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  Interviews  The Descendents, les parrains du punkrock
Interviews

The Descendents, les parrains du punkrock

Sylvain StricanneSylvain Stricanne—5 mai 2024
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A l’occasion de la venue de THE DESCENDENTS au Black Lab le 13 juin 2024, nous avons ressorti une interview faite avec Karl Alvarez le Bassiste du groupe un peu avant l’élection de Barack Obama.

Photo par Greet Druyts ©

Le fameux « Weinerschnitzel » utilisé pour annoncer le début des émissions radio pirate d’Harry La Trique (Christian Slater) avait fini par me convaincre que THE DESCENDENTS était un groupe dont l’influence était bien plus étendue que de brèves musiques des vidéos Santa Cruz. Il aura fallu attendre presqu’un quart de décennie pour avoir la possibilité d’écouter le mythique punkrock des Californiens lors du fameux et incontournable festival punk-hardcore GROEZROCK à Meerhout en Belgique. Prenez un peu de Dead Kennedys, la hargne de Minor Threat, les riffs à la Ramones et le côté pop des Beach Boys et vous aurez une bonne description de la musique du combo. Karl Alvarez, bassiste du groupe depuis 1987 a bien bourlingué, a vécu des hauts et des bas, très bas. Mais il garde la foi du punkrock bien chaloupé à 47 ans passé. Il répond à ces quelques interrogations…

 

En 1996 pourquoi aviez-vous choisi comme titre « everything sucks today » ?

Parce que tout craignait vraiment pour nous à l’époque. Des trucs craignos avec nos copines, des engueulades, à nos bagnoles qu’on nous bousillait. Les titres de l’album parlaient de ça en gros, mais en regardant aujourd’hui, ce qu’il se passe aujourd’hui craint vraiment plus, c’en est même indécent et c’est de pire en pire avec l’internet. Ça me donne l’envie de faire exploser toute la rage en moi qui sommeille.

 

Ça donnerait quoi « everything sucks » aujourd’hui ?

Si je devais écrire un titre qui parle globalement de ce qui craint de nos jours, la chanson durerait 15 minutes !!! La liste des plaintes serait sans fin.

 

Les DESCENDENTS vont faire des titres politiques si ça continue !!!!

Non franchement, la politique c’est un truc personnel, même si je suis certainement le mec le plus prompt à écrire des textes politiques dans le groupe, les choses pourraient changer, surtout en vieillissant, mais en tant que compositeur, je ne me lève pas en me disant : « putain je vais écrire une chanson politisée ». Je me demande juste qu’est-ce que je peux écrire, qu’est-ce qui m’affecte le plus. Si je devais le faire, ce que j’ai en tête ça serait un truc autour des conneries que gouvernement Bush a amplifié, comme le grand capital ou l’invasion militaire…alors qu’il y a des bons trucs dans mon pays sur lesquels écrire.

 

Tu penses qu’Obama changera les choses ?

J’espère que ça changera, mais on a juste changé de candidat politique, ça été celui des banquiers maintenant c’est celui des compagnies. Mais j’ai tout de même voté pour Obama, mais simplement pour faire chier ces foutus racistes.

 

Photo par Greet Druyts ©

C’est clair vous allez devenir un groupe politique…

On ne l’a jamais été, mais si demain on se réveille et que l’on veut écrire une chanson politique, nous le ferons. Les sujets ne manquent pas chez nous. Par exemple, la situation assistance médicale a fait un pas en avant, mais elle est tellement mal en point, les couches de la population les plus pauvres ont encore beaucoup de mal à y accéder.

Regarde, j’ai eu une attaque cardiaque il y a quelques années, Bill a eu des gros soucis de santé aussi. Tout cela nourrit notre écriture car ça nous touche directement, tu ne peux pas l’ignorer et tu te sens obligé d’écrire un truc sur le sujet. En plus en vieillissant on se radicalise carrément. Sans compter que pour moi, je suis un descendant d’une grande lignée de famille ouvrière syndicaliste. Je connais bien l’évolution sociale dans mon pays ; je sais que si l’on veut obtenir quelque chose il ne faut pas hésiter à manifester, faire des grèves. Mon grand-père doit se retourner dans sa tombe de voir ce qu’il se passe de nos jours parce qu’il s’est battu pour tout cela, malheureusement les mecs de ma génération abandonnent cette idée de se battre pour une meilleure vie. C’est vraiment effrayant. Les riches sont de plus en plus riches et ils s’en foutent des autres.

 

Karl, parlons skate car une partie du succès des DESCENDENTS est fortement lié à ce milieu. Est-ce que c’était calculé ?

Non pas du tout, je pense que l’évolution de la culture skate et punkrock ont suivi exactement le même chemin, il n’y avait rien de planifié. Ce que j’ai surtout noté, c’est que quel que soit le style de musique, les skateurs ont vraiment de très bons goûts. S’ils aiment le punkrock, ils écouteront ce qu’il y a de mieux, pour le métal, ils écoutent un genre bien spécifique et c’est pareil pour le hip-hop. Ils ont des putain de bons goûts. Le lien punkrock et skateboard pour nous s’est fait aussi car nous avons vécu longtemps en Californie.

 

C’est pour ça qu’on retrouve vos titres dans la mythique vidéo Santa Cruz « Streets On Fire » ? vous aviez un contrat ?

Y avait un genre de contrat moral entre nous, un accord, mais pas un truc qui nous rapporte un max d’argent, comme tu pourrais le penser. Ce n’était pas le deal non plus, on enregistrait nos disques, nos titres se retrouvaient sur la bande originale, on a aucun regret là-dessus de n’avoir pas reçu plus de royalties.

 

DESCENDENTS a fait un break très long, à quel point cela t’a affecté ?

Ça a été facile car à ce moment nous avons formé le groupe ALL avec Chad Price et les tournées ont immédiatement suivi. Puis il y a une dizaine d’années, nous nous sommes tous mis en ménage, il fallait bien le faire. J’ai commencé à jouer avec d’autres groupes tels que Gogol Bordello, l’an dernier je suis venu au Groezrock avec les Real McKenzies. J’ai trouvé des façons d’occuper mon temps.

 

Tu jouais pour toi, pour te faire plaisir…

Oui et je jouais pour le fun dans ma ville avec des groupes locaux comme All Systems Go, j’ai enregistré avec les Lemonheads.

 

C’est un peu loin de ton style musical non ? 

C’est vrai, mais Evan Dando est un bon pote et puis il fait parti en quelque sorte de la scène hardcore car il était précurseur du genre. Il connaissait ma musique, je connaissais la sienne, j’en jouais dans les 90’s. Ça a été cool et marrant de faire un disque avec lui.

 

D’où l’enregistrement de l’album aux studios de Bill Stevenson… 

En fait suite à un concert à San Francisco où Evan jouait dans la reformation des MC5, j’ai présenté Evan à Bill qui a décidé ensuite d’enregistrer l’album.

 

T’as enregistré dans un projet obscur des ALL, nommé TONY ALL, qui a sorti un unique album : « New Girl, Old Story »…Explique-nous ça…

Le bassiste originel des DESCENDENTS était Tony Lombardo, c’est son album. Il y joue principalement de la basse et chante aussi. Moi je chante sur « Guitar suite » et je l’ai remplacé dans DESCENDENTS car il était le membre le plus vieux du groupe et à un moment donné il a dû choisir et a préféré continuer son boulot de postier. Il ne pouvait donc plus assurer les tournées. Mais il avait une série de chansons en stock, mais il n’avait donc plus de groupes attitrés, alors nous avons fait cet album pour lui. Ce n’est pas le pire de nos albums, mais ce n’est pas non plus de loin le meilleur. Le guitariste originel, Frank Navetta, est décédé il y a 3 ans, il faut prendre soin de ses amis.

 

Authenticité dans l’adversité serait un bon résumé du caractère de Karl Alvarez. Cela se ressent dans sa musique, il claque, il snappe avec un groove comme nulle autre. Aussi reconnaissable qu’un vocal de Jello Biafra, mais avec sa basse, il reste fidèle, droit dans ses vans. Malgré une santé défaillante, il se donne corps/coeur et âme pour ses amis musiciens pour que perdure ce moment de liberté qu’offre la musique.

Interview
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Sylvain Stricanne

Selon Chat GPT ;) : Voici une courte biographie de Sylvain Stricanne basée sur les informations disponibles : Sylvain Stricanne est un professionnel de la culture et des médias, connu pour son travail en tant que journaliste et bibliothécaire. Il a contribué à divers articles pour des sites culturels, couvrant des événements musicaux et culturels dans les Hauts-de-France et en Belgique. Sylvain a écrit sur des sujets variés, allant des performances punk de The Meffs et des skankers de Buster Shuffle à des soirées américaines de qualité avec des artistes comme JUG et Zak Perry. Le rock indépendant ou l'Orchestre National de Lille, le Hip-Hop. En plus de son rôle de journaliste, Sylvain Stricanne est également impliqué dans le développement de la lecture publique. Il travaille à la **Médiathèque départementale du Nord**, où il sert en tant que bibliothécaire et référent de territoire. Il est responsable des acquisitions dans les domaines des ressources numériques, des bandes dessinées, du cinéma et de la musique. Sylvain a également été reconnu pour son rôle en tant que directeur de la nouvelle médiathèque à Landas, où il a été décrit comme avenant et sympathique lors de l'inauguration de l'établissement qu'il a créé. Cette biographie offre un aperçu de la carrière professionnelle de Sylvain Stricanne, mettant en lumière son engagement dans le journalisme culturel et le soutien à la lecture publique dans le nord de la France. Source : conversation avec Bing, 15/04/2024

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