Spectacle musical pour trois interprètes » ADIEU, MISÈRE ! » autour des chants et des sons du travail.
Adieu, Misère! est un spectacle musical reprenant des chants du travail du monde entier, en plusieurs langues. L’orchestration folk et acoustique (voix, guitares, banjo, violoncelle) se mêle à des sons industriels (soundscapes) pour créer un dialogue entre voix humaines et machines et proposer un voyage sensible à travers trois siècles d’histoire, à la fois tragique et lumineuse.
Ce spectacle musical, né dans le Bassin minier du Pas-deCalais, propose d’arranger des chansons traditionnelles sur le travail en utilisant des instruments acoustiques (chant, banjo, violoncelle, guitare) et des sons industriels (field recording).
SONS DÉTOURNÉS Quatre musiciens issus de la scène pop-folk et expérimentale interprètent ces chansons issues de différents pays et donc en plusieurs langues : français, anglais, allemand, espagnol et gaélique. Ils mêlent au chant et à la chaleur organique de leurs instruments les sons du travail. Ceux-ci prennent tantôt la forme de nappes et de textures, tantôt la forme de boucles rythmiques, par l’utilisation de sons percussifs détournés, métalliques par exemple. Au fil des titres, un dialogue s’installe entre la voix humaine et les machines, la première prenant le dessus sur les secondes.
HISTOIRES MÉCONNUES Le bruit au travail, réputé laid et déshumanisant, est ainsi dompté par la musique, qui porte le message fort et simple des auteurs, souvent anonymes, de ces chansons. Ces titres issus de différents horizons racontent chacun une histoire méconnue, mais surtout ils se répondent les uns aux autres, et esquissent un destin commun. Ils montrent l’universalité du thème (« travail ») et de la forme (« chanson populaire »). Sans bannière ni drapeau, le concert envoie donc un message d’ouverture au monde et de fraternité.
RÉSILIENCE Le choix des titres se concentre sur l’expérience personnelle, voire spirituelle et intime du travail, plus que sur des slogans politiques explicites. Il s’agit ici de montrer comment le chant et la musique permettent d’exprimer la résilience, la résistance à l’aliénation, et la recherche d’une dignité, d’un espoir et d’une liberté face à l’effort et la contrainte. Il s’agit aussi, plus simplement, d’un voyage en musique, dans le temps et l’espace. Ce projet a sa part de nostalgie, sans verser dans la mélancolie, encore moins dans le pessimisme.
MUTATIONS Il évoque un monde qui disparaît : l’Homme se fait remplacer par l’intelligence artificielle, certains salariés désertent leur bureau au profit du télétravail, des usines ferment et se taisent, d’autres vacarmes naissent ailleurs (restauration, transports, logistique…). Le monde du travail est en profonde mutation, entraînant une crise culturelle dont “Adieu, Misère!” va tenter, modestement, de se faire l’écho. Ceci afin de proposer quelques clés de lecture pour embrasser le présent et mieux regarder l’avenir.
Nous avons placé la voix au centre de notre musique. Deux chants féminins prennent le lead à tour de rôle, relevés par des passages polyphoniques où le violoncelliste les rejoint aux choeurs. En soutien de ces voix se place la guitare rythmique, folk ou électrique (une vieille Gretsch aux sonorités blues). Le violoncelle, polyvalent, est utilisé en contrechant, en nappes texturées, explorant grincement et frottements dans une approche discrètement contemporaine. Sur les morceaux plus rythmés, il prend la place de la basse, en pizzicatti.
BOÎTE À BISCUITS Le set est ponctué d’interventions au banjo, instrument folk, afro-américain et populaire s’il en est. Sur le titre d’ouverture, on entend aussi un canjo (photo en haut à droite), petit instrument à cordes fabriqué à partir d’une boîte à biscuits métallique. Le canjo (ou cigar box guitar lorqu’il est bricolé avec une boîte à cigares) est un instrument typique du blues, et des musiciens pauvres américains.
Ces parties acoustiques sont complétées par des montages sonores, tantôt en nappes, tantôt en boucles rythmiques : eau qui coule, vent, moteurs, chaînes, alarmes, chocs métalliques… Pour qui tend l’oreille, les sons sont reconnaissables, mais ils se fondent dans la musique et deviennent un instrument à part entière.
LA BANQUE DE SONS «SOUNDS OF CHANGES» Pour réaliser ces «soundscapes», nous avons puisé dans la banque européenne Sounds of Changes. Avec le concours de l’UE, huit musées allemands, scandinaves et slovène y ont collecté et répertorié des dizaines d’heures de sons industriels. Leur but: préserver ce patrimoine sonore avant qu’il ne disparaisse de notre continent, soumis à un inexorable processus de désindustrialisation. C’est à partir de ce fonds que Gilles Poizat (Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp) a réalisé les montages qui accompagnent nos chansons.
Adieu Misère !
20/07/24 : Guinguettes des Berges de la Souchez, Courrières (62)
21/09/24 : Journées du Patrimoine au Non-Lieu, Roubaix (59)
27/09/24 : Médiathèque de Sars-et-Rosières (59)
18/10/24 : Inauguration du ZUM Théâtre, Leffrinckoucke (59)
04/12/24 : Festival de la Sainte-Barbe, Bouvigny-Boyeffles (62)
