C’est à Restraining Order qu’échoit l’honneur d’ouvrir les hostilités. Et ils ne viennent pas pour meubler.
Pas de chichis, pas de blabla : les mecs montent sur scène comme on déclenche une alarme incendie. Le set est court, sec, nerveux, enchaîné à la mitraillette. 45 minutes, 15 morceaux. Le hardcore comme il doit être : pas un gramme de gras, une rythmique qui cogne sec, des riffs tranchants comme une lame de rasoir rouillée, et une voix qui a la rage des trottoirs.
Leur énergie rappelle les groupes des 80s type SSD, Minor Threat ou Jerry’s Kids, avec ce son plus actuel qu’ils parviennent à modeler sans jamais sombrer dans le revival creux. Le public, encore frais, est happé : les premiers cercles s’ouvrent, ça slamme dès la deuxième chanson. La salle est petite, ça rebondit contre les murs, et le chanteur de Restraining Order n’hésite pas à sauter pour hurler ses refrains face à face avec le public. Hardcore au cœur, punk dans l’attitude. Authentique, brutal, et viscéralement vivant.
Quand Good Riddance monte sur scène, le ton change — mais pas la tension. La salle est désormais compacte, chauffée à blanc, et l’accueil qui leur est réservé est à la hauteur de leur statut : légendes vivantes du hardcore mélodique.
Pas de nostalgie molle ici. Good Riddance joue comme un groupe qui a encore tout à prouver, et c’est sans doute ce qui les rend aussi précieux. Leur son est tranchant, engagé, furieusement véloce. Les breaks sont millimétrés, les mélodies habitées, les refrains scandés comme des slogans de manif. Russ Rankin, frontman toujours aussi affûté, balance ses textes comme des coups de poing dans le plexus : antifascisme, conscience sociale, écologie radicale, désenchantement lucide — tout y passe, sans jamais sombrer dans le prêche ou le pathos.

















