Il y a des souvenirs d’adolescence qui ne disparaissent jamais vraiment. Ils restent quelque part, entre deux images, une odeur d’été et cette envie irrépressible de partir. Avec « Teenager », Savanah replonge justement dans cette période où l’enfance s’efface doucement pour laisser place à l’inconnu.
Après deux EP salués par la critique, des passages remarqués au Printemps de Bourges, Fnac Live Paris et Bars en Trans, ainsi que des premières parties pour Yoa, Solann et Bertrand Belin, l’artiste poursuit son chemin vers son premier album, « Superlune ».
Deuxième single extrait de cet opus à venir, Teenager se construit comme une photographie légèrement floue d’un été que l’on aurait aimé retenir.
Guitares profondes, production ample et atmosphère bedroom pop : le morceau, signé Osta et H-Burns, avance avec une douceur presque hypnotique. Savanah y convoque ses souvenirs de Romans-sur-Isère, mais surtout les sensations liées à cette période charnière où l’on rêve de quitter le décor qui nous a vu grandir.
Musicalement, difficile de ne pas penser aux univers de The xx ou à la dimension cinématographique de Lana Del Rey. Le morceau puise également son imaginaire dans le film culte « The Virgin Suicides », avec cette même impression de beauté fragile et de mélancolie flottante.
Et le clip prolonge parfaitement cette sensation.
Réalisé par Agathe Watremez et Isabelle Maurel, il nous emmène dans un stade désert, à la fin de l’été. Une jeune femme y déambule seule, entourée de gradins vides et d’une lumière qui décline doucement.
Dans ce décor presque irréel apparaissent les souvenirs de celle qu’elle était autrefois. Le passé et le présent se croisent, tandis qu’une question semble flotter dans l’air : et si tout était possible ailleurs ?
Avec Teenager, Savanah ne raconte pas seulement l’adolescence. Elle capture cet instant précis où l’on se retourne une dernière fois vers l’endroit qui nous a construits… avant de prendre le risque de partir.
Un morceau mélancolique, cinématographique et délicatement addictif, qui donne forcément envie d’attendre « Superlune » avec curiosité.
