Votre musique évolue entre synthpop et électronique, dans une atmosphère très brumeuse et enveloppante.
Comment est né cet univers sonore et émotionnel commun ?
C’est une bonne question ! Il est né de la rencontre de nos univers respectifs. On adore toutes les deux les chansons tristes, mélancoliques, celles qui nous touchent au cœur mais aussi celles qui nous mettent en mouvement, en danse. Alors l’idée de faire cohabiter les deux nous plaît beaucoup : celle d’un brouillard enveloppant et d’une énergie nocturne.
NÛR repose sur une instrumentation peu conventionnelle pour un duo pop, notamment avec la clarinette.
Comment cet instrument s’est-il imposé comme une voix à part entière de votre projet ?
Pour moi (Juliette), la clarinette a toujours été une voix à part entière. Pendant longtemps, des problèmes de cordes vocales m’ont empêchée de chanter, alors j’ai appris à faire passer mes émotions, mes maux et tout ce que je ne pouvais pas dire, à travers elle. Dans NÛR, elle est pensée comme une voix qui dialogue avec celle d’Agathe.
La guitare éthérée, la voix mélancolique et les synthés entraînants semblent dialoguer en permanence.
Comment construisez vous cet équilibre entre douceur, mélancolie et énergie ?
On est toutes les deux tombées dans le monde des synthétiseurs et on adore vraiment ça ! Nos racines restent cependant très organiques, notamment avec nos instruments que sont la clarinette et la guitare. On construit nos morceaux comme une conversation entre l’organique et l’électronique. La voix, la clarinette et la guitare apportent la fragilité et l’émotion, tandis que les synthés et les rythmes des batteries insufflent l’énergie et l’élan.
Votre musique évoque souvent des paysages, des états suspendus.
Est-ce que vous pensez vos morceaux comme des lieux à traverser plutôt que comme des chansons classiques ?
Tout à fait, on les voit souvent comme des morceaux évolutifs !
Le duo s’est construit entre Lille et Marseille, une géographie à distance qui nourrit aussi notre créativité. Le train est devenu notre troisième espace (d’écriture, d’observation) et il incarne cette idée de voyage et de traversée qui imprégne nos morceaux.
Quand vous composez, qu’est-ce qui vient en premier : une texture sonore, une mélodie, un texte ou une ambiance ?
La composition commence presque toujours par une texture sonore. On improvise autour de cette matière jusqu’à faire émerger une ambiance commune. Ce n’est qu’après que les mots arrivent, comme les pièces éparpillées d’un puzzle qu’il faudrait reconstruire et décrypter.
En tant que duo, comment se répartissent les rôles entre Agathe et Juliette, et comment vos sensibilités respectives nourrissent elles l’identité de NÛR ?
Notre fonctionnement est très horizontal. On prend toutes les décisions ensemble et on tient à ce que la sensibilité de chacune puisse se retrouver dans NÛR. On se nourrit l’une de l’autre et c’est toujours enrichissant !
Votre musique semble très immersive, presque cinématographique.
Comment transposez vous cette atmosphère brumeuse sur scène, face au public ?
En travaillant nos transitions, la texture de notre matière sonore et en réfléchissant à un set qui soit pensé comme un voyage, comme une histoire à raconter, avec ses climax et ses temps calmes. Le travail de la lumière aide aussi beaucoup à l’immersion !
Être sélectionnées aux auditions iNOUÏS au Grand Mix de Tourcoing marque une étape importante.
Qu’est-ce que cette reconnaissance représente pour vous dans votre parcours artistique ?
On se sent très chanceuses de jouer pour les auditions des Inouïs ! C’est une reconnaissance encourageante, on espère que ça nous permettra de toucher de nouvelles personnes.
Que souhaitez-vous que le public ressente en sortant d’un concert de NÛR ?
Avant tout des émotions, du voyage.
On adore notre métier toutes les deux pour le live, le fait de partager quelque chose de fort avec le public, d’essayer de créer un moment suspendu et d’être ensemble tout simplement !
Si votre musique était un phénomène naturel, brouillard, pluie fine, nuit étoilée, aurore, lequel serait-il et pourquoi ?
Le soleil noir. C’est un phénomène naturel qui se produit lors du coucher de soleil au Danemark. Des étourneaux volent par milliers créant ainsi une sorte de chorégraphie qui cache le soleil.
Quelque part entre le jour et la nuit, entre l’ombre et la lumière.
