Il y a des EP qui s’écoutent, et d’autres qui installent une ambiance dès les premières secondes. 1, 2, 3, le nouveau projet de Montemarco, appartient clairement à la seconde catégorie. En trois titres (ou presque comme le suggère son nom malicieusement compté), l’artiste pose les bases d’un univers à la fois intime et délicatement maîtrisé.
Dès l’ouverture, Montemarco joue sur une production épurée, laissant respirer chaque note et chaque mot. On sent une volonté de ne pas surcharger, de faire confiance aux silences autant qu’aux mélodies. Cette retenue donne une vraie profondeur aux morceaux, comme si chaque élément avait été pesé avec précision.
Ce qui frappe surtout, c’est la cohérence globale du projet. 1, 2, 3 n’est pas une simple juxtaposition de titres : c’est une progression. Une montée douce, presque narrative, où les textures sonores évoluent subtilement. Les influences semblent multiples entre pop alternative, touches électroniques et songwriting sensible mais Montemarco les digère pour en tirer une identité déjà bien affirmée.
La voix, elle, agit comme un fil conducteur. Jamais démonstrative, toujours juste, elle s’inscrit parfaitement dans l’esthétique du projet. Elle raconte sans en faire trop, suggère plus qu’elle n’impose, et c’est précisément ce qui la rend attachante.
Avec cet EP, Montemarco réussit un exercice délicat : donner envie d’en entendre plus sans frustrer. 1, 2, 3 se vit comme une introduction, un premier chapitre qui intrigue autant qu’il séduit. Une carte de visite soignée, qui laisse entrevoir un potentiel certain.
Un artiste à suivre de près, surtout si vous aimez les projets qui prennent le temps de construire une atmosphère plutôt que de chercher l’impact immédiat.
