Je vous ai découverts aux Métaphonies de Oignies : qu’est-ce que ce concert représentait pour vous dans votre parcours actuel ? Est-ce que vous êtes ressortis de cette date avec quelque chose de particulier ?
On joue beaucoup en ce moment et notre set change à chaque fois selon l’horaire de passage et le temps imparti. On a un petit public dans le coin donc c’est toujours agréable de venir jouer ici.
Où en est aujourd’hui MAO Cormontreuil dans son évolution artistique ? Est-ce que vous avez le sentiment d’ouvrir un nouveau chapitre ou plutôt d’approfondir une direction déjà engagée ?
Le groupe aura 3 ans en fin d’année. D’expérience je sais que c’est un moment charnière pour un projet. Jusque là ça a été une ascension. Peut être que pour apporter un nouveau souffle, on ajoutera quelques machines sur scène cet automne. Pour le moment, on améliore sans cesse notre live.
Quels sont les projets qui arrivent dans les prochains mois : nouveaux titres, scène, clip, collaboration ou autre format que vous avez envie d’explorer ?
On va continuer à jouer une bonne partie de l’été, notamment à Bordeaux, au Mans et en Bretagne. Depuis le début du projet, on sort régulièrement des singles et on développe beaucoup l’univers visuel sur Instagram. Un EP est prévu pour cet automne.
Votre univers semble jouer sur plusieurs niveaux de lecture entre énergie, textures et émotions : comment naît un morceau chez vous ? Est-ce qu’il part d’une idée, d’un son, d’une image ou d’une sensation ?
Un morceau peut partir de n’importe quoi, c’est même mieux quand ça ne part pas d’une guitare. J’ai tellement composé sur cet instrument que j’ai du mal à être surpris. En gros, j’amène un morceau fini en répète. Le travail en groupe consiste à l’adapter pour le live, c’est à dire principalement de modifier la structure pour qu’il prenne plus de temps avec des phases dansantes.
On parle souvent de l’identité sonore d’un groupe : si vous deviez définir MAO Cormontreuil avec trois mots… lesquels choisiriez-vous aujourd’hui ?
Rythmiquement, on tend vers la house pour le charley electro en l’air, voir le disco pour les notes de basse jouées sur deux octaves. Il y a une part indie avec la guitare électrique et ses réminiscences 90’s. La voix et les harmonies vocales ont une place centrale. Donc pour les trois mots : House, Indie et vocal.
Comment trouvez-vous l’équilibre entre spontanéité et exigence ? Est-ce qu’il y a un moment où vous savez qu’un morceau est terminé ou est-ce une lutte permanente contre l’envie de continuer à le transformer ?
Je vois les morceaux comme des tables à quatre pieds. Tant que les quatre pieds ne sont pas là, le morceau est bancale. Parfois le morceau est vite terminé parfois non. J’ai plutôt tendance à penser que plus ça va vite plus le titre est bon.
Question plus originale : si votre musique était un lieu réel ou imaginaire où emmènerait-elle les auditeurs ?
Notre nom, M.A.O. Cormontreuil, vient d’une petite ville, Cormontreuil, à côté de Reims. C’est là bas que la musique est faite, qu’on tourne nos clips et qu’on stocke tout un tas de trucs de nos projets précédents. Dans nos vidéos, on transpose cette ville dans une ville imaginaire qui pourrait être une sorte de Los Angeles entre 1987 et 1993. Une ville où il fait toujours beau, où on fait du skate et où on porte des shorts fluos.
Et pour finir : y a-t-il un son, un album ou même un bruit du quotidien qui vous obsède en ce moment et qui pourrait influencer la suite de MAO Cormontreuil ?
D’avoir parler de skate ça me fait penser au son des roues sur le bitume. Ça pourrait faire une bon sample. En ce moment, je suis obsédé par la musique de club. C’est mon nouvel Eldorado.
