Pour commencer : comment est né It It Anita ? À quel moment le projet a pris la forme du groupe que l’on connaît aujourd’hui ?
L’envie de Damien et moi de faire un projet ensemble, sans vraiment savoir vers où nous irions. Nous étions alors en 2013. On a longtemps jouer à 4 (le trio actuel + Damien) puis en 2022, Damien a quitté le groupe et on a assez naturellement continué à 3, avec Elliot et Bryan. Et avec un peu de recul, la formule trio nous semble la plus efficace.
Votre musique est souvent décrite comme noise rock, brute et intense. Qu’est-ce qui vous attire dans cette énergie sonore assez radicale ?
La possibilité de se laisser aller à 100%. Pendant le concert, grâce à cette énergie, on se sent totalement libre.
On sent dans vos morceaux une tension permanente entre mélodie et chaos sonore. Comment trouvez-vous cet équilibre en composition ?
Ça vient assez spontanément. J’ai toujours aimé les groupes à mélodies, les « chansons ». Et l’alternance entre mélodie et chaos permet de donner du relief aux morceaux, de la dynamique : les mélodies peuvent alors sembler plus mélodieuses et les chaos encore plus chaotiques …
Votre réputation s’est beaucoup construite sur la scène. Qu’est-ce que le live représente pour vous dans l’identité du groupe ?
Comme je le disais plus haut, le live, la scène, représente aujourd’hui l’un des derniers espaces où on se sent complètement libre. Une fois qu’on est là, on donne tout, on mouille le maillot …
Vous êtes un groupe belge mais vous jouez très souvent dans le nord de la France. Quel lien particulier entretenez-vous avec la scène de Lille ?
On joue effectivement plus dans le Nord de la France que dans le Sud (assez souvent dans l’Ouest d’ailleurs). J’imagine que ça doit être dû à la position géographique de Liège ? On partage d’excellents liens avec la plupart des groupes français qu’on a croisés sur la route (Lysistrata, Mad Foxes, Birds in Row, //LESS, etc. etc. Etc.), qu’ils soient de Lille ou d’ailleurs 🙂
Le noise rock est un univers avec une forte tradition. Quels sont les groupes ou artistes qui ont nourri votre approche musicale ?
Il y en a tellement, et dans plein de styles différents, c’est difficile. Mais je peux citer Sonic Youth, GY!BE, Hot Snakes, Mudhoney, etc.
Votre son est à la fois très physique et très précis. Comment travaillez-vous la production et les textures sonores en studio ?
On passe beaucoup de temps à travailler la dynamique des morceaux, notamment avec les effets : choisir les bonnes pédales, les enclencher au bon moment, les stacker le mieux possible, etc. C’est très important dans notre son. Ça nous permet alors d’effectuer une bonne prise live tous ensemble, ce qui est capital, la base pour IIAA.
La scène rock indépendante en Europe est très vivante aujourd’hui. Comment vous situez-vous dans ce paysage musical ?
Nous avons la chance d’avoir un projet qui existe depuis 13 ans, d’avoir un super label qui nous soutient à 200% (hello Vicious) et de pouvoir faire des concerts ! Tout ça, c’est déjà un énorme privilège. Nous en sommes conscients et c’est la raison pour laquelle on essaye de donner le meilleur de nous-mêmes en concert.
Après plusieurs tournées et sorties, qu’est-ce qui continue de vous surprendre ou de vous stimuler dans ce projet ?
Les voyages et les rencontres. C’est un métier qui m’a permis de rencontrer tant de belles personnes, et ça, ça continue à me stimuler.
Si quelqu’un découvre It It Anita pour la première fois, quel morceau lui conseilleriez-vous pour entrer dans votre univers ?
Notre dernier single Cassowary me semble parfaitement adapté : simple et efficace.
Quels sont vos prochains projets ? Nouvel album, tournée, nouvelles directions musicales ?
Là on démarre la tournée HI HI HA HA, ça va nous prendre pas mal de temps et d’énergie. En parallèle, j’ai déjà quelques idées qui me trottent en tête pour la suite, on verra où ça nous mènera.
