Merci Michael d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.
Tu viens de sortir le titre Arrêtez de faire des gosses . Qu’est-ce qui t’a poussé à choisir un intitulé aussi provocateur ?
J’écris mes chansons de cette manière, je prends un sujet qui me touche et j’essaye d’en parler avec décalage et ironie, c’est ma pudeur, et souvent avec une formule forte qui attire l’attention, que l’on aime ou pas ce que je fais, mais au moins que ça ne laisse pas indifférent.
Le morceau oscille entre pop légère et satire sociale. Peux-tu nous expliquer comment tu mixes l’ironie et la mélancolie dans ton écriture ?
Dans mon écriture je dose toujours le coté satirique pour qu’il ne soit pas trop appuyé, trop « Hahahaha » mais malgré tout bien présent, je ne cherche pas à faire des chansons drôles, ni être un « chansonnier » car c’est toujours la musique, les arrangements et les mélodies qui m’importent. C’est donc très important que je fasse attention à bien doser l’ironie, la satire.
Tu dis interroger notre époque, ses absurdités et la folie d’une humanité qui court à sa perte. Parmi ces absurdités, quelle est celle qui t’a le plus marqué en tant qu’artiste ?
Malgré les mots choisis dans cette chanson, elle reste exagéré et satirique, il n’est pas impossible que moi aussi j’ai un gosse plus tard… La période actuelle est anxiogène globalement, on est surconnecté, sur au courant de tout, alors les conflits, les massacres, les propos outrageants, racistes, mensongers, choquants, les surenchères médiatiques, les surenchères politiques nous parviennent en un instant, les choses positives aussi. Donc ce n’est pas forcèment un élément en particulier qui retient mon attention mais la globalité. Mais je suis persuadé qu’il reste encore de l’humanité, de l’altruisme et de belles choses à vivre. Heureusement.
Dans le clip réalisé avec Pauline Dupin et filmé par Camille Guillemain, on voit deux personnages martyriser le pauvre Michael. Que symbolise cette mise en scène pour toi ?
On a cherché un idée avec Pauline la réalisatrice, et cela nous faisait rire que deux enfants me martyrisent pendant ce clip, et c’était très logique pour arrêter d’en faire… Simon et Matisse les enfants du clip ont été incroyables. La symoblique de ce clip au fond c’est que l’on doit tous garder notre énergie d’enfant, la préserver, cette énergie qui nous fait nous émerveiller d’un rien, jouer avec n’importe quoi, n’importe qui, se disputer et se réconcilier aussitôt, être constamment happé par notre imagination.
On sait que tu es passé par des études de musicologie et que tu t’es formé à la composition, à l’arrangement et aux instruments tardivement. Comment ce parcours a-t-il influencé ta liberté artistique aujourd’hui ?
Mon parcours en musicologie a été déterminant pour moi, c’était une pérodie vraiment fabuleuse, je me suis lancé au pif dans ces études, en me disant : « tiens ? La musique ? Faire comme Freddy Mercury ? Pourquoi pas » et ça m’a plu, profondément. Ce que j’ai appris, l’arrangement, le piano la guitare, la basse, la composition sur logiciel m’ont donné une liberté sur mes créations, je fabrique tout de A à Z, je peux exprimer, construire mes chansons sans dépendre des « autres », ce qui ne veut pas dire que les « autres » ne sont jamais impliqués dans le processus de création.
Tes références oscillent entre David Bowie, Philippe Katerine, Serge Gainsbourg et Alain Bashung. Si tu devais choisir une seule de ces influences pour décrire ce titre, laquelle serait-elle et pourquoi ?
Quand j’ai commencé à composé, je sentais moi-même l’influence de mes influences sur mes compositions. Aujourd’hui je dirais qu’elles vivent en moi mais que je les ai tellement digérées que je ne sais plus de qui je m’inspire. Aprés pour cette chanson là peut être Philippe Katerine (même si ça ne ressemble pas du tout à du Katerine) mais au moins parce qu’il m’inspire de toujours rester jeune dans ma tête. On vieillit dans le crâne surtout.
Le monde change vite, les enjeux sont énormes… Quel rôle penses-tu que la chanson française peut jouer aujourd’hui dans cette dynamique ?
Faire de la chanson Française, de la musique et de l’art au sens large aujourd’hui est pour moi un engagement en soi. Dans un monde dévoré de matérialisme où tout doit avoir une valeur marchande, exister concrêtement et où tout doit être chiffré, vendu alors avoir des personnes comme moi qui peuvent passer des heures à choisir le bon son, le bon mot, le bon synthétiseur, la bonne articulation de basse, la bonne fréquence sur le mixage de la voix et finalement se perdre dans un univers plus abstrait, plus fluide, plus sonore, où un do vaut autant qu’un mi, pour l’objectif final de mettre en musique une vision artistique, une idée abstraite est un engagement en soi. Un engagement pour une exploration de soi-même, une recherche spirituelle.
Que veux-tu que l’auditeur emporte après avoir écouté ton morceau ? Un sourire jaune, un refrain entêtant, une interrogation ou une remise en question ?
Surtout pas de remise en question car je ne lui fais pas la leçon, c’est pas mon style et ça ne le sera jamais. Mais il peut emporter juste une formule un peu piquante, un refrain qui le réveille la nuit, un second degrés, et une image bleu et rose gravé quelque part dans sa rétine.
Quels sont tes prochains projets après ce single ? Un EP, un album, des concerts ?
Mon Ep « Bien cordialement » sort le 21 Novembre et on fêtera ça le Vendredi 12 décembre aux Trois Baudets, venez habillé en rose ou en bleu, j’ai hâte de montrer le set live, la mise en scène qu’on a préparé avec Marjory Agnel (guitare) et Marie Tartamella (basse).
Si tu devais faire un remake moderne d’un tube des années 70 ou 80 français, mais avec ton univers «satirique-pop», lequel choisirais-tu et comment le réinterpréterais-tu ?
Je suis né dans la chanson française donc je pense que je reprendrais peut être du Cabrel, et peut être même le 12 Décembre aux Trois Baudets… Qui sait…
