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  Interviews  Natacha Tertone, l’interview
Interviews

Natacha Tertone, l’interview

Sebastien CironSebastien Ciron—3 novembre 2025
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Merci Natacha Tertone d’avoir pris le temps de répondre à nos questions.

Natacha Tertone parles souvent de résilience, et dans ton travail on sent cette oscillation entre blessures et renaissance. Si ton prochain album était un paysage visuel, quel serait-il, un manège rouillé au crépuscule, une cathédrale sous la neige, ou autre chose ?

Je penserais plutôt à une usine désaffectée investie par un collectif d’artistes queer, avec boules à facettes et plein de lumières colorées : faire du beau, du joyeux avec du bancal pas clean, et surtout sans rien rejeter : tout et tout le monde y trouverait sa place. Un côté “kintsugi”, l’art de réparer des céramiques abîmées avec de l’or, mais format géant.

Après une longue pause, tu reviens avec une voix qui mêle nostalgie et audace, silence et orage. Qu’est-ce que le temps t’a appris à accepter ou à refuser dans ta façon de composer et de performer ?

Énormément de choses, à commencer par accepter ma voix, accepter d’être “chanteuse”, pour de vrai. C’est passé par la découverte du chant choral et même la direction de choeurs depuis plusieurs années, et la nécessité de comprendre cet instrument, pour transmettre au mieux. Avec la technique est venue aussi la possibilité d’accepter la fragilité et d’en faire une force. Et l’autre grande leçon est venue d’une expérience scénique mise en scène, où j’ai découvert que le cadre permettait une immense liberté : alors que j’avais toujours cru qu’il ne fallait rien prévoir sous peine de perdre la justesse, je me suis aperçue que c’était juste de la mise en danger inutile et contre-productive. Savoir où on va permet, même si c’est contre-intuitif, de s’aventurer en terres inconnues en n’étant pas limité.e pas la peur de se perdre.

Tes textes en français oscillent entre poésie et vertige, entre souffle chaud et lame froide. Est-ce que tu les conçois d’abord comme des confidences intimes ou comme des petites scènes de théâtre intérieur que tu offres au public ?

Je suis quelqu’un de très cérébral donc c’est plutôt une forme d’autopsie distanciée des émotions qui m’investissent. À partir de là, j’essaie d’impulser une dramaturgie, de mettre du récit dans ces arrêts sur image en prenant plaisir à jouer avec les sons et le sens des mots. Le maître mot, en tout cas, c’est vraiment le plaisir. J’ai compris que la joie qu’il procure est un guide très puissant.

Ton album s’appelle La patience n’existe pas. Est-ce une révolte contre l’attente, une urgence créatrice, ou une façon de dire qu’il faut vivre tout, tout de suite ?

C’est ce qu’on appelle un kōan (c’est l’artiste Daphné Swân qui me l’a appris dans l’une de ses chansons), une énigme zen, qui ne peut être résolue par l’intellect, mais uniquement par la pratique de la méditation. Plutôt que répondre, je préfère laisser chacun s’en faire sa propre interprétation, en fonction de là où il est rendu. Ce que je peux dire, c’est que c’est quelqu’un qui m’est très cher, adepte de la pleine conscience, qui me l’a beaucoup répété, ce qui avait le don de m’agacer puisque c’était insaisissable par ma pensée volontaire mais que petit à petit je l’ai intégré au point d’en faire un mantra dans l’attente de la sortie de ce nouvel album. Car si la patience n’existe pas, l’impatience non plus…

Tes morceaux sont décrits comme une « avant-pop cinématographique ». Si tu pouvais confier la mise en scène d’un de tes titres à un réalisateur de film, qui choisirais-tu et pourquoi ?

Aujourd’hui, je dirais Valérie Donzelli ou Judith Godrèche, parce que je trouve leur créativité intrinsèquement exaltée par leur féminité, avec une fantaisie qui ne les empêche jamais d’aborder des sujets d’une gravité sans nom. Mais pendant très longtemps, je n’ai juré que par Pascale Ferran dont la justesse, dans “L’âge des possibles”, a été fondatrice pour moi.

Dans tes arrangements, on croise aussi bien des synthés vintage que des trompettes improbables. Comment trouves-tu l’équilibre entre l’expérimentation sonore et la clarté émotionnelle d’une chanson pop ?

Effectivement, c’est une question d’équilibre, qui m’est très personnelle : le côté pop intrinsèque de mes mélodies est valorisé par des instruments que je choisis pour leurs sons en fonction du propos mais j’ai toujours ce besoin de “salir” un peu, comme si une production trop propre risquait d’être considérée comme légère alors que j’ambitionne toujours une certaine profondeur, pour ne pas dire gravité, dans mes chansons. Après, c’est comme un plat qu’on assaisonne à son goût : il faut veiller à ne pas mettre trop d’épices pour que ça reste digeste mais quand même, essayer de mettre de la singularité dans la recette, c’est tellement joyeux ! Pourquoi s’en priver ?

Avec Bruno Mathieu et Jérôme Mackowiak, tu formes un « powertrio de freaks magnifiques ». Comment vos rôles respectifs s’imbriquent-ils pour transformer une chanson de studio en une expérience scénique presque chamanique ?

Nous sommes de la même génération, nous avons joué ensemble au début de nos carrières respectives et nous retrouvons aujourd’hui avec des parcours très différents mais qui nous ont nourris chacun : aujourd’hui, c’est l’occasion, en trio, de mettre en commun ce que chacun a appris de plus précieux. Bruno a beaucoup travaillé avec des artistes “mainstream” avec lesquels il a notamment appris à mettre de la dramaturgie dans un set et Jérôme a accompagné des artistes plus rock / électro mais sur de grosses tournées aussi, ça lui donne une sérénité par rapport au live et une grande capacité d’adaptation et d’improvisation. Du studio où les chansons ont été travaillées individuellement, nous adaptons un set pensé pour embarquer le public dans l’émotion et le corps car les nouveaux titres s’adressent aussi au corps, ils sont plus dansants, parlent aussi plus aux tripes, à l’instinct.

Sur scène, tu parles de « faire danser les fêlures ». Peux-tu nous raconter un moment de concert où cette alchimie s’est vraiment produite, où tu as senti le public basculer avec toi ?

Il y a une chanson du précédent album, qui s’appelle “Le désamour” qui est arrangée aujourd’hui de sorte que le public peut s’en emparer et chanter avec nous la ritournelle du refrain, de manière très lumineuse alors que le sujet est sombre : pour moi, c’est ça “faire danser les fêlures”, c’est réussir à faire d’une blessure individuelle une forme de communion euphorisante. J’adore quand ça arrive !

Tu es citée dans le sillage de Klô Pelgag, Claire Diterzi, Léonie Pernet… Qu’est-ce que tu admires chez ces artistes, et qu’est-ce que tu revendiques de radicalement différent dans ta démarche ?

J’admire principalement leur immense liberté dans la création : chacune propose une musique qui ne ressemble à rien de déjà existant, elles creusent toutes un sillon très personnel, avec une poésie assez radicale. Je ne revendique rien de différent. Je n’aime pas revendiquer et puis, on est généralement assez mal placé pour parler de notre démarche… On fait les choses de manière naturelle pour nous, donc il est délicat de poser des mots, je laisse ça aux journalistes et aux chroniqueurs qui voient les choses de l’extérieur.

Si une jeune artiste de la région venait te voir en te disant : “je veux créer ma pop étrange, bancale et flamboyante”, quel conseil tu lui donnerais pour tenir debout « sur les braises », sans s’excuser d’être en feu ?

Commence par explorer qui tu es et ce que tu veux partager de toi, pour le faire sans retenue : c’est le plaisir et la générosité qui te guideront.

Hauts-de-FranceInterviewNatacha Tertone
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Sebastien Ciron

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