
Quelques mots à propos de IDIOT SAINT CRAZY ORCHESTRA, puis retrouvez l’interview plus bas
Protéiforme et inclassable, IDIOT SAINT CRAZY ORCHESTRA est la version augmentée du projet solo « Idiot Saint Crazy » de Valentin Carette, guitariste et compositeur dunkerquois. Sur scène, trois musiciens arborent d’étranges masques créant avec leur musique un climat hors du temps, des genres et des codes. Une imagerie phosphorescente à géométrie variable qui propulse le spectateur dans un western imaginaire et complètement psychédélique ! Avis aux fans de rock, de musiques progressives ou ethniques, les lives d’IDIOT SAINT CRAZY ORCHESTRA sont énergiques, percutants et jubilatoires !

Interview de Idiot Saint Crazy Orchestra
Peux-tu nous parler de la formation de ton groupe et de comment vous vous êtes rencontrés, c’était il y a combien de temps ?
Valentin : c’est mon frère à la basse, donc, on se connaît depuis toujours et on a 2 autres groupes ensemble (Yolk, Scathodick Surfers). Je connais Antoine depuis le collège. Idiot Saint Crazy était mon projet solo jusqu’en 2015, je jouais seul et masqué sur des bandes pendant des années. Antoine et moi, on enseigne au C.M.A.D de Dunkerque (NDLR : Conservatoire de Musique et d’Art Dramatique).
Un jour, je faisais cours, et, j’entends, dans la salle d’à côté, un de mes morceaux même pas encore enregistré (un truc tout bizarre en 7 temps) joué à la perfection, à la batterie. J’ai dit NNNAAAAAANNNN !!! Faut qu’on fasse un groupe, et pi vl’a.
On existe, donc, en trio, plus ou moins augmenté, depuis 2015. Année où nous avons enregistré notre premier E.P avec l’excellent Nicolas Balduyck.
De combien de musiciens se compose le groupe ?
La plupart du temps, nous sommes 3. Mais nous sommes parfois rejoint par Delphine Delegorgue (Yolk, Death Tube), qui chante sur le premier album et sur le live France Musique. Et de temps à autres, nous sommes rejoint par d’autres musiciens pour un événement spécial.
Quels sont les styles de musique qui vous influencent le plus ?
Space Rock, Kraut Rock, Heavy Rock, Expérimental, Traditionnel, Electronique, Jazz, Musique du monde etc… C’est plutôt des groupes ou des compositrices.eurs, qui nous influencent, consciemment ou inconsciemment. Pour Iscommunication, il y a un vent de power trio un peu plus clair que sur le premier album.
Un peu de Primus, Ceramic Dog, Trans Am ou de Beak par soupçons mais des formations plus larges comme Secret Chiefs 3, Chrome Hoof etc,… nous influencent aussi.
On n’est pas touchés tous les trois de la même manière. On a un tronc commun mais dans nos goûts ou nos projets solos, c’est assez lointain d’ISCO parfois. Antonin est à fond dans le modulaire, l’ambiant et l’expérimentation sonore en tous genres. En ce moment, il travaille sur un projet de Skatepark musical interactif (les skateurs, par le biais de capteurs, font évoluer la musique en skatant donc). Pour ma part, mon solo guitare est plus romanticoandaloufolkgothchelou, et Antoine a un super groupe de percussions africaines (Oxala Tam Tam) et peut passer du Hard-Core au Jazz en un coup de baguette.
Comment décrirais-tu le style musical du groupe ?
La question impossible (rire)… Idiot Saint Crazy est un jeu de mot en franglais avec le mot idiosyncrasie. Ce qui signifie, dans plusieurs disciplines, ce qui ne se conforme ou ne se résoud pas à un système. Du coup, on se pose pas la question de quel genre on joue mais de quoi et comment on joue. Le premier album est assez parlant de ce côté-là. Iscommunication, le second, est peut-être un poil plus resserré sur un rock étrange un peu électronique.

Quels sont les défis auxquels vous avez dû faire face en tant que groupe amateur ?
Ça dépend de ce qu’on entend par amateur. Faire la musique que l’on fait a toujours été un défi et ça ne va pas en s’arrangeant. Et avec cette vague d’extrême-droite qui nous tombe sur le coin de la gueule, le secteur culturel déjà bien attaqué va peut-être prendre encore plus cher (moins cher en fait…). C’est toujours très difficile de se faire une place, particulièrement en France, car tout est assez cloisonné.
On n’est pas vieux mais on n’a pas 20 ans non plus, j’entend dire, parfois, que nous sommes bien installés. Ça me fait doucement rigoler. C’est vrai, avec tous mes projets confondus, je suis allé dans plein de pays, j’ai eu des articles dans la presse spécialisée, je suis passé sur France Musique plusieurs fois… et pourtant, bien que la France soit un pays de pedigree, peu de salles subventionnées nous font confiance… et, sans en arriver à l’aigreur, c’est ultra fatiguant, rageant et démotivant de se prendre des vestes. Surtout après autant de temps à faire ce métier. Antonin, est intermittent, par chance il a d’autres possibilités de se faire des cachets. Antoine et moi, on est prof de nos instruments respectifs. Donc, dans un sens, nous sommes tous les 3 professionnels car nos revenus proviennent du secteur musical. Mais clairement, je n’ai jamais réussi à générer assez d’argent, pour vivre, avec mes projets musicaux. Malgré ma polyvalence, je ne suis pas du genre à jouer la musique des autres, ni à faire de compromis quand je monte sur scène. Le défi perpétuel donc, est d’organiser des tournées ou de trouver des concerts car c’est là que notre musique s’exprime pleinement et c’est ce qu’on aime faire. Accessoirement, c’est là qu’on vend nos disques. La pandémie nous a bien plombée aussi, 2 tournées en Allemagne annulées. Des lieux alternatifs avec lesquels on bossait ont fermé.
Après, quand on demande à Fred Frith pourquoi la musique ? Il répond : « C’est une énergie qui ne peut aller ailleurs. » J’ai encore plein d’énergie et on va se battre encore pour continuer à avancer. Surtout, histoire d’énergie encore, quand on voit la réaction des gens à nos deux derniers concerts à Gand et Lille.

Comment gérez-vous la composition des chansons et les répétitions
J’ai composé le premier album entièrement et j’ai demandé à Antoine et Antonin s’ils étaient ok pour le jouer quasi à l’identique. Puis Idiot Saint Crazy est vraiment devenu Idiot Saint Crazy Orchestra sur Iscommunication, car les idées étaient plus ouvertes. Et on sent, à mon sens, que c’est plus un travail de groupe qui veut recentrer son énergie sur le live. Pour la mise en place, nos morceaux faisant parfois 10 min avec une certaine complexité, on peut mettre entre 3 et 6 mois pour « maîtriser » un morceau. On est hyper sérieux en répétition. On a un local un peu sommaire qui ne nous donne pas envie d’y squatter. On branche, on joue, on joue, on discute, on joue.
Quels sont vos projets futurs en tant que groupe ?
On tente d’organiser une petite tournée pour fin octobre. Continuer à explorer.
Avez-vous des conseils pour d’autres groupes musicaux amateurs qui souhaitent se lancer ?
C’est assez délicat de répondre de manière générale à ça car tout le monde n’a pas les mêmes objectifs quand il s’agit de monter un groupe. Mais je dirais que jouer et proposer ses propres compos sera toujours plus gratifiant que faire des covers.
Choisissez de jouer avec des personnes de confiance et avec lesquelles vous passerez de bons moments. Essayez d’être au clair sur les envies et objectifs du groupe. Si vous voulez gagner de l’argent, vendez vos instruments (rire).
Pour « On Fait Quoi Ce Soir », pourrais-tu nous raconter le meilleur souvenir du groupe ?
Il y a plusieurs très bons souvenirs, je dirais nos tournées en Allemagne, car on y est toujours bien reçus et le public y est enthousiaste, pareil pour les concerts en Belgique. Mais aussi, l’enregistrement de notre live dans les studios de Radio France.
