Depuis ses débuts officiels en 2012, Melody’s Echo Chamber est plus qu’un simple projet : c’est une exploration rêveuse et subtile des frontières entre pop, psychédélisme et songcraft introspectif. Derrière ce nom se cache Mélody Prochet, artiste française originaire de Provence, ancienne élève de conservatoire (violon alto) et déjà active dans le groupe My Bee’s Garden avant la métamorphose solo.
Le premier album Melody’s Echo Chamber (2012), co-produit avec Kevin Parker (Tame Impala), a posé les bases : des mélodies diaphanes, des nappes oniriques, des guitares et synthés qui ondulent entre clarté et flou, et une voix de coton qui se fraie un chemin parmi les échos. Le rendu final est un peu comme une brume en suspension, le monde est encore présent mais vu à travers un filtre, comme une lumière lointaine réfléchie dans l’eau.
Avec le temps, Prochet a su creuser ce sillon, mais pas sans turbulence : entre autres, elle a traversé une épreuve sérieuse après Bon Voyage (2018), blessure, convalescence, long silence, un retour qui s’est opéré d’abord avec Emotional Eternal (2022).
L’album Emotional Eternal marquait une plus grande simplicité, une quête d’équilibre, la recherche d’une voix apaisée à l’intérieur de ses volutes sonores tout en gardant une certaine étrangeté.
Aujourd’hui, avec Unclouded, Mélody entre dans une phase nouvelle : un virage plus affirmation, une lumière accrue, mais sans renier les zones d’ombre qui font aussi sa poésie. Le titre Unclouded est inspiré d’une citation de Hayao Miyazaki : « You must see with eyes unclouded by hate… » (Voir avec des yeux non voilés par la haine). Le disque promet donc un équilibre entre conscience, clarté et incarnation.
La production s’élargit : le casting réunit des collaborateurs comme Sven Wunder (co‑production, écriture), Josefin Runsteen (cordes), Daniel Ögen / Love Orsan (Dina Ögon) aux guitares et basse, Malcolm Catto (batterie), et de nouveau Reine Fiske (guitare). Le tout tend à donner de l’ampleur, des reliefs, des dynamiques plus marquées, tout en conservant cette sensation d’apesanteur, de mouvements intérieurs.
Si le précédent opus (2022) apparaissait comme une méditation silencieuse après la tempête, Unclouded semble célébrer la lumière retrouvée sans naïveté, mais avec gratitude pour les instants suspendus, pour l’impermanence acceptée.
Le style de Melody’s Echo Chamber joue sur les contrastes : pop mélodique mais enveloppée, colorée mais à tendance voilée, psychédélique mais toujours maîtrisée. Elle rapproche le rêve (dream pop, néo-psyché) et l’attachement aux formes de chansons, aux refrains, aux structures respirantes.
Le travail sur la texture sonore est crucial les échos, les réverbérations, les glissements tonals, les ruptures subtiles entre clair et flou tout cela fait partie de la signature.
Mais contrairement à certaines formes de psychédélisme abstrait, Prochet garde un ancrage : il y a des lignes vocales identifiables, des mélodies sensibles, des narrations discrètes mais présentes. Ainsi le spectateur n’est pas juste perdant dans la brume il est invité à cheminer avec l’artiste.
Une dimension importante du projet est celle de la résilience les obstacles que Prochet a dû surmonter font désormais partie de sa voix. Le silence entre les disques, les retours, les phases de recomposition personnelle, tout cela enrichit le propos artistique.
Poétiquement, ses images sont souvent aériennes, métaphoriques (montgolfière, ciel, lucioles, baleines dans le ciel, etc. mentionnées dans la présentation de Emotional Eternal). Son art semble naître autant du paysage intérieur que du paysage sensible, mêlant nature, cosmos, introspection.
Avec Unclouded, on peut s’attendre à ce que cette poétique du clair-obscur soit poussée un peu plus loin davantage de reliefs, des contrastes plus affirmés, des textures plus denses mais aussi une volonté de luminosité. Le titre lui-même suggère un regard débarrassé des voiles, et l’album est présenté comme une nouvelle étape, peut‑être un renouveau lumineux sans renier les cicatrices du passé.
La tournée annoncée (printemps 2026) est le cadre vivant de cette incarnation : les morceaux gagnent une dimension scénique, l’espace entre le public et l’artiste devient un lieu de communion sensorielle.
L’annonce récente (30 septembre 2025) du nouvel album Unclouded et de la tournée européenne a suscité l’enthousiasme. Les dates de la tournée française en avril 2026 comprennent notamment Lille (Aéronef) le 22 avril, Paris (Le Trianon) le 23, Nantes, Rouen, etc. Le concert à L’Aéronef est clairement présenté comme un moment fort un retour dans les murs du Nord, dans une salle réputée pour son acoustique et sa proximité avec le public.
Dans sa fiche sur le site de L’Aéronef, le concert est inscrit sous le genre « psych pop » et la présentation mentionne que le spectacle s’appuiera sur la formation scénique qui accompagne Melody : Reine Fiske (guitare, saz, etc.), Fredrik Swahn (The Amazing), Johan Holmegard (batterie — Dungen) et Jérôme Pichon (guitare).
Une curiosité : la réédition du premier album, à l’occasion du dixième anniversaire, accompagnée de Unfold une collection de titres inédits ou oubliés de 2013 est également mentionnée dans la présentation du concert à l’Aéronef. Cela peut suggérer que durant la tournée, l’artiste revisitera certains pans de son héritage.
Autrement dit, le concert du 22 avril 2026 à L’Aéronef est une date charnière, un moment de croisement entre passé et présent : on y entendra sans doute des morceaux emblématiques, mais aussi des morceaux tirés du nouvel album, dans une mise en scène sonore renouvelée.
Ambiance immersive : attendez-vous à un concert où le visuel, l’éclairage et l’espace sonore dialoguent. Ce n’est pas un simple récital, mais un voyage sensoriel.
Setlist mixte : les fans peuvent espérer un mélange des classiques (issus du premier album, de Bon Voyage, de Emotional Eternal) et des morceaux de Unclouded. La réédition Unfold pourrait aussi apporter quelques surprises.
Interprétation vivante : les textures de studio (échos, réverb, effets) seront réadaptées sur scène, probablement avec des ruptures, des variantes, des moments où l’éther est suspendu.
Proximité : L’Aéronef, dans sa configuration « club / salle de musique », permet une connexion plus intime entre l’artiste et le public — on s’attend à des moments de silence, de respiration, de complicité.
Découverte & plénitude : pour ceux qui découvrent Melody’s Echo Chamber, ce sera l’occasion de plonger dans ses univers contrastés ; pour les aficionados, un temps de révélation, de renouvellement.
Melody’s Echo Chamber est un projet rare : il conjugue la rêverie et la rugosité, la transparence et la profondeur. À chaque disque, Prochet réinvente un peu sa manière d’habiter le son, de nouer une relation entre le monde intérieur et l’espace environnant.
La tournée 2026 et l’album Unclouded incarnent cette volonté de renaissance, de lumière retrouvée. Le 22 avril à Lille, à L’Aéronef, s’annonce non seulement comme un concert, mais comme une étape, une respiration, un moment suspendu.
