Rodolphe Pillisser, directeur artistique et metteur en scène de La Revue de l’Orphéon d’Hazebrouck, dans laquelle il est également comédien et chanteur.
La Revue de l’Orphéon enchaîne les succès depuis plusieurs saisons. Que représente
pour vous cette nouvelle édition programmée du 1er février 2026 au 19 avril 2026 ?
« L’une des raisons du succès du spectacle repose sur son renouvellement à chaque saison…
Aucune Revue ne ressemble à une autre. En 2026, place à « L’Odyssée de la Revue », un
spectacle où je suis pour la deuxième saison à l’écriture de tous les sketchs et à l’origine du
choix des titres. Je pense que ce spectacle portera davantage ma patte, avec cet humour
grinçant que j’affectionne tant, ces répliques absurdes, ce second degré, ces chansons aux
textes et aux mélodies interpellants … »

Avez-vous ressenti une pression particulière en préparant cette saison, compte tenu de
l’attente du public et de votre réputation dans les Hauts-de-France ?
« Je parlerais davantage de challenge que de pression… Chaque Revue représente un nouveau challenge
pour toute la troupe. En tant que directeur artistique, je veille à ce que toutes les conditions
soient réunies pour présenter un spectacle à la hauteur des attentes de nos spectateurs et
pour lui proposer de la nouveauté et de l’inattendu. Nous avons l’envie de nous dépasser
chaque année ! »
Quelles seront les grandes nouveautés de l’édition 2026 ? Peut-on s’attendre à une
évolution musicale, humoristique ou scénographique ?
« Chaque édition contient son lot de nouveautés, tant sur la forme que sur le fond. Sans tout révéler pour laisser la surprise aux spectateurs : cette année, la troupe s’est enrichie de 4 nouveaux talents, deux hommes et deux femmes… »
Cette saison couvre près de trois mois de représentations : comment parvenez vous à
garder énergie, fraîcheur et spontanéité du premier au dernier soir ?
« Nous sommes tous passionnés et avons la chance et l’envie de cultiver l’esprit de troupe. Nous aimons le travail bien fait, la cohésion, la scène, transmettre, par le biais du chant et de l’humour. Cela ne
s’explique pas vraiment. Quand on aime ce que l’on fait, ce n’est que du plaisir bien que cela
soit fait avec rigueur ! Faire rire est un art très sérieux qui exige plusieurs compétences et
une certaine dose de discipline… »
Quand avez-vous commencé à travailler sur le contenu de cette édition 2026 ? Y a-t-il un
événement, une musique, ou une tendance qui a inspiré le thème de cette année ?
« Je ne cesse de penser à La Revue suivante. Je m’inspire de ce que je vois, lis, entends, observe dans
ma vie de tous les jours. Je note ce qui peut me sembler constituer une piste de travail, une
intrigue pour un sketch, ou un titre qu’il serait intéressant de faire réarranger par François
Tourneur, le guitariste et directeur musical du spectacle. La politique, locale et internationale,
ainsi que le sport m’intéressent autant qu’ils m’inspirent… Les répétitions ont commencé fin
octobre et se termineront fin janvier, avant notre Générale, qui précède notre Première du 1er
février. »
Comment sélectionnez vous les titres qui feront partie du spectacle, et y a-t-il des
surprises ou hommages musicaux prévus pour cette période ?
« Nous aimons surprendre le public, lui envoyer du rêve, le faire rire, lui proposer un large panel en matière de style humoristique, lui faire découvrir des morceaux qu’il ne pensait peut-être pas entendre dans ce théâtre… Cette année, nous présenterons un hit d’une artiste française très populaire qui
évolue dans un style R&B… Sauf que nous le proposerons dans une version éloignée de celle
que tout le monde connaît… Je veille à proposer une majorité de titres francophones, ce qui
laisse davantage de place à des interprétations authentiques… Avec le français, on ne peut
pas se cacher !»
Gérer autant de représentations sur une période aussi dense doit être un défi. Comment
l’équipe se prépare-t-elle physiquement et mentalement ?
« Quand on est passionné, l’investissement vient naturellement… Avec cette envie de bien faire… Un peu comme en amour, finalement, ou dans le sport… On se donne et on aime cela. Cela ne s’explique pas vraiment. Ce n’est que du positif ! Ce sont les membres eux-mêmes qui le disent ! Ces
derniers sont tous investis parce qu’ils aiment travailler sur un spectacle, se donner, dépasser
leurs limites, et sont bien évidemment à l’aise sur scène, derrière un micro, devant 300
personnes chaque soir du week-end… L’ambiance et la bienveillance ont aussi leur rôle à
jouer. Beaucoup voient dans la troupe une seconde famille… C’est dire ce que La Revue
représente pour eux. »
Après cette saison du 1er février au 19 avril 2026, avez-vous déjà des idées ou envies
pour la suite ? La Revue peut-elle encore se réinventer ?
« Cela fait plus de 110 ans que La Revue se réinvente et séduit toutes les générations. Ce spectacle a traversé les conflits mondiaux et plus récemment la pandémie… Notre objectif est de faire durer cette magnifique aventure artistique et humaine le plus longtemps possible. La preuve, chaque année, je reçois des candidatures de spectateurs désireux d’intégrer le show… D’autres étaient là bien avant
nous, et d’autres le seront après… L’aventure ne fait finalement que commencer… »
Si la saison 2026 de La Revue de l’Orphéon, du 1er février au 19 avril, était une
composition musicale, quel en serait le titre, et quel instrument en jouerait le thème
principal ?
« Je pense qu’elle serait un mélange de styles musicaux et humoristiques, une
composition qui réunirait tout le monde, tous âges et horizons confondus. Un morceau qui
touche, qui réchauffe, qui apporte du sourire, de la tendresse et du rire. À l’image du rap que
nous avons sorti au printemps dernier, qui est un clin d’œil à l’un des sketchs de la Revue
2025, mais également à mes racines flamandes. Nous ne nous attendions pas à un tel succès :
notre « VlaamsRap » cumule aujourd’hui plus d’un million de vues sur l’ensemble des
plateformes où il est diffusé !»
Quand le rideau tombera le 19 avril 2026, quel sera le silence que vous espérez laisser
dans la tête du public : celui d’un spectacle qui s’achève… ou celui d’un refrain qu’on
ne peut plus oublier ?
« Notre but est d’apporter du bonheur aux spectateurs tout en nous
faisant plaisir. La Revue, c’est une connexion entre le public et les artistes que l’on peut
difficilement décrire. Nous avons à cœur que les spectateurs quittent la salle en ayant passé
un moment d’exception, en se sentant comme grandis par ce que la troupe leur a proposé
pendant plus de 2 heures, et bien évidemment en ayant envie de nous retrouver la saison
suivante ! »
