Une réédition en clair-obscur pour un album culte de la pop mystique
Presque vingt ans après sa sortie, Fur and Gold, le premier album de Bat For Lashes, renaît dans une édition Deluxe somptueuse, disponible en numérique depuis le 31 octobre et en physique dès le 6 février 2026.
Remasterisé aux mythiques Abbey Road Studios par Frank Arkwright, le disque retrouve tout son éclat spectral et sa grâce primitive, accompagné d’un second CD regroupant démos inédites et performances BBC.
Derrière Bat For Lashes se cache Natasha Khan, artiste pluridisciplinaire londonienne à la croisée des mondes.
Autrice-compositrice-interprète, plasticienne, réalisatrice et multi-instrumentiste, elle explore depuis vingt ans les frontières entre musique, cinéma et arts visuels.
Six albums studios, plusieurs bandes originales (Twilight, Hunger Games), des collaborations mode avec Chanel, Gucci, Miu Miu, et trois nominations au Mercury Prize : Khan est une figure rare, à la fois mystique et ancrée, tissant depuis ses débuts un univers envoûtant, féminin, surréel – une forme de réalisme magique en musique.
Face A — le rêve éveillé
1. Horse and I
Ouverture théâtrale, presque baroque : les claviers y trottent comme un carrousel hanté. Dans cette version remasterisée, la voix de Khan surgit plus nette, plus proche, telle une incantation.
2. Trophy
Le souffle de la guerre et du désir : tambours tribaux, vocalises sauvages, tension mystique. Un titre qui préfigure déjà le féminisme mythologique de Two Suns.
3. Tahiti
Une rêverie tropicale et mélancolique. Les textures électroniques, retravaillées, y gagnent une douceur onirique.
4. What’s A Girl To Do?
Classique absolu, hymne du surréalisme pop britannique des années 2000. Le remaster redonne de la profondeur aux beats et aux cordes, tout en conservant cette ironie douce-amère.
5. Sad Eyes
Ballade brumeuse et bouleversante : Khan y murmure comme une apparition.
6. The Wizard
Folk ensorcelé, entre Kate Bush et Björk. La version 2025 souligne la beauté fragile du mix originel : un souffle, une incantation, un sortilège.
La face A est celle de l’éveil : la naissance d’un univers sonore, intime et mythologique.
Face B — le miroir intérieur
1. Prescilla
Rythme plus terrien, presque cabaret. Le groove y est réchauffé, les chœurs mieux sculptés.
2. The Bat’s Mouth
Titre-manifeste, presque gothique, où Khan se fait chamane. Les graves du remaster apportent une densité nouvelle.
3. Seal Jubilee
Moment suspendu : les nappes de synthé s’étirent comme des vagues. Un des morceaux les plus cinématographiques du disque.
4. Sarah
Conte nocturne et fragile. Les arrangements revisités mettent en valeur la sincérité désarmante de Khan.
5. I Saw A Light
Clôture céleste : on quitte le Styx pour l’éther. La voix, cristalline, s’élève comme une prière finale.
La face B agit comme une catharsis : de la noirceur à la lumière, du deuil à la délivrance.
L’édition Deluxe : mémoire et renaissance
Le double CD offre une plongée précieuse dans les coulisses de la création :
des démos inédites (Carrie, Healing Fire, Dark Time, Howl…) capturent la jeunesse brute de l’artiste, entre claviers lo-fi et voix à nu ;
les sessions BBC révèlent l’intensité live d’une artiste déjà habitée.
Remasterisé sans trahir son esprit, Fur and Gold retrouve ici son aura originelle : celle d’un album à la fois intime et mythologique, capable de transformer l’introspection en rituel.
Natasha Khan confie :
Réécouter cet album avec David Kosten m’a tiré une larme de fierté… Pas de compromis, des sons MIDI merdiques, de la magie et du tonnerre. L’album que j’attendais de réaliser toute ma vie.”
