Chronique d’une explosion rock : Something to Consume
Entre punk, grunge, métal et rock alternatif, le quatuor texan fait voler en éclat l’ordinaire et ça fait du bien.
Originaire d’Austin (Texas), Die Spitz s’est formé en 2022, quand quatre amies d’enfance Ava Schrobilgen, Ellie Livingston, Chloe de St. Aubin et Kate Halter — ont décidé que passer du temps ensemble ne se ferait plus seulement autour d’un verre ou d’un film, mais d’un groupe de rock.
Le nom du groupe est à lui seul un manifeste : « Die » (article féminin allemand) « Spitz » (pointu, acéré), un choix volontairement incongru Livingston : « Ça me rappelle le Grim Reaper en train de cracher ».
Et dès leurs premiers shows, on a su que ce n’était pas pour rigoler : guitares hurlantes, échanges d’instruments, micros arpentant le public, riffs qui cognent.
Ava Schrobilgen – guitare électrique, lead vocals sur certains titres.
Ellie Livingston – guitare électrique, chants, riffs puissants.
Chloe de St. Aubin – batterie (et parfois guitare selon les titres), chant.
Kate Halter – basse électrique : un monstre à la basse, alors qu’elle venait juste d’apprendre l’instrument en 2022.
Un détail qui fait la différence : sur leur premier album, chaque membre écrit, chante et parfois change d’instrument, ce qui donne une dynamique organique et plurielle.
Avant même leur premier album, Die Spitz avait déjà fait parler d’eux dans les circuits DIY d’Austin : ils ouvraient pour des groupes comme Amyl and the Sniffers, Sleater‑Kinney, Viagra Boys.
Niveau influences, ça dépote : du grunge des années 90 (Nirvana, Mudhoney), du punk hardcore, du métal old school (Black Sabbath), de l’alternatif (Pixies, PJ Harvey).
Leur énergie live est réputée : crowd-surfing, guitares qui volent, échanges instrumentaux… On n’est pas dans le rock coincé.
Sorti le 12 septembre 2025 via Third Man Records.
La production est assurée par Will Yip (Turnstile, Mannequin Pussy…), un gage de qualité pour un son qui claque.
On y trouve 11 titres qui revisitent les formes : « Pop Punk Anthem (Sorry for the Delay) », « Throw Yourself to the Sword », « Punishers », etc.
Thématiquement, l’album explore la consommation au sens large : amour, dépendances, société saturée, aliénation. “Addiction and love can also be all-consuming”, rappelle Livingston.
C’est brut, sans concession. On passe des riffs lourds façon métal aux éclats de grunge, en passant par le punk rapide, le tout mélangé à des interludes plus atmosphériques. Selon un critique : « une interprétation à la fois rugueuse et innovante du grunge/punk/métal ».
La variété vient aussi des voix multiples et des auteurs variés : chaque membre apporte sa couleur, ce qui crée une diversité bienvenue.
“Throw Yourself to the Sword” : single-explosion, cri de ralliement : « despite living in … hopelessness, you can still rise up ».
“Pop Punk Anthem (Sorry for the Delay)” : ouverture en douceur, grunge-influencé, avant que ça n’explose.
“Punishers” : plus sombre, évoque les relations toxiques et l’auto‐destruction.
Info originale : Kate Halter, la bassiste, a appris l’instrument seulement au moment de la formation du groupe. Et maintenant, sa basse est saluée comme un élément clé du son du groupe.
Le nom du groupe était presque un gag de potes (bag of Fireball + brainstorming) ; mais il est devenu la plateforme d’une musique sérieuse.
Dans un paysage où on refabrique sans cesse les mêmes recettes, Die Spitz ose. Ils fusionnent les genres, les rôles, les voix. Ils parlent de sujets lourds (consommation, aliénation, identité) tout en faisant pogoter le public.
Ce n’est pas juste de la nostalgie grunge ou punk : c’est une attitude, un cri de maintenant. Et à vingt-quelques années à peine, elles ont déjà une maturité rare. “We depend on our freedom – freedom to do what we want …” dit Livingston.
Something to Consume est un disque qui dévore mais dans le bon sens. Il vous aspire dans un vortex de riffs, d’émotions et de rage consciente. Die Spitz prouve qu’un groupe jeune peut concevoir un album à la fois viscéral et réfléchi, et surtout, qu’il a toute la rage pour bousculer.
Si vous cherchez du rock qui respire l’urgence, qui a une voix, un esprit et des muscles alors oui, Die Spitz est bien l’une des révélations à suivre de très près.
