De nouvelles installations exceptionnelles à venir dans le parc
Le parc s’apprête à accueillir deux installations majeures qui invitent à traverser le temps, à interroger notre regard sur le monde et à renouveler notre relation au vivant. Entre patrimoine monumental et création contemporaine, ces œuvres offrent aux visiteurs une expérience inédite où art, histoire et environnement dialoguent.
Les Statues des Six Continents : un prêt exceptionnel du musée d’Orsay
Du 24 juin 2026 au 31 décembre 2028
Pour une durée exceptionnelle de trois ans, le parc accueillera les célèbres Statues des Six Continents, un ensemble monumental réalisé en 1878 pour l’Exposition universelle de Paris.
Conçues par six sculpteurs parmi les plus renommés de leur époque, ces œuvres en fonte de fer anciennement dorée avaient été commandées par l’État français pour orner le Palais du Trocadéro. Installées alors face au Champ-de-Mars et à la Seine, elles dominaient le paysage parisien avant même l’édification de la tour Eiffel, onze ans plus tard.
Après la disparition du Palais du Trocadéro, ces sculptures ont trouvé une nouvelle place sur le parvis du musée d’Orsay lors de son inauguration en 1986. Pendant près de quarante ans, elles ont accueilli des visiteurs venus du monde entier. Aujourd’hui, elles entament un nouveau chapitre de leur histoire.
Chaque continent est représenté par une figure féminine, selon une tradition artistique du XIXe siècle réinterprétée par les sculpteurs :
- L’Europe, par Alexandre Schoenewerk
- L’Asie, par Alexandre Falguière
- L’Afrique, par Eugène Delaplanche
- L’Amérique du Nord, par Ernest Eugène Hiolle
- L’Amérique du Sud, par Aimé Millet
- L’Océanie, par Mathurin Moreau
Les artistes ont attribué à chaque figure des symboles permettant son identification : un kangourou pour l’Océanie, des éléphants pour l’Asie, une tortue pour l’Afrique, un condor des Andes pour l’Amérique du Sud ou encore un cheval pour l’Europe.
Ces représentations témoignent des connaissances mais aussi des imaginaires et des stéréotypes de leur époque. Aujourd’hui, elles offrent un terrain de réflexion sur les représentations des continents, les regards portés sur les populations et les constructions symboliques héritées du XIXe siècle.
Un détail attire particulièrement l’attention : toutes les figures féminines apparaissent partiellement dénudées, à l’exception de l’Europe, entièrement vêtue. Ce contraste ouvre aujourd’hui un questionnement sur les hiérarchies culturelles, les stéréotypes de genre et les récits historiques transmis par l’art.
Enfin, alors que les six continents représentés répondent à une logique de symétrie architecturale du Palais du Trocadéro séparant l’Amérique du Nord et du Sud tout en excluant l’Antarctique notre époque interroge autrement la géographie du monde, évoquant parfois un « septième continent » constitué des déchets plastiques accumulés dans les océans.
EUX de Gloria Friedmann : repenser notre lien au vivant
Du 25 juin 2026 au 31 août 2028
En dialogue avec cet ensemble historique, le parc présentera également EUX, une installation contemporaine inédite de l’artiste Gloria Friedmann.
Née en Allemagne et installée en France depuis 1977, Gloria Friedmann développe une œuvre profondément engagée autour des relations entre humains, animaux et environnement. Elle rappelle que l’être humain ne se situe pas en dehors de la nature mais qu’il en est pleinement partie prenante.
L’installation réunit quatre animaux le Cerf, l’Ours, le Loup et la Tortue que l’artiste nomme les Représentants. Chacun est installé sur une sphère évoquant notre planète commune.
Ces figures incarnent les ressources du vivant et portent une invitation : apprendre à regarder autrement les autres formes de vie et imaginer de nouvelles manières d’habiter le monde.
Parmi elles, le cerf occupe une place particulière. Présent depuis les premières peintures préhistoriques, il symbolise à la fois la fascination et la coexistence entre l’humain et la nature. Installé dans le parc, il devient une invitation à observer autrement les espaces boisés et à prendre soin des êtres qui les habitent.
Un parc en mouvement
Ces nouvelles installations s’inscrivent dans une réflexion plus large autour du paysage et du vivant.
Depuis le 28 mai, deux brebis de race Shropshire ont également rejoint le parc. Installées sur une parcelle dédiée, elles participent à l’entretien naturel des espaces verts grâce à l’éco-pâturage, tout en contribuant à enrichir les sols.
Entre sculptures historiques, création contemporaine et présence animale, le parc devient ainsi un espace vivant où patrimoine, écologie et création artistique se rencontrent pour offrir aux visiteurs une nouvelle manière d’explorer le monde.
