Gerald Clayton, c’est l’un de ces musiciens qui prouvent que le jazz n’est pas un musée, mais un laboratoire vivant. Pianiste surdoué, à la fois enraciné dans la tradition et résolument tourné vers l’avenir, il incarne cette nouvelle génération de jazzmen qui réinventent le langage sans jamais le trahir.
Un héritage vibrant
Fils du contrebassiste John Clayton, Gerald baigne dans le jazz depuis l’enfance. Mais loin de se contenter d’hériter, il choisit d’explorer. Formé à la USC Thornton School of Music, puis à Manhattan School of Music, il a joué aux côtés de monstres sacrés comme Roy Hargrove, Charles Lloyd, Dianne Reeves ou encore Terri Lyne Carrington.
Ses influences sont vastes : on y croise aussi bien Herbie Hancock que Brad Mehldau, Mulgrew Miller, Ahmad Jamal, et des inspirations issues du gospel, de la soul, du classique ou même du hip-hop. Il compose comme il improvise : avec une oreille grande ouverte et une sensibilité ultra-fine
Ones & Twos : jazz en clair-obscur
Sorti en 2010, Ones & Twos est un album à part dans la discographie de Clayton. Un projet intime, presque méditatif, composé uniquement de pièces pour piano solo et duos. Le format épuré permet de mettre en lumière tout ce que son jeu a de subtil, de nuancé, de profondément humain.
Ce qu’on y entend :
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Des compositions originales et quelques standards revisités, comme My Ideal ou All The Things You Are, interprétés avec une délicatesse rare.
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Un goût pour l’espace et le silence, dans la lignée d’un Keith Jarrett ou d’un Paul Bley.
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Des jeux d’échos entre passé et présent, entre structure et liberté, où chaque note semble respirer avant de se poser.
Avec Ones & Twos, Clayton ne cherche pas à briller, il cherche à dire. Et il le fait avec une profondeur qui touche au cœur.
À ÉCOUTER ABSOLUMENT :
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All The Things You Are – sublime de retenue
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Soul Stomp – groove épuré, élégance fluide
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Boogablues – clin d’œil à la tradition, mais version Clayton : classe et libre
