, ou la transformation. Chaque morceau semble être un chapitre, un instant figé, une pulsation d’émotion.
Un mélange maîtrisé de jazz, électro et soul entre tradition et modernité
Musicalement, l’album est l’incarnation d’un équilibre réussi entre héritage jazz (trompette, improvisation, sens du souffle) et modernité sonore (beats, programmations, textures électroniques, production contemporaine).
Les instrumentations sont riches mais jamais plombantes : solos de guitare délicats, piano / synthés, basse souple, rythmiques organiques tout sert l’émotion, l’ambiance, la narration. On sent un désir de “faire sentir” plus que “montrer”, de créer une atmosphère intérieure plutôt qu’un morceau démonstratif.
Entre romantisme, mélancolie et renaissance un propos universel
L’album ne se contente pas d’être “beau” pour le plaisir des oreilles. Il explore des affects universels : l’amour, le doute, le désir, la peur, la fragilité, la transformation. Par la musique sans paroles Béesau raconte une histoire de sentiments, de passages, de métamorphose. Ce voyage instrumenta l ne parle pas qu’au mélomane, mais à quiconque a connu l’amour, les hésitations, les blessures, la renaissance.
Il y a une dimension presque cinématographique dans l’album : on peut, en l’écoutant, fermer les yeux et y projeter ses souvenirs, ses émotions. C’est une musique pour l’intime, pour le cœur, pour l’âme.
Un disque sensible, abouti mais accessible
Malgré sa sophistication, “Une fleur et des papillons” reste accessible : on n’a pas besoin d’être expert en jazz ou en musique pointue pour être touché. Au contraire. La beauté du projet tient à sa capacité à parler à tous à ceux qui aiment le jazz, ceux qui aiment l’électro, ceux qui aiment simplement une musique sensible, élégante, émotive.
De plus, l’album dure environ 39 minutes, regroupe 6 titres un format maîtrisé, suffisamment concentré pour ne pas lasser, mais assez riche pour laisser une trace, un impact.
Trois morceaux à mettre en avant et ce qu’ils disent du projet
Si je devais conseiller 3-4 titres pour illustrer l’album dans une chronique/presse, les voilà et pourquoi ils fonctionnent particulièrement bien.
Pas Encore Premier single, l’un des morceaux les plus parlants de l’album. Mélancolique, chargé d’émotion : la trompette s’élève sur des rythmiques organiques et des textures modernes, comme un souffle hésitant dans un moment suspendu. Il traduit le doute, l’attente, la fragilité d’un amour naissant ou incertain.
Une fleur et des papillons (le morceau-titre) L’ouverture du disque : une invitation immédiate au voyage, à la rêverie, à l’abandon. Un morceau qui plante le décor : romantisme, douceur, nostalgie, espoir. Il donne le ton de l’album, et montre l’équilibre entre jazz, électro, chaleur instrumentale.
Chrysalide Pour sa dimension symbolique forte : une métaphore de la transformation, du passage, de la renaissance. Musicalement plus introspective, presque méditative un moment de calme après le tumulte, comme une respiration, une pause, un regard intérieur. Idéal pour saisir la portée émotionnelle de l’album.
Ce que “Une fleur et des papillons” apporte à la scène actuelle et pourquoi c’est important.
En 2025, alors que beaucoup d’albums misent sur la voix, les paroles, la chanson “formatée”, un projet instrumental comme celui de Béesau est une bouffée d’air. Il rappelle que la musique peut aussi être une langue universelle de l’émotion souffle, souffle… comme une respiration, un battement de cœur.
Il traduit une hybridation réussie des genres : jazz, électro, beatmaking, soul. Cette porosité artistique entre tradition instrumentale et modernité parle à un public large, intergénérationnel, curieux.
Il offre un espace d’introspection, d’évasion, d’intimité. Dans un monde saturé de bruit, de paroles, de messages un disque comme “Une fleur et des papillons” redonne le droit à la douceur, à la lenteur, à l’écoute intérieure.
Enfin, c’est un excellent exemple d’une nouvelle génération d’artistes qui n’hésitent pas à proposer des objets musicaux cohérents, soignés, ambitieux qui ne visent pas le tube radio, mais le partage sensible, l’expérience d’écoute authentique.
Mon verdict pourquoi cet album mérite votre attention et celle des lecteurs
“Une fleur et des papillons” est une perle discrète mais précieuse. Il ne hurle pas, n’impose pas, ne revendique pas. Il propose. Il invite. À écouter seul·e, au casque, tard dans la nuit, quand le monde s’apaise. C’est un disque pour l’âme.
En cela, Béesau offre un « voyage intérieur » et “Une fleur et des papillons” mérite d’être écouté, adopté, partagé.
