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  Interviews  Dirty Jinx, l’interview
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Dirty Jinx, l’interview

Sebastien CironSebastien Ciron—17 septembre 2025
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  1. Dirty Jinx, c’est de la sueur, des cuivres et beaucoup d’énergie : comment est né le groupe et quelle était l’envie de départ ?

Le groupe est née « bêtement » pendant une repet de quatuor de sax au Conservatoire de Boulogne-sur-mer, Florian et moi (Alex) on « s’ennuyait » et on a commencé à discuter des vidéos virales du saxophoniste Baryton qui dansait en jouant dans le métro à New-York (Léo  Pellegrino). On s’est dit tient si on essayait de faire pareil, de reprendre ce registre et on s’est mis à jouer à 2 en discret dans une salle avant les repets de quatuor (comme des gosses qui avaient peur de se faire choper!) et quelques semaines après on cherchait un batteur car il nous manquait une session rythmique et c’est le concierge du Conservatoire (Merci Bruno!) qui nous a mis en relation avec Bastien (notre batteur du coup^^) et le groupe est né comme ça. On s’est aperçu très vite que le registre le plus adapté à notre formation était celui des Moon Hooch et du coup on s’est rapidement mis à bosser ce répertoire.

L’idée était vraiment de s’éclater en jouant un style punchy, qui donne envie de danser, de voir les gens bouger en concert, de vivre des sessions live loin du côté académique du conservatoire (mais qu’on remercie énormément malgré tout pour nous avoir amené la culture musicale et la pratique technique de l’instrument (Merci Alain!)) et cette formation c’était l’occasion parfaite pour y arriver!

  1. La Brass House reste un genre encore peu connu en France : qu’est-ce qui vous a attiré vers ce style et comment l’adapteriez-vous à votre sauce ?

C’est la 1ère fois qu’on trouve un style de musique actuelles qui colle parfaitement à l’esprit de ce que nos instruments peuvent rendre (et désolé Bastien !) et en particulier les saxophones. On peut mettre à profit notre bagage musical et s’éclater sur un style populaire qui plait beaucoup au public.

C’est un style physique, hyper dynamique qui fait bouger (les foules ! lol!) et qui est à la fois frontière de la funk, du rock, de l’électro, etc… C’est vraiment plaisant de pouvoir jouer un style qui sort du lot et sur lequel on peut vraiment libérer tout ce qu’on a sous le pied. 

Moon Hooch résume bien tout cela et pour le coup, on ne l’a pas vraiment adapté, c’est plutôt l’invsere, c’est nous qui nous sommes adaptés au registre, car nous voulions que ça sonne aussi bien qu’eux et avoir un cover le plus fidèle possible tant sur le son, que la mise en place, l’énergie, la technique. Ils ont ouvert une voie et nous voulions vraiment que cela puisse aussi bien sonner qu’eux et démocratiser ce style encore trop peu connu sur le Boulonnais

  1. Vos sets puisent dans l’univers de Moon Hooch, mais on sent que vous y injectez une personnalité propre : qu’est-ce qui distingue Dirty Jinx de ses modèles ?

On a la chance dans le groupe d’avoir des sensibilités et des goûts différents et c’est ce qui nous permet d’ajouter la sauce « Dirty Jinx » avec ses influences funk, jungle, trap, rock ou un peu plus smooth, ça nous donne du coup une signature unique qui nous permet de se différencier. De cette manière, l’interprétation a tendance à évoluer quelque peu en fonction de nos goûts musicaux, de notre manière de jouer, de notre propre son. On garde à l’esprit l’idée de rester malgré tout le plus fidèle possible au registre des Moon mais en laissant inconsciemment notre « patte artistique ». 

  1. Quels artistes ou courants musicaux, parfois éloignés du jazz ou du brass, influencent aussi votre musique ?

On a tous les 3 nos influences respectives, ça passe à la fois par Trombone Shorty, Maceo Parker, James Carter, Coltrane pour alex, Chick Korea pour Flo pour ce qui concerne la sphère jazz/funk, mais le reggae et le dub n’est jamais très loin pour Bastien. Sans que cela inspire directement les morceaux, le côté percussif des riffs de Reimstein ou le côté très mélodique ou planant pour les ponts de Muse a aussi une influence indirect et c’est d’autant plus vrai pour les compos. Et forcément, les groupes tels que Moon Hooch, Too Many Zooz ou encore Lucky Shops, Acid Guru ont forcément une place dans notre registre ^^.

  1. Votre musique est très collective, presque physique : comment se construit un morceau ou un live chez Dirty Jinx ?

Sur le volet composition, les approches sont différentes, flo arrive avec un morceau prêt jusqu’aux samples, on a juste à y poser notre patte « d’interprétation », c’est du clef en main !! Pour Alex c’est différent, c’est du matériau brut : Riffs, notions d’ambiance (+ lourd, rock ou percussif par exemple), des traits retravaillés pendant x repets pour arriver à un résultat final où chacun aura mis son « petit grain ». Chacun se construit dans tous les cas en fonction du jeu de l’autre, afin de permettre à cette petite section (on est que 3) de proposer avec une ligne rythmique, une ligne de basse et une ligne de chant, la sensation d’un morceau dynamique, simple dans ces lignes mais efficace.

Concernant les lives, on a 2 approches différentes également. Pour les festivals, on part généralement sur un set (plus court) d’environ 45mn à 1h et enchaîne les morceaux les uns à la suite des autres avec des transitions qu’on travaille nous même. Ca permet de maintenir un rythme soutenu pendant toute la presta sur des évenements de ce type, c’est hyper physique (on est hs après) mais ça a son effet. Sur d’autres concerts (en café par exemple) et des sessions de 1h30 à 20h, on interagit entre 2 avec le public, ça permet de poser un peu le rythme et de créer un contact avec lui!

  1. Y a-t-il des collaborations rêvées ou des artistes avec lesquels vous aimeriez fusionner vos cuivres ?

Forcément ce serait le rêve de pouvoir jouer avec nos références musicales, les Moon HOOCH, TMZ, Lucky Chops, Michael Wilbur, Léo Pellegrino ? ou même ne serait-ce que faire leur 1ère partie !!

  1. Vous venez de jouer au Bouillon et au Winter Jazz Festival : quelle place tiennent ces concerts dans votre parcours ?

Le bouillon c’est particulier, c’est la 1ère date réalisé à Boulogne-sur-mer qui a marqué réellement le démarrage du groupe et son développement, chaque année on y revient, c’est un peu le concert anniversaire! (Big up à Loony et son équipe!) le Winter Jazz Festival c’est la récompense de près de 2 ans de travail, de concerts, de recherche de sons et la reconnaissance du travail fourni. On a été hyper surpris et flattés d’être sollicités à y participer!

  1. Qu’est-ce qui vous surprend le plus dans les réactions du public face à votre style énergique et atypique ?

C’est top de voir les gens bouger, de les voir « kiffer » la musique et d’entre les cris du public entre chaque morceau, c’est galvanisant au possible et c’est ça qui fait la magie du live….sans public, pas de concert !! Mais le plus surprenant ça été de se retrouver avec plus de 10 personnes du public sur scène avec nous pour finir le concert, un bordel pas possible mais une ambiance de feu ! Les gens sans le vouloir ont piétinné le matos sono, on a fini avec les micros sur pied dans le pavillon des sax, mais franchement c’était une ambiance de dingue!!!

  1. Au-delà des covers, travaillez-vous sur des compositions originales ? Si oui, à quoi peut-on

s’attendre ?

On a beaucoup travaillé ces derniers temps sur nos compos pour le Poulpaphone, on retrouve des styles très différents, plus feutré, plus riches harmoniquement sur « Bromilado » ou plus punchy, rock, percussif sur « Dirty beats », « Gimmick » qui est notre 1ère composition et qui apporte beaucoup de dynamisme avec un pont un peu plus spleen. On continue de travailler pour parfaire ce registre. En parallèle, florian bosse comme un dingue via abelton pour nous parfaire les sons, intégrer les samples, etc… ca rajoute une autre dimension au registre !

  1. Quelle est la prochaine grande étape pour Dirty Jinx : tournée, enregistrement, nouvelles explorations musicales ?

Il y a beaucoup de projets ! On souhaite monter un set complet de compo (concert d’1h30 à 2h), intégrer du chant, produire prochainement un EP et pouvoir participer à des nombreux festivals reconnus. On en a encore pour 10 ans de projets ! lol ! Si on réussit à faire tout ça, on sera plus que comblés !!

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Sebastien Ciron

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