Le 14 février, pendant que les fleuristes vidaient leurs stocks de roses et que les restos affichaient complet, c’est au Black Lab que ça transpirait l’amour… version pogo. Warm-up officiel du Zikenstock, la soirée a transformé la Saint-Valentin en grand-messe ska punk avec Los Fastidios et Los Tres Puntos. Cupidon avait troqué ses flèches contre une paire de Docs, un perfecto clouté et une crête.
Black Lab en mode boiler room ska
Dès l’ouverture des portes, ça sentait la bière, la sueur et la fraternité DIY. Public bigarré : skins, punks à crête, rude boys en bretelles, quadras nostalgiques et kids déjà prêts à en découdre dans le pit. Le Black Lab, fidèle à sa réputation, offrait ce cadre brut et chaleureux où chaque riff rebondit contre les murs comme un manifeste.
On n’était pas là pour s’échanger des chocolats en forme de cœur. On était là pour communier, lever le poing et rappeler que le ska punk reste l’une des plus belles armes de construction massive.
Los Fastidios : romantisme street punk
Quand Los Fastidios débarquent, le Black Lab explose déjà. Les Italiens n’ont plus rien à prouver : leur street punk teinté de ska et d’Oï! est un carburant hautement inflammable. Bannières levées, bras dessus bras dessous, circle pits frénétiques — la salle devient un tourbillon.
Leur set alterne hymnes antifascistes, déclarations d’amour à la scène underground et refrains taillés pour être hurlés à dix mille. En cette Saint-Valentin, l’amour prend une autre forme : solidarité, unité, résistance. Chaque morceau est un rappel que la fête peut (et doit) être politique.
Le chanteur harangue la foule, parle de fraternité, d’antiracisme, de luttes sociales. Et la réponse est immédiate : une marée de voix qui couvre presque les amplis. Le ska accélère, le street punk cogne, les boots martèlent le sol. On transpire, on saute, on vit.
Los Tres Puntos : l’élégance du ska combatif
Les Français de Los Tres Puntos ouvrent les hostilités. Section cuivre affûtée, rythmique bondissante, refrains fédérateurs : la machine est parfaitement huilée. Leur ska sent la rue, la sueur et les kilomètres d’autoroute avalés pour défendre une vision festive et engagée. Cela fait 30 ans qu’ils partagent cela.
Ça skanke sec sur les premiers rangs. Les pogos démarrent vite, mais toujours avec ce code d’honneur propre à la scène : on relève celui qui tombe, on chante ensemble, on partage les bières tièdes et les sourires complices.
Sur scène, ça balance entre hymnes dansants et brûlots plus nerveux. Le public reprend les chœurs à pleins poumons. Warm-up ? Plutôt mise à feu immédiate. Los Tres Puntos rappellent qu’ils sont un pilier du ska punk hexagonal, capables de transformer n’importe quelle salle en feu militant.
Zikenstock : la promesse d’un printemps brûlant
En tant que warm-up du Zikenstock, la soirée a rempli sa mission au-delà des espérances. Si l’objectif était de rappeler que la scène ska punk est bien vivante, c’est carton plein. L’énergie dégagée ce 14 février donne un avant-goût explosif du festival à venir.
On est ressortis lessivés, les oreilles sifflantes et le cœur gonflé à bloc. Pas besoin de dîner aux chandelles quand on a un dancefloor incandescent, des cuivres en furie et des refrains scandés à l’unisson.
Le 14 février au Black Lab, l’amour avait un tempo rapide, un accent italo-français et un goût de houblon. Et franchement ? On en redemande.
Los Fastidios
Los Tres Puntos























