Merci à Myar d’avoir pris le temps de répondre à ces questions pour notre média onfaitquoicesoir.com.
Après une dizaine d’années sous le nom de The Wild Dukes, vous êtes devenus MYAR. Ce changement de nom marque-t-il simplement une nouvelle étape ou une véritable renaissance artistique ?
En effet nous avons changé de nom à l’arrivée de Nina dans le groupe et au passage de Paul de la basse à la guitare. C’est également une manière pour nous d’adopter un nom qui nous correspond davantage et qui reflète notre attachement à notre région (“Myar” est une référence à “millard”, un juron du Nord). Artistiquement oui, ça a été pour nous un vrai changement de cap avec des sonorités plus lentes, plus sombres et plus lourdes.
Votre musique navigue entre le stoner, le doom, le rock psychédélique et le grunge. Comment avez-vous trouvé cet équilibre entre puissance, lourdeur et atmosphères planantes qui fait aujourd’hui votre identité ?
Votre premier album Bleak Mountains dégage une véritable personnalité, aussi bien dans son univers sonore que visuel. Avec un peu de recul, qu’avez-vous appris de cette aventure et quel regard portez-vous aujourd’hui sur cet album ?
“Bleak Mountains” est un album pour nous qui permet de poser les bases et de pouvoir prendre du recul sur la suite. Nous envisageons dans le futur d’autres moyens d’enregistrement et de production plus poussés. On a eu beaucoup de retours positifs sur l’album et on en est très reconnaissant.es, et nous avons fait de jolies rencontres pour préparer la suite.
Vous revendiquez fièrement vos racines lilloises et nordistes. En quoi votre région, son histoire et son patrimoine nourrissent-ils votre inspiration et votre manière de composer ?
On est fier.es de notre région et nous aimons en évoquer les aspects positifs comme les plus sombres dans nos textes. On y mentionne le contrôle des masses, une thématique qui fait échos à l’histoire du bassin minier. L’influence du Nord se retrouve également dans l’identité visuelle du groupe. La pochette de “Bleak Moutains “ met en avant des paysages emblématiques de la région avec notamment les terrils et les cheminées héritées de l’industrie textile. Ce sont des éléments qui correspondent parfaitement à l’esthétique stoner et doom que nous affectionnons.
L’année 2026 semble être une étape importante pour MYAR, entre les concerts, les nouvelles compositions et vos collaborations. Quels sont les projets qui vous enthousiasment le plus pour les mois à venir, et peut-on déjà s’attendre à de nouveaux titres ?
Notre objectif de cette année et des mois à venir est de présenter notre album et de le défendre un maximum en live. C’est aussi une manière pour nous de nous faire reconnaître par nos pairs, et on est d’autant plus fier.es de jouer aux cotés de Slift le 5 décembre à L’Aéronef. Nous sommes actuellement en phase de composition pour le deuxième album, et nous allons sortir une collaboration avec Joshua Murphy qui a été créée en deux jours et jouée et enregistrée live le troisième jour lors d’une résidence sur l’Urban Boat (petit coucou à Alexa et Nico au passage). Nous sommes en discussion pour sortir cet EP au printemps 2027.
La scène stoner et doom française est en pleine effervescence. Quel regard portez-vous sur cette nouvelle génération de groupes, et selon vous, qu’apporte MYAR de différent à cette scène ?
Effectivement dans le Nord nous avons beaucoup de chance puisque sur Lille il y a plusieurs assos comme Cerbère Coriphée (Rock in Bourlon) et Roaring Tubes, qui programment beaucoup de groupes français et internationaux sur la métropole lilloise. De ce fait, on sent qu’il y a nouvelle génération de groupes émergents comme Sloth Temple, Umuru, Mama Youth, Queen Ares.. On ne prétend pas réinventer la poudre, mais on essaye de mélanger des influences 90s avec du rock plus classique à la Black Sabbath.
Si votre musique était une matière vivante, un élément de la nature ou un paysage, lequel choisiriez-vous… et pourquoi ?
Pourquoi pas un volcan en éruption. Ça nous rappelle les terrils du Nord qui eux-mêmes chauffent en leur intérieur, comme si quelque chose était prêt à exposer à tout moment !
