Merci à Tété d’avoir pris le temps de répondre à nos quelques questions en amont de son concert au Métaphone de Oignies.
2. « Une Semaine Sur Deux » est un projet assez particulier : les mêmes dix chansons existent en deux versions, une version arrangée et une version guitare-voix. Pourquoi avoir voulu raconter ces morceaux sous ces deux formes ? Qu’est-ce que chaque version révèle de différent ?
Parce que la semaine rouge correspond a ma semaine avec les enfants, dans la vie, ce que figurent les versions arrangées de l’album. Et la semaine rouge correspond a ma semaine sans eux, ce que figurent les versions acoustiques de l’album. Ce double disque est un peu le miroir de ma vie. En outre cela était très important pour moi que les gens puissent avoir accès aux versions brutes des chansons, sans production ni artifices. Comme si je jouais dans leur salon.
3. Le titre de l’album évoque forcément l’alternance, la présence et l’absence. Quelle place cette notion occupe-t-elle dans ton écriture et dans les histoires que tu racontes sur cet album ?
Elle est centrale. J’y évoque aussi l’absence des ainés que j’ai accompagnés vers leur dernière demeure. Notamment mon père et mon grand-père. Ce sont leurs valeurs que je transmets a présent a mes enfants. Quant a l’alternance elle est aussi lumineuse. Je suis papa a 200% quand j’ai mes enfants, et artistes a 200% quand je ne suis pas avec eux. C’est la raison pour laquelle je ne fais des concerts qu’une semaine sur deux, quand ils sont avec leur maman justement. Cette stabilité est très importante pour moi.
4. Avec des titres comme « Vertige du Seum », « Papa Parfait » ou « Les Rivières du Midi », on sent une écriture très personnelle. Est-ce que cet album a été pour toi une manière de transformer des expériences intimes en chansons capables de toucher quelque chose d’universel ?
Oui je crois que ces thèmes concernent tout un chacun. Et ce qui ne les rend pas indécents est justement le fait qu’ils soient un prétexte a toucher quelque chose qui me dépasse, et nous parle tous. C’est cela que cet album est un disque miroir qui invite chacun a parcourir son chemin personnel.
5. Tu évolues depuis plus de vingt-cinq ans entre folk, blues, pop et musique acoustique, sans vraiment te laisser enfermer dans une case. Aujourd’hui, qu’est-ce qui continue de te donner envie d’explorer et de prendre des risques musicalement ?
L’enthousiasme, l’exaltation et les rencontres. Je n’ai jamais écouté autant de musique qu’aujourd’hui. Mais surtout après avoir essayé tant de choses, j’ai besoin de m’amuser, d’être surpris et de me surprendre moi-même.
6. Tu remontes également sur scène avec un projet qui garde une dimension très intime, mais aussi solidaire autour des mères isolées. Quelle place le live occupe-t-il aujourd’hui dans ta manière de défendre tes chansons et de créer du lien avec le public ?
Je dirais que cette place est centrale. Je n’ai jamais écrit de chansons pour les enregistrer. La finalité a toujours été de les incarner sur scène. Apres je suis conscient de la chance que j’ai de pouvoir enregistrer des albums depuis si longtemps, mais c’est vraiment devant les gens qu’elles prennent toute leur dimension. Et je voulais également que cette tournée soit plus qu’une série de concerts. D’où le tour Solo Solidaire, qui vise justement a épauler autant que faire se peut les mères isolées des territoires ou je joue
7. Si tu devais sauver une seule chanson de toute l’histoire de la musique une chanson que tu aurais aimé écrire, jouer ou simplement avoir avec toi sur une île déserte laquelle choisirais tu, et surtout, pourquoi celle-là ?
Waouw. Compliqué….Je pense que je retiendrais une fugue de Bach au violoncelle….
