Merci à Mathilde du groupe Madjora d’avoir pris le temps de répondre à ces quelques questions.
Votre morceau / clip « Mythical » semble occuper une place importante en ce moment : quelle histoire ou quel univers vouliez-vous raconter derrière ce titre ?
Oui, c’est notre premier clip et en plus d’être dessiné par un artiste talentueux, il est le fruit d’une collaboration avec un ami, qui partage avec nous un certains nombre de références artistique et de pop culture en commun.
Madjora est souvent associé à une identité métal alternatif : comment votre son a-t-il évolué entre vos débuts et aujourd’hui ?
Au départ, le groupe était plutôt orienté rock français. Puis, à l’arrivée du guitariste, lui et le batteur se sont rapidement retrouvés autour d’influences musicales communes, ce qui nous a progressivement amenés vers le métal. Comme nos inspirations sont très variées, nous n’avons jamais vraiment réussi à nous enfermer dans un genre précis. Nous avons donc choisi de nous définir comme un groupe de métal alternatif, même si cette appellation reste assez large et fourre-tout. En résumé, nous faisons du métal, mais sans nous imposer de limites : une partie funky par-ci, une rythmique de bossa par-là, des ambiances plus sombres ou glauques, et tout ce qui nous semble servir les morceaux. Notre identité se construit justement dans ce mélange d’influences et cette liberté d’exploration.
Sur scène, qu’est-ce qui compte le plus pour vous : la puissance, la narration, l’émotion ou l’interaction avec le public ?
C’est un tout, sur scène notre rôle est avant tout de défendre notre musique et de convaincre à travers elle. Nous ne faisons pas de la musique uniquement pour nous- mêmes : lorsque nous montons sur scène, nous sommes là pour le public. Notre objectif est de transmettre un maximum d’émotions et d’énergie, de créer un moment unique et sincère, puis de le partager avec celles et ceux qui sont venus le vivre avec nous.
Vous avez récemment partagé l’affiche avec Sundread : qu’est-ce que ce type de plateau apporte à votre énergie et à votre manière d’aborder un concert ?
Comme à notre habitude, nous y sommes allés avant tout pour jouer et partager de bons moments. Et, comme c’est souvent le cas Sundread ne faisant pas exception, malgré des difficultés indépendantes de nos deux groupes nous avons eu la chance de rencontrer des musiciens passionnés avec qui nous avons passé un excellent moment. Une chose est sûre : nous espérons très vite remonter sur scène à leurs côtés. Lors des concerts à chaque rencontre, c’est extrêmement motivant de se voir les uns les autres, et c’est comme-ci cette grande famille de musiciens s’agrandissait un peu plus. On est toujours heureux de revoir ceux que l’on connaît déjà, de faire de nouvelles rencontreset de créer ensemble des souvenirs.
Quand vous composez, est-ce qu’un morceau naît d’abord d’un riff, d’un texte, d’une ambiance ou d’une image mentale ?
La composition des morceaux est principalement assurée par notre guitariste. Les idées naissent souvent d’une ambiance, d’expérimentations autour d’accords ou de rythmes, ou encore d’improvisations de riffs sur une base de batterie. Une fois la structure générale établie et les parties de guitare et de batterie définies, il ajoute la basse puis réalise une maquette qu’il transmet au reste du groupe. À partir de là, nous échangeons nos idées,
testons différentes pistes en répétition et discutons des émotions, images ou thèmes que la musique nous inspire. Ces échanges permettent ensuite à notre chanteuse de trouver une direction et de construire l’écriture des paroles. Même si la composition part souvent d’une seule personne, les morceaux prennent véritablement leur forme finale grâce au travail collectif du groupe.
Quel est aujourd’hui le plus grand défi pour un groupe comme Madjora : rester fidèle à son identité ou continuer à surprendre ?
Je dirais que notre plus grand défi est finalement beaucoup plus terre à terre. Nous ne sommes pas encore un groupe suffisamment installé pour nous demander en permanence comment préserver notre identité ou surprendre notre public. Et, pour être honnête, sur ce
dernier point, nous sommes plutôt satisfaits : jusqu’à présent, nous parvenons à proposer quelque chose d’original assez naturellement, sans avoir à nous forcer. Le véritable défi est ailleurs : trouver des dates et avoir l’opportunité de jouer régulièrement dans des lieux variés, tout en proposant des prestations à la fois sérieuses, énergiques et conviviales. Pour un groupe de notre taille, nous sommes malheureusement encore trop souvent confrontés à des situations où notre projet est pris à la légère. Il arrive que nous soyons programmés davantage pour encourager la consommation que pour mettre la musique, l’expérience et le partage au cœur de l’événement. Pour nous, un concert ne devrait jamais être un simple fond sonore. Nous cherchons à créer un véritable moment de rencontre et d’échange avec le public. C’est cette vision que nous essayons de défendre chaque fois que nous montons sur scène.
Si vous deviez résumer l’état d’esprit actuel de Madjora en trois mots, lesquels choisiriez-vous et pourquoi ?
Partage, liberté et authenticité. Ce sont des mots qui peuvent paraître galvaudés ou un peu attendu mais finalement nous sommes juste : un groupe de métal alternatif porté par la liberté de création, l’authenticité de sa démarche et le partage comme moteur de chaque concert. On cherche à défendre notre musique telle qu’elle est et à créer de vrais moments de partage.
Si Madjora devait créer la bande-son d’un monde imaginaire inspiré de « Mythical », quelles seraient les trois règles musicales obligatoires de cet univers ?
Une ambiance sombre mais séduisante avec une rythmique puissante.
