Après plus d’une décennie de silence, The Lanskies reviennent là où on ne les attendait plus. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que War Machine, attendu le 17 avril 2026 chez ZRP, ne ressemble pas à un simple retour : c’est une déflagration.
Le retour des inventeurs de la Hot Wave

Décrits à l’époque comme les inventeurs de la « Hot Wave », le groupe signe un comeback ambitieux, nourri d’une énergie brute et d’un sens mélodique affûté. Enregistré au Studio de la Chouette et mixé par l’ingénieur du son de renom Clive Martin, l’album annonce un son dense, racé, presque cinématographique. Les onze titres qui composent War Machine naviguent avec aisance entre post-punk nerveux et indie-pop élégante, tout en assumant des influences britanniques marquées et une identité résolument singulière.
Le groupe s’impose désormais comme une véritable force transcontinentale : le Liverpudlien incendiaire Lewis Evans au chant, Florian von Kunnsberg à l’architecture des guitares, Anthony Cox à la basse venue de Sheffield, et un duo rythmique français redoutable composé d’Antoine Cadot (batterie) et Alex Paul (guitare lead). Une formation renouvelée qui apporte une puissance collective impressionnante.
War Machine, un comeback qui affirme une vision
Plus qu’un simple retour, l’album réaffirme une urgence artistique. Les morceaux frappent fort, oscillant entre tension post-punk, grooves dansants et refrains fédérateurs. L’écriture reste incisive, parfois sombre, toujours habitée. La sortie coïncidera d’ailleurs avec le Record Store Day, accompagnée d’un vinyle collector clin d’œil assumé à l’objet musical et à la culture indie.
« Strawberry Lane », plongée sombre et cathartique
Premier aperçu marquant, « Strawberry Lane » s’impose comme l’un des titres les plus émotionnels du projet. Porté par un piano mélancolique et une production aux accents post-punk 80’s teintée de britpop, le morceau explore la crise de la quarantaine, l’héritage paternel et les silences générationnels. Le refrain “Break the Silence” agit comme un exutoire puissant, transformant la tension en libération.
Le clip, réalisé par Jonathan Perrut, prolonge l’expérience visuelle. Deuxième volet d’un triptyque, la vidéo s’ouvre sur un vieux pub chaleureux où défile une galerie de sosies iconiques. L’atmosphère bascule progressivement vers un happening collectif entre thérapie de groupe et possession musicale, alternant douceur empathique et déflagrations émotionnelles, jusqu’à un final apocalyptique parfaitement synchronisé avec l’intensité du morceau.
Une machine relancée… et prête pour la scène
Connus pour leurs prestations scéniques explosives — une cinquantaine de concerts sur leur précédent album, de Rock en Seine jusqu’à la Chine — les Lanskies reprennent la route avec une énergie intacte. Déjà, une dizaine de dates sont annoncées, preuve que l’attente était bien réelle.
Avec War Machine, The Lanskies ne signent pas seulement un retour. Ils rallument la flamme, redéfinissent leur territoire sonore et rappellent qu’ils occupent toujours une place à part dans le paysage rock indépendant. Une renaissance brûlante, urgente, et terriblement vivante.

