
Chroniqueur caustique et sniper élégant du rire, Paul de Saint Sernin passe du plateau télé aux planches en signant ce premier seul-en-scène aussi intime que mordant, où l’impertinence devient un véritable art de l’observation.
Révélé au grand public dans Quelle époque ! sur France 2 avec Léa Salamé, il transpose sur scène le même sens de la répartie, mais dans un registre plus personnel, plus nuancé et plus touchant. Il nous avait déjà marqués au Colisée, alors qu’il participait avec Verino au plateau d’humoristes Inglorious.
Ancien journaliste sportif devenu humoriste, il construit ici un spectacle de confidences et de revanche douce, nourri par ses humiliations d’adolescent, ses maladresses affectives, ses souvenirs d’enfance et cette singularité assumée qui fait tout son sel. Le personnage qu’il dessine sur scène est celui d’un homme qui regarde sa propre histoire avec autodérision, sans jamais céder au pathos.
Son écriture, à la fois précise et acérée, joue sur le contre-pied, les silences et un sens du timing très maîtrisé. Il y a chez lui une élégance presque feutrée, un humour fin, parfois tranchant, qui installe immédiatement une connivence avec le public.
On y retrouve aussi une vraie intelligence du plateau : Paul de Saint Sernin ne cherche pas l’esbroufe, mais une justesse de ton, une manière de faire rire sans forcer, avec une efficacité redoutable. C’est un premier spectacle vif, singulier et attachant, porté par une présence scénique discrète mais très sûre, qui transforme les failles en matière comique.
