Ton nouvel album Knuckle Breaker Maxxx sort le 16 janvier.
Si tu devais le décrire comme une sensation physique ou émotionnelle, laquelle et pourquoi ?
Le changement et l’acceptation de soi. Je pense que les détails de cette réponse se trouvent comme un parcours durant tout l’album.
La pochette montre une photo de toi enfant, avec cette phrase forte citée en interview :
« J’étais un petit dude, je voulais des trucks, pas des Barbie ».
À quel moment as-tu su que cette image devait porter l’album ?
Depuis le tout début de la conception de ce 2e album, je voulais cette photo. Elle exprime parfaitement la dualité qui a forgé cet album. C’est un retour à soi.
Cet album ressemble beaucoup à un journal intime sonore, entre spoken word, indie folk et pop alternative.
Est-ce que certaines pièces ont été plus difficiles à laisser partir que d’autres, une fois enregistrées ?
Non! Au contraire, j’avais hâte que ça sorte et que ça ne m’appartienne plus. C’est très libérateur.
Knuckle Breaker Maxxx explore des zones troubles de l’identité, du genre et du désir.
Est-ce que faire cet album t’a permis de mettre des mots sur des choses que tu n’avais jamais osé formuler avant ?
Non, en fait, je le formule différemment. J’évolue dans tout ça. Je pense que ça ouvre les yeux aux gens qu’un trouble de l’identité de genre, c’est vrai. Depuis mon enfance, je le porte en moi. Il y a toujours un humain derrière tout ça.
Après ce deuxième album, est-ce que tu as l’impression de dire « goodbye » à certaines versions de toi ou au contraire de t’en rapprocher ?
Je pense que ça me donne envie d’assumer plus ce que je suis, de m’exprimer comme je suis. En fait, ça fait tomber les masques.
Tu es connue au Québec pour ton travail d’actrice autant que pour ta musique.
Est-ce que Goodbye Karelle te permet une liberté que le jeu ne t’offre pas toujours ou l’inverse ?
J’en suis quand même à mon 2e album ! Le travail cinématographique est sur la glace depuis un moment déjà. Je crois qu’il y a vraiment une séparation entre les deux univers. Est-ce que je ferais d’autres tournages dans l’avenir ? Possiblement ! Mais, je ne vais plus mettre de côté qui je suis. Le personnage devra être plus près de ce que je suis maintenant.
Quand tu écris une chanson, est-ce que tu penses en images, comme pour une scène de film ?
Non. Quand j’écris une chanson, je vois d’abord une série de mots qui se déploie en histoire, en bout de vie à raconter. Des mélodies se posent sur ces mots.
Quel est le moment le plus québécois que tu aies vécu en tournée ou en création musicale ? (Un show dans un sous-sol, un public trop poli, une tempête de neige mal timée…)
Mixer un album quand il fait -25 dehors, je pense que c’est assez Québécois!
Y a-t-il un endroit au Québec une ville, une route, un café, un coin perdu qui est intimement lié à ta musique ?
Rawdon, la ville où je suis né dans la région de Lanaudière au Québec
Si Knuckle Breaker Maxxx avait été écrit en plein hiver québécois, qu’est-ce que le froid aurait changé à l’album ?
Pas vraiment … Pour cet album, peu importe la température, le thème ne changeait pas. Ce que j’avais envie d’exprimer ne se collait pas au beau ou mauvais temps, mais bien à ce qu’il y avait en moi.
C’est quoi la petite habitude très locale que tu gardes toujours en studio ou sur la route ?
(Café filtre douteux, dépanneur préféré, playlist francophone improbable…)
En tournée en France, je mange beaucoup de Danette.
Ton travail est très vulnérable, très exposé.
Comment tu protèges la personne derrière l’artiste quand tu montes sur scène ?
Je n’ai pas besoin d’être protégé, j’ai un message à passer et c’est ça qui me drive, me motive. La musique est arrivée dans ma vie pour me donner une autre voix pour m’exprimer.
Est-ce que tu as déjà reçu un message d’un·e fan qui t’a fait réaliser l’impact réel de ta musique ?
Oui! Chaque fois que l’on m’arrête pour me dire que ma musique touche, est émouvante, fait réfléchir, je réalise que ça a un impact.
Si quelqu’un découvre Goodbye Karelle pour la première fois avec Knuckle Breaker Maxxx,
qu’est-ce que tu aimerais qu’iel ressente en appuyant sur “play” ?
J’aimerais qu’iel ressente de la force et de l’authenticité. Je souhaite que ça donne envie de s’assumer, que c’est correct de ne pas entrer dans certaines cases.
