Le Museum, l’exposition se tiendra au Botanique à Bruxelles accueille l’artiste peintre belge Émilie Terlinden pour une exposition inédite intitulée TIMELAPSE, présentée dans le cadre du Bicentenaire de la photographie.
L’exposition réunit un ensemble de peintures récentes et une création immersive spécialement conçue pour le lieu, inspirée du diorama de Louis Daguerre invention emblématique du XIXᵉ siècle à la croisée de la peinture, de la lumière et de la photographie.
Entre image et illusion : la réinterprétation du Diorama de Daguerre

Avec TIMELAPSE, Émilie Terlinden propose une relecture contemporaine du diorama, ce dispositif inventé par Daguerre avant le daguerréotype, combinant peinture translucide, éclairage contrôlé et illusion de profondeur.
L’artiste recrée ce procédé sur un format plus intime (310 × 270 cm), tout en en préservant la magie : une image vivante et changeante, qui se transforme au gré de la lumière.
Sous un éclairage frontal, certains détails apparaissent ; en contre-jour, ils s’effacent, révélant une autre scène.
Ainsi, un paysage de jour devient nocturne, les ailes d’un oiseau semblent battre l’air, et la peinture se fait mouvement.
Cette installation immersive invite le spectateur à expérimenter la peinture comme un espace en transformation, à la fois visuel, temporel et poétique.
Peinture et photographie : un dialogue vivant
Connue principalement pour son travail pictural, Émilie Terlinden explore la photographie comme outil de transformation.
Dans son atelier, elle compose des scènes à partir de fragments d’images anciennes Renaissance, baroque, natures mortes, objets du quotidien qu’elle assemble, photographie, puis transmute en peinture.
La photographie, chez elle, n’est jamais une fin en soi : c’est une capture du temps et de la lumière, un instant suspendu qui devient matière première pour la peinture.
Chaque image photographiée souvent réalisée dans des conditions lumineuses précises et éphémères sert de point de départ à une œuvre où le visible et l’invisible dialoguent.
TIMELAPSE : la mémoire des images
Dans le diorama comme dans ses tableaux, Émilie Terlinden construit des espaces de métamorphose.
Les ruines gothiques de Holyrood peintes par Daguerre (1824-1826) servent d’arrière-plan, tandis que des figures et animaux issus de Bruegel, Roelandt Savery, Jacob Savery ou Willem de Rooij peuplent la scène : hérons, bouquetins, oiseaux, fleurs et personnages se croisent dans une nature entre songes et réminiscences.
Cette composition dense, où les plans s’enchevêtrent, évoque la mémoire des images et la continuité de l’histoire de la peinture.
Chaque détail semble appartenir à un autre temps, mais revit sous le pinceau de Terlinden dans une tension entre contrôle et effacement, lumière et disparition.
Une peinture du temps
Dans sa démarche, Émilie Terlinden privilégie une approche expérimentale et lente de la peinture.
Chaque couche, chaque transparence, témoigne d’un dialogue entre geste et matière, entre maîtrise et abandon.
Cette pratique, où le temps devient sujet autant que technique, relie la tradition picturale flamande à une expérience contemporaine du regard.
« La peinture d’Émilie Terlinden rend perceptible le passage du temps, la vibration du regard et la mémoire des formes. Rien n’est figé, tout demeure en suspension. »
Biographie
Émilie Terlinden (née en 1983 à Bruxelles) est une artiste plasticienne belge dont la pratique s’inspire des maîtres flamands, explorant le dialogue entre abstraction et nature morte.
Diplômée de l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles (2018), elle intègre dans ses œuvres des références à la peinture ancienne tout en y mêlant des éléments contemporains.
Ses œuvres font partie de la Belfius Art Collection et de nombreuses collections privées. Elle a exposé à la DMW Gallery (Anvers), Galerie DYS (Bruxelles), Gomulan Gallery (Amsterdam) et participé à Art Antwerp, Art Brussels ou Art Rotterdam.
Son travail a également été présenté au Kanal Centre Pompidou (Bruxelles), au Musée Ianchelevici (La Louvière) et au Palais Oppenheim (Cologne).
Parmi ses distinctions figurent :
Prix Laurent Moonens (2018)
Mention spéciale au Prix Jos Albert (2020)
Sélections pour le Prix Jean et Irène Ransy (2017 & 2020)
Basée à Bruxelles, elle poursuit une recherche où histoire, lumière et expérimentation se rencontrent, faisant de la peinture un espace de réinvention permanente.
