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  Interviews  Stuck In Yesterday
Interviews

Stuck In Yesterday

Sebastien CironSebastien Ciron—7 novembre 2025
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Pouvez-vous revenir sur la genèse de Stuck In Yesterday et nous dire comment vous vous êtes réunis à Lille en 2022 ?

Simon, Nicolas et Thomas se sont rencontrés avant cela, à l’époque où Simon et Nicolas jouaient ensemble dans un groupe et Thomas dans un autre, toujours dans un style pop punk dans les deux cas.

Après la séparation de leur groupe, Simon et Nicolas ont décidé de fonder la base de ce qui allait devenir Stuck In Yesterday. Au fur et à mesure de leurs recherches, ils ont rencontré Pierre ainsi que François. Puis quelques temps plus tard, après plusieurs essais à la batterie, Nicolas a recontacté Thomas, qui venait tout juste de se séparer de son groupe, pour prendre part au projet.

Votre EP Lifelines est sorti en avril 2025 : comment ce nouveau format a-t-il fait évoluer votre écriture et votre son ?

Cet EP a été là pour introduire le groupe, pour se présenter publiquement à travers plusieurs chansons, de plusieurs ambiances.

Aujourd’hui, à force de jouer et d’écouter nos chansons, il est beaucoup plus facile pour nous d’identifier les sons qui se rapprochent davantage du style que nous aimons écouter nous-mêmes et donc de ce que nous souhaitons réellement développer.

Vous décrivez votre musique comme un mélange entre le son old-school du pop punk de notre adolescence et les influences du pop punk moderne. Pouvez-vous développer ce croisement d’époques et d’influences ?

Chacun d’entre nous a grandi avec des groupes de l’époque comme Blink-182, Sum 41 ou même New Found Glory. Donc, quand on dit qu’on fait du pop punk, on pense à cette période des 90-2000. Mais le style a évolué. On a aujourd’hui des groupes qui ont modernisé le genre, et cela nous inspire aussi, sur la manière de jouer, de présenter une histoire ou d’investir une scène pendant un concert.

Sur scène, quels sont les morceaux qui génèrent la meilleure réaction du public jusqu’à maintenant, et pourquoi selon vous ? (On voit par exemple « After The Tone », « Endless Summer », « Charming Snake » apparaître dans vos setlists)

Généralement, on a déjà une idée de l’impact du morceau lorsqu’on l’a composé et qu’on commence à le travailler tous ensemble en répétition. Par exemple, The Line a été notre premier single parce qu’on l’a directement trouvé très lourd, avec un impact qui peut être marquant pour le public. Endless Summer a un refrain qui peut être chanté facilement par le public et qui peut vite rester en tête, donc on s’est aussi dit que ce morceau allait être l’un des titres phares de notre EP. Pour autant, certains morceaux peuvent marquer différemment les gens qui l’écoutent, comme Her Reality, qui va parler davantage aux gens qui ont eu leur phase émo et mélancolique.

Comment vous préparez-vous pour un concert : répétitions, choix du set-list, mise en scène, interaction avec le public, etc. ?

En général, on se voit une fois par semaine pour une répétition de 2h ou 3h. On élabore une setlist en fonction du temps de jeu qu’on a pour telle ou telle date. Si le set est long (45 min-1 h), on prévoit nos chansons en 3 étapes : énergie, calme, énergie. Si on a des dates courtes, on garde une énergie constante. On pense que c’est le meilleur moyen de ne pas ennuyer le public qui est venu. On écoute aussi les retours de certaines personnes du public qui viennent nous parler, et ça influence notre manière de nous organiser.

Pour la mise en scène, on privilégie les temps de parole lors des moments où l’accordage des guitares doit changer. Pierre (chant) sait gérer et transmettre son énergie. Il a eu beaucoup de retours positifs à ce sujet, d’ailleurs.

On travaille ça régulièrement en y ajoutant des transitions, et on songe régulièrement à des éléments de jeu de scène entre musiciens, tout en se laissant suffisamment de liberté pour faire face aux aléas du concert et raconter des blagues pour détendre l’atmosphère (cordes cassées, ou autres problèmes techniques).

Le fait d’être un groupe originaire de la région Hauts-de-France vous apporte-t-il un avantage ou une identité particulière dans la scène pop punk actuelle ?

Le style n’est pas très présent dans le Nord (et en France de manière générale). Donc, quand on est amené à se présenter à un événement, on a tendance à nous dire « c’est nouveau », « ça change », etc., c’est d’ailleurs contradictoire pour un style qui peut être considéré comme vieux, mais on est très fiers d’apporter cette diversité pour un style qu’on a gardé depuis longtemps. Dans le Nord, on a quand même énormément de chance d’avoir encore des lieux qui nous accueillent dans de très bonnes, voire d’excellentes, conditions à une époque où il est de plus en plus dur de se produire pour un groupe amateur.

Quels sont vos projets à court et moyen terme : un album complet, des tournées, des collaborations ?

Ah ça, on adorerait. L’EP avait mis un peu de temps à sortir, et on a enchaîné avec plusieurs dates pour le présenter un peu partout dans le Nord. Aujourd’hui, on est prêt à passer à la suite. On a décidé d’accentuer l’énergie et la légèreté dans nos chansons. Nous serons donc très bientôt en studio pour enregistrer notre nouveau single, et nous préparons également un clip en parallèle. On commence aussi à préparer nos dates pour l’année 2026, et on espère pouvoir sortir un peu plus du Nord et viser d’autres régions, voire même les pays limitrophes.

En tant que jeunes musiciens actifs depuis 2022, comment voyez-vous l’évolution de votre scène locale et du rôle que vous voulez y jouer ?

On a envie de montrer que le pop-punk n’est pas mort et que le style continue d’évoluer en ravivant la flamme des anciens qui, comme nous, ont grandi avec les musiques des jeux de skate et des teen movies. Mais aussi de partager notre passion et notre énergie aux nouvelles générations. Au niveau des scènes, on veut continuer à faire bouger dans les bars malgré les restrictions de plus en plus strictes au niveau sonore et soutenir les lieux qui offrent encore de bonnes conditions pour les groupes comme nous.

Si vous deviez donner un conseil à un groupe émergent qui débute aujourd’hui dans le pop punk, quel serait-il ?

Le style n’est plus trop mainstream sur la scène française et il peut, des fois, être tourné en dérision. Mais franchement, on s’en moque. Faites le style que vous voulez, racontez les histoires que vous voulez et surtout, n’oubliez pas de vous entourer des bonnes personnes, celles avec qui vous partagerez des moments inoubliables. Ne vous prenez pas la tête sur vos projets non plus. Gardez en tête que vous pouvez faire des choses sérieuses en restant simples et surtout, ne soyez pas déçu qu’un projet n’aboutisse pas mais soyez fier d’avoir eu la force d’essayer.

Si vous pouviez remonter le temps pour jouer un concert live n’importe où et à n’importe quelle époque (passée ou future), quand et où iriez-vous, et quel titre de Stuck In Yesterday y joueriez-vous pour « marquer le coup » ?

Franchement, même si ça peut paraître évident, ça serait un bon Vans Warped Tour de l’époque (genre au tout début des années 2000) avec des gros noms de la scène pop punk/punk rock. On y jouerait certainement Charming Snakes justement pour l’énergie qu’elle dégage.

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Sebastien Ciron

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