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  Découverte  Dragonflies, Dhani Harrison et Nigel Godrich
Découverte

Dragonflies, Dhani Harrison et Nigel Godrich

Sebastien CironSebastien Ciron—31 juillet 2026
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Dragonflies : Dhani Harrison et Nigel Godrich s’envolent vers de nouveaux horizons avec Slower et annoncent leur premier album

Deux artistes majeurs, deux univers complémentaires, une même vision sonore. Avec Dragonflies, Dhani Harrison et Nigel Godrich donnent naissance à un projet aussi élégant qu’inattendu. Leur premier album éponyme, attendu le 18 septembre 2026 chez Dark Horse Records / BMG, s’annonce comme l’une des belles surprises de cette rentrée musicale. Premier aperçu avec « Slower », un morceau hypnotique accompagné d’un clip à l’esthétique saisissante.

Certaines collaborations semblent écrites d’avance. Celle entre Dhani Harrison, musicien, compositeur et fils du regretté George Harrison, et Nigel Godrich, producteur de légende derrière Radiohead, Beck, IDLES ou encore membre fondateur d’Atoms for Peace et Ultraísta, fait partie de ces évidences.

Amis depuis de nombreuses années, les deux artistes profitent de la période de confinement pour renouer le dialogue. Une simple demande de conseils artistiques devient rapidement une envie commune : créer un projet entièrement nouveau.

Installés dans le studio de Nigel Godrich à Brixton, ils laissent de côté les méthodes traditionnelles pour construire leur musique autour de boucles analogiques, d’improvisations et d’une spontanéité assumée. Une approche instinctive qui donne naissance à Dragonflies, un projet où chacun abandonne ses habitudes pour mieux servir la musique.

L’album promet un voyage à travers une musique cinématographique, immersive et profondément émotionnelle.

Les influences de Beth Gibbons, David Sylvian ou encore Ryuichi Sakamoto flottent discrètement au-dessus de compositions où les textures électroniques rencontrent des instruments joués à la main. Des rythmiques délicates, des nappes atmosphériques, quelques réminiscences trip-hop et une écriture mélodique particulièrement raffinée composent un univers que le duo décrit lui-même comme un space rock terrestre.

L’ensemble est enrichi par les percussions de Joey Waronker, tandis que les arrangements de cordes signés David Campbell apportent une profondeur supplémentaire à plusieurs titres de l’album.

« Slower » : une entrée en matière hypnotique

Premier morceau de l’album, « Slower » donne immédiatement le ton.

Dès les premières secondes, une boucle minimaliste s’installe doucement avant que la voix de Dhani Harrison ne vienne habiter l’espace avec une sobriété presque méditative. Rien n’est démonstratif. Ici, chaque note semble trouver naturellement sa place.

Le morceau avance lentement, assumant pleinement son titre. Les guitares se fondent dans des textures électroniques délicates tandis que la production millimétrée de Nigel Godrich laisse respirer chaque détail sonore.

L’émotion naît de cette retenue permanente. Plutôt que de chercher un refrain explosif, « Slower » construit progressivement une atmosphère suspendue, presque contemplative, où le silence devient lui aussi un instrument.

Cette première composition évoque autant les paysages sonores du rock alternatif que les ambiances électroniques les plus élégantes, sans jamais donner l’impression de copier ses influences.

Pour accompagner « Slower », Dragonflies fait appel au réalisateur britannique RUFFMERCY, reconnu pour son travail entièrement dessiné à la main et ses collaborations avec Nirvana, The Chemical Brothers, Nas ou Earl Sweatshirt.

Le résultat est une véritable expérience visuelle.

Le clip plonge le spectateur dans un univers mouvant où les silhouettes semblent constamment se transformer. Les effets dessinés à la main donnent vie à une succession d’images organiques qui se déforment, fusionnent et disparaissent dans un flux permanent.

Les couleurs sombres, les textures granuleuses et les animations artisanales renforcent le caractère hypnotique du morceau. Rien n’est figé. Tout semble respirer au rythme de la musique.

Cette esthétique psychédélique contemporaine accompagne parfaitement la progression lente de « Slower ». L’image ne cherche jamais à raconter une histoire linéaire, mais plutôt à prolonger les sensations provoquées par la musique, comme un rêve dont les contours restent volontairement flous.

Une proposition artistique audacieuse qui confirme que Dragonflies ne sera pas un simple projet parallèle, mais une véritable identité créative.

Le choix du nom Dragonflies (les libellules) n’a rien d’anodin.

Pour Dhani Harrison, cet insecte représente l’éveil spirituel, le changement et la transformation. Une symbolique qui reflète parfaitement cette nouvelle aventure artistique née d’une période de calme, de réflexion et d’un désir commun d’explorer de nouveaux territoires musicaux.

Après plusieurs décennies consacrées à leurs carrières respectives, les deux musiciens semblent avoir trouvé dans cette collaboration un espace de liberté totale.

Avec « Slower », Dragonflies signe une entrée en matière particulièrement élégante. Loin des productions formatées, le duo privilégie les émotions, les textures et la patience, offrant un morceau qui se découvre au fil des écoutes.

Porté par une production d’une grande finesse et un clip aussi intrigant que captivant, ce premier extrait laisse entrevoir un album ambitieux, sincère et profondément inspiré.

Si le reste de Dragonflies est à la hauteur de cette première envolée, le rendez-vous du 18 septembre 2026 pourrait bien réserver l’une des plus belles découvertes de cette fin d’année.

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Sebastien Ciron

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