The Rolling Stones reviennent avec Foreign Tongues : le rock n’a décidément pas dit son dernier mot
Il y a des groupes qui sortent un album. Et puis il y a The Rolling Stones, qui transforment chaque nouvelle sortie en véritable événement mondial.
Ce 10 juillet, Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood dévoilent Foreign Tongues, leur 25e album studio. Un chiffre qui donne presque le vertige. Plus de soixante ans après leurs débuts, les Stones continuent d’écrire leur légende, refusant obstinément de vivre uniquement dans les souvenirs. Et c’est probablement ce qui force le respect : ils auraient toutes les raisons de s’arrêter, mais ils préfèrent encore créer.
Soyons honnêtes : les Rolling Stones n’ont évidemment pas besoin d’un magazine comme OnFaitQuoiCeSoir.com pour remplir des stades ou vendre des disques. Mais quand un groupe qui a façonné l’histoire du rock décide de sortir un nouvel album, impossible de passer à côté.
Un 25e album qui regarde vers l’avenir
Après le très réussi Hackney Diamonds en 2023, beaucoup pensaient que les Stones avaient livré leur dernier grand chapitre. Il n’en est rien.
Avec Foreign Tongues, le groupe retrouve le producteur Andrew Watt, déjà aux commandes du précédent album, pour un disque qui mêle blues, rock brut, ballades et quelques surprises sonores. Loin d’une simple compilation de morceaux enregistrés au fil des années, cet opus respire l’envie, l’urgence et surtout le plaisir de jouer ensemble. Andrew Watt le décrit lui-même comme un album plus spontané, plus rugueux et plus vivant que son prédécesseur.
À plus de 80 ans pour Mick Jagger et Keith Richards, la question n’est plus de savoir s’ils peuvent encore enregistrer un disque. La réponse est là, évidente. Ce qui impressionne désormais, c’est leur capacité à continuer de surprendre.
Des collaborations prestigieuses qui ont tout d’une évidence
Depuis toujours, les Rolling Stones aiment s’entourer. Mais Foreign Tongues réussit un joli tour de force en réunissant plusieurs générations de légendes.
On retrouve Paul McCartney, déjà présent sur Hackney Diamonds, Steve Winwood, Chad Smith des Red Hot Chili Peppers, mais surtout Robert Smith, l’âme de The Cure.
Cette rencontre entre deux monuments du rock aurait pu être soigneusement orchestrée. La réalité est bien plus belle.
Robert Smith était simplement venu rendre visite au groupe pendant une session d’enregistrement. Mick Jagger lui aurait lancé avec son humour habituel : « Tu ne peux pas juste écouter… il faut chanter ! » Quelques minutes plus tard, Robert Smith enregistrait des chœurs et prenait même une guitare. Une collaboration née presque par hasard, comme savent encore les offrir les studios lorsque les artistes oublient les stratégies marketing pour simplement faire de la musique.
Voir les univers des Rolling Stones et de The Cure se croiser est finalement assez symbolique. Deux groupes britanniques majeurs, deux visions très différentes du rock, mais une même capacité à traverser les décennies sans perdre leur identité.
Charlie Watts, toujours présent
Impossible d’évoquer ce nouvel album sans penser à Charlie Watts.
Le batteur historique des Rolling Stones, disparu en 2021, reste omniprésent dans l’histoire du groupe. Foreign Tongues est d’ailleurs seulement le deuxième album studio publié depuis sa disparition.
Plus émouvant encore, le disque contient le dernier morceau enregistré avec Charlie Watts avant son décès. Une manière élégante de rappeler que, même absent, son swing continue de battre au cœur des Rolling Stones.
Steve Jordan poursuit aujourd’hui le travail derrière les fûts, comme Charlie Watts lui-même l’avait souhaité avant de disparaître. Mais personne ne cherche à remplacer une telle figure. Les Stones avancent avec leur histoire, sans jamais l’effacer.
Les Rolling Stones n’ont plus rien à prouver… et c’est justement ce qui les rend passionnants
C’est peut-être le plus beau paradoxe de cette sortie.
Les Rolling Stones n’ont plus aucun record à battre. Ils ont vendu des centaines de millions d’albums, rempli les plus grandes salles de la planète, inspiré des générations entières de musiciens et survécu à toutes les modes.
Alors pourquoi continuer ?
Parce que le rock n’est pas une question d’âge. C’est une question d’envie.
Foreign Tongues ne cherche pas à recréer Sticky Fingers, Exile on Main St. ou Let It Bleed. Il raconte simplement où en sont aujourd’hui Mick Jagger, Keith Richards et Ronnie Wood : toujours curieux, toujours joueurs, toujours capables d’inviter de nouveaux artistes autour d’eux pour faire naître quelque chose d’inattendu.
Et cette sincérité vaut bien plus qu’un simple exercice de nostalgie.
Un album qui rappelle pourquoi les Stones restent les Stones
En 2026, sortir un 25e album studio aurait pu ressembler à un dernier tour de piste.
Foreign Tongues ressemble plutôt à une nouvelle conversation avec leur public.
Une conversation où se croisent Paul McCartney, Robert Smith, Steve Winwood, Chad Smith, le souvenir bouleversant de Charlie Watts et cette énergie presque insolente qui accompagne les Rolling Stones depuis plus de six décennies.
Les modes passent.
Les plateformes changent.
Les générations se succèdent.
Mais certaines langues restent universelles.
Et celle des Rolling Stones parle toujours aussi bien le rock.
