Avec sa voix mutine et acidulée, Eva Marchal revient sur le devant de la scène musicale avec 88, son septième album, paru il y a quelques mois. Fidèle à son univers poétique et éthéré, la chanteuse nous livre un opus de 14 titres où la pop électronique s’habille de son timbre aérien et ultrasensible. Trois ans après Au Bout du Couloir, elle s’impose une fois de plus comme une artiste singulière de la scène musicale française.
Inspirée par des figures iconiques telles que Goldfrapp, Françoise Hardy ou encore Kate Bush — dont elle reprend un morceau dans cet album — Eva Marchal dévoile un univers tout en subtilité, où chaque note et chaque mot résonnent avec une émotion rare. 88 est une invitation à l’introspection, un voyage sonore qui oscille entre mélancolie et lumière.
Des morceaux tels que Je plane, sur la résilience et l’acceptation, ou Cigarettes en papier, un tendre retour vers l’innocence de l’enfance, illustrent la profondeur et la poésie de l’artiste. J’voudrais être vieille nous confronte à la peur du temps qui passe, tandis que Peine perdue capture la douleur et la lenteur d’une reconstruction après un amour perdu.
Parmi les titres les plus marquants, Who I Am se distingue par sa poignante quête d’identité, évoquant une rencontre avec un père biologique longtemps resté inconnu. Le titre se décline aujourd’hui en un clip envoûtant, où la musique et l’image se rejoignent pour exprimer toute la complexité d’un tel bouleversement intime.
D’autres morceaux, comme Tu regagnes le port, abordent des thématiques fortes et universelles, à l’image de la maladie d’Alzheimer et de la crainte d’oublier ceux qui nous sont chers. Enfin, Tout roule se présente comme un hymne à la vie, une célébration des instants précieux.
Si Eva Marchal compose et façonne l’essentiel de sa musique dans son home studio, accompagnée de son piano, de sa guitare et de quelques machines, elle sait aussi s’entourer de talents d’exception. Parmi eux, Denys Lables à la guitare et Claude Salmièri aux parties piano et batterie, qui contribuent à donner à cet album une texture musicale riche et enveloppante.
Avec 88, Eva Marchal signe une œuvre intemporelle, à fleur de peau, où l’émotion est reine. Un disque où rêve et réalité se confondent, où la musique devient un refuge, une quête de vérité. Laissez-vous porter par ce voyage sonore unique, Eva Marchal a encore bien des merveilles à nous révéler.
