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Ton travail oscille entre poésie, mélancolie et agressivité émotionnelle.
Comment t’y prends-tu pour faire coexister ces états à la fois fragiles et puissants dans une même chanson ?
C’est un travail d’honnêteté… J’essaie de laisser place à mes émotions, comme elles me traversent. Mon écriture, mon interprétation essaient de rendre compte de La dualité qui m’anime au quotidien. C’est Guerrier & fragile, alors je dirai que de ne pas avoir peur de me montrer vulnérable est ma clé.
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Ta musique puise dans le hip-hop, le R’n’B et la chanson.
Qu’est-ce qui te connecte à ces genres et comment arrives-tu à créer une cohésion qui te ressemble entre eux ?
Ce qui me connecte à ces différents styles c’est d’abord mon éducation. À la maison toutes les musiques se confondaient.
Puis la passion du poétique, de l’écriture et de la narration de soi… Le romantisme.
Créer une cohésion dans ma musique c’est réussir à rendre compte le plus fidèlement de qui je suis, et de quoi je suis faite à l’intérieur. Alors quand je crée j’essaie de lâcher prise.
Ce qui donne parfois un flow hip hop, sur une interprétation r’n’b d’un texte très chanson …
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On sent une vraie sincérité dans ton écriture et ton interprétation.
Est-ce que tu écoutes d’abord ton cœur ou ton esprit quand tu choisis les récits que tu veux raconter ?
C’est le plus important pour moi, la sincérité.
Je dirais que, C’est le récit qui choisit son pinceau…
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Quand tu composes, les émotions dominent souvent la structure ou les mélodies.
Est-ce que tu as un rituel particulier pour canaliser ces émotions ? (écriture, promenade, rythme, etc.)
Regarder mes enfants, philosopher avec mes sœurs, Déverser des lignes dans mes carnets, danser…
Mais C’est un exercice très difficile pour moi, canaliser. Je pense que c’est pour ça que en effet, dans ma musique, les émotions dominent tout.
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Tu parles souvent de différences et de combats personnels.
Est-ce qu’il y a une expérience ou une rencontre qui a été un véritable déclencheur pour ton art ?
Il y a eut beaucoup de déclencheurs, de rencontres… Mais je dirai ma toute première démarche artistique ou l’on a répondu aux particularités de ma voix en me disant que je ne savait pas chanter … ça trace jusqu’à maintenant ma volonté de montrer que mon timbre est certes différent mais puissant.
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Les auditions iNOUÏS sont une étape importante pour de nombreux artistes émergents.
Qu’est-ce que cette sélection représente pour toi et comment te prépares-tu à montrer toute la profondeur émotionnelle de ta musique sur scène ?
Je doute constamment. C’est partie prenante de ma personnalité, de mon art.
Alors, Cette sélection me montre qu’ être plurielle ne me rend pas moins compréhensible…
Je me prépare psychologiquement au lâcher prise. J’explore mes doutes en les anticipant.
Je veux être la plus honnête possible. descendre de scène en me disant : Ça, c’était moi. Et j’aurai gagné une bataille de ma guerre.
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Sur scène, quelle est ta priorité : l’énergie du moment, la connexion avec le public, ou rester fidèle à l’intention originelle du morceau ?
Le tout ! Essayer de créer une connexion violente et intime avec les spectateurs, que mes chansons fassent écho à leur solitudes.
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Est-ce que ton approche live change la façon dont tu écris ou structures tes morceaux en amont ?
Ça ne modifie pas la façon dont je crée, qui est déjà assez dramatique… Ça me pousse plutôt à structurer mon propos autour d’un voyage. Le live c’est la finalité.
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Comment décrirais tu l’évolution de ta musique depuis tes débuts jusqu’à aujourd’hui ?
Y a-t-il des tournants ou des morceaux qui t’ont réellement fait changer de direction artistique ?
Je dirai que je suis passée de la recherche du Masque, derrière lequel on se cache, à celle de l’idéal de l’honnêteté… Lana Del Rey a littéralement changé ma façon de faire avec son premier album. Parce que la poésie est au centre, c’est agressif, mélancolique, joli et sombre… C’est là où j’ai commencé à comprendre que ma DA pouvait en fait être moi. Et que mes écrits poétiques avaient à devenir mes textes
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Ta musique parle souvent d’émotions brutes et contrastées.
Est-ce que certains livres, films ou artistes t’aident à nourrir cette palette d’émotions ?
Grossièrement :
Jekyll & Hyde, c’est le premier thème, livre, qui m’a aidé à me trouver moins étrange. C’est pour ça que c’est mon thème de base, et que l’un de mes personnages ( ma part agressive) est en fait Bonnie Hyde.
Baudelaire, les fleurs du mal, c’ est un repaire.
Les Matrix, sont très importants pour moi. Par leur concepts philosophiques. Ils me rappellent la force de ma dualité, de ma volonté et de mon imaginaire.
Mais ma spiritualité, ma famille et mon africanité sont ce qui me nourrit le plus.
11. Si ta musique était une saison de l’année, laquelle serait-elle (hiver, printemps, été ou automne) et pourquoi ?
La lumière d’un été poétique …
Mon rapport aux saisons est particulier.
L’automne, l’hiver sont chaque années des tortures.
Je symbolise mes états, mes humeurs par des couleurs, Alors je dirait qu’elle est aussi rouge que bleu…
Ça ressemble pour moi aux différents états par lesquels on pourrait passer durant une journée d’été:
Agressive au réveil,
Dramatique pour le premier café,
Poétique toute l’après midi,
Rassurante en fin de journée
& dansante le soir
