Nouvel EP
Disponible le 23 janvier
Quelques mois seulement après Jericho, une chose est sûre : l’incendie n’a pas tout consumé.
Il restait les braises chaudes, vivantes, prêtes à reprendre feu.
Avec Embers of Jericho, Animal Triste retourne fouiller dans les cendres. Cinq titres rejoués à vif, sans décor ni artifice. Comme si le groupe s’était enfermé dans un grenier, un micro posé au centre de la pièce, une bouteille de vin ouverte, quelques ami·es de passage… et des fantômes qui refusent de se taire.
Les esquisses de Jericho se réinventent ici en clair-obscur. Dépouillées, presque désarmées, mais toujours électriques sous la peau. Une tension sourde, intime, qui circule à bas bruit et ne demande qu’à exploser.
Autour de ce brasier fragile gravitent deux présences singulières.
Marina Hands, sociétaire de la Comédie-Française, dépose sa voix et sa poésie sur quatre titres. Elle transforme l’abrasif en élégance feutrée, l’urgence en murmure habité.
Ben Lanz (The National, Beirut, Bon Iver), architecte des textures, prête ses cuivres, ses claviers et sa délicatesse à l’univers d’Animal Triste. Trente ans après, le vice pulse toujours sous la classe.
Point d’orgue de l’EP : une relecture incandescente de « A Girl Like You » d’Edwyn Collins. Animal Triste y injecte la tension d’un film noir. Puis Marina Hands entre en scène voix brûlante, magnétique, quelque part entre The Kills et Marianne Faithfull. Elle ne chante pas la fille du titre : elle l’incarne.
Le morceau s’embrase, oscille entre désir, danger et suavité, sans jamais céder à la nostalgie.
Le clip prolonge cette fièvre. À travers un montage poétique et hypnotique, il fait surgir une figure centrale, mythologique et mélancolique, incarnée par Marina Hands. Elle évolue au cœur de paysages normands silencieux et mystérieux. La nature, vaste et introspective, devient le miroir de ses émotions. Un cheval accompagne cette traversée hors du temps, comme un guide ou un double.
Le film se déploie alors comme un véritable poème visuel, où chaque geste, chaque regard, chaque silence résonne avec une force symbolique rare.
Avec Embers of Jericho, Animal Triste ne rallume pas le feu :
il souffle doucement sur les braises et regarde le monde brûler à nouveau.
