
Dimanche 8 juin, la 42ᵉ édition du Festival Art Rock a vu Yseult fouler la Grande Scène pour une performance explosive, pleine d’intensité et sans compromis.
Après le succès retentissant de son deuxième album Mental, enregistré dans un style hybride entre pop, rock et hyperpop, Yseult est montée sur scène à 21h30, prête à marquer les esprits.
Un set électrisant… et clivant
Très vite, seule sur scènet sans musiciens, elle a imposé une atmosphère brute et nerveuse : guitares saturées, beats surpuissants et hurlements maîtrisés ont balayé l’image suave et nu-soul de son premier opus. Ce contraste a immédiatement surpris les festivaliers, divisant l’assistance entre admirateurs en transe et sceptiques interloqués.
Yseult a enchaîné avec assurance ses titres forts : Cute, Fuck Me, Tuning, Anger, MTV… autant de morceaux de Mental qui ont révélé l’ampleur de sa rage intérieure. L’apogée du set a sans doute été Gasolina, reprenant le ton acerbe et provocateur qui fait désormais sa signature scénique.
Malgré quelques longueurs et moments d’incompréhension – à l’image d’une apparition/disparition surprise en coulisse –, Yseult est revenue fermement, martelant l’espace sonore d’un rap-metal percutant, alternant français et anglais dans des explosions d’émotion brute.
Intimité et provocation
Entre les morceaux, la chanteuse s’est adressée au public directement, jouant de son insolence et de sa confiance naturelle pour captiver l’audience. Le morceau Suicide, qui débute par « I used to hate myself… », a provoqué une rare émotion, brisant la façade électrique pour toucher à la fragilité humaine.
Une prestation fracturante

Au final, la performance d’Yseult restera comme la plus clivante de cette édition. Elle a dérouté autant qu’elle a fasciné, capturant l’essence d’un album ambitieux où la violence et l’introspection se superposent. Chez certains spectateurs, l’émotion a laissé place à la perplexité ; pour d’autres, c’est une révélation artistique définitive.
De telles réactions contrastées résument bien l’esprit d’Art Rock : pointu, exigeant, parfois controversé — mais toujours vivant. Alors que Franz Ferdinand allait bientôt conclure la soirée dans la liesse, Yseult avait déjà laissé son empreinte, quitte à bousculer les attentes.
Yseult a joué la carte de l’audace — tant sur le fond que la forme —, confirmant que Mental est un projet sans compromis, et qu’elle est aujourd’hui l’une des artistes les plus intrigantes de la scène francophone.
























