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  Interviews  Shaga devient un grand garçon, l’interview
Interviews

Shaga devient un grand garçon, l’interview

Sebastien CironSebastien Ciron—19 septembre 2025
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Merci à Shaga d’avoir pris le temps de répondre à nos questions pour cet interview.

Peux-tu nous parler de tes débuts : comment est née ta passion pour la musique, la guitare, l’écriture ?

Très tôt, vers 10 ans j’avais un voisin dans ma résidence avec qui on a commencé à écrire des chansons. On écoutait surtout du rock. Après on a pris des cours de guitare et de basse, et on a créé un groupe. Après, au collège j’ai commencé à digger de la musique sur YouTube. Et en parallèle mon père m’a montré pleins d’albums classiques: Bowie, Gainsbourg, Supertramp… Je me souviens aussi qu’on téléchargeait un paquet de sons sur e-mule. Je lui faisais des grandes listes, j’adorais ces moments.

D’où vient ton nom de scène Shaga ? Quelle signification, quelle histoire derrière ce choix ?

Shaga ça vient du film Austin Power, j’avais eu une révélation à l’époque, même si le film est un peu débile. C’est sûrement pour se rappeler de ne pas prendre la vie – et la musique – trop au sérieux. Même si ma musique évolue et est loin d’être tout le temps « humoristique », j’aime garder ce nom qui me rappelle ce lâcher prise.

 

Qui t’a le plus influencé, tant musicalement (Kurt Cobain, MC Solaar, etc.) qu’humainement, dans ta construction artistique ?

Nirvana ça a été la claque nécessaire pour que je me mette à faire de la musique. Je ne sais toujours pas bien expliquer pourquoi. Sans doute le cri de l’âme qui se dégage de leur musique ? J’ai aussi toujours été admiratif de groupes comme les Red Hot qui arrivent à mélanger des influences et créer un style un peu imparable, qu’on est tous susceptibles de se prendre.

 

Ton nouvel EP sort en septembre 2025. À quoi peut-on s’attendre ? Quel fil rouge ou quelle thématique unifie les morceaux ?

« Grand garçon » est un projet de 7 titres, qui traverse les périodes de l’enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte. Je pense souvent au passé, je me compare à qui j’étais, et ça me fait réfléchir. Est-ce que j’ai changé ? Est-ce que je suis resté fondamentalement la même personne ? Quand quelque chose me travaille, j’en fais de la musique. Ça m’aide à comprendre.

 

Peux-tu nous parler de tes récentes collaborations (avec Peet, Adamé…) : comment se passent ces échanges ? Que t’apportent-ils ?

J’aime énormément les Feat. Il y a cette liberté créative, on réfléchit moins, c’est plus spontané. Concrètement, à deux cerveaux, on se motive, on peut trouver des super trucs. Peet & Adamé, ce sont des amis donc c’est encore plus fluide. J’aime aussi le fait qu’on fasse chacun un pas vers l’univers de l’autre pour obtenir une musique qui nous ressemble à tous les deux. Ou qui nous sort tous les deux de nos habitudes.

 

Parmi les singles déjà sortis récemment, y en a-t-il un auquel tu tiens particulièrement, ou qui te semble particulièrement représentatif de la direction de cet EP ?

« Le parfum de mon ex » , que j’ai sorti le 5 septembre est mon titre préféré du projet. C’est également celui qui représente le mieux l’EP. Il retrace mes souvenirs d’enfance puis d’adolescence; les premières fois, le sentiment de liberté, la nostalgie de l’insouciance. Je le vois vraiment comme une pellicule qui fait défiler mes souvenirs. Je suis parti du souvenir d’un parfum qui me reste en tête, et j’ai déroulé.

 

Tu joues bientôt à La Bulle Café à Lille, La Maroquinerie à Paris, La Marquise à Lyon, etc. Comment te prépares-tu pour cette tournée ?

J’ai la chance d’être accompagné de Noé Berne – qui a produit tous mes derniers titres – sur toutes les dates. On a fait la setlist, et il réarrange tous les morceaux. Franchement ça sonne trop bien, je sais que les concerts vont être incroyables. À la Maroquinerie, on sera 5 sur scène, je serai accompagné des mêmes gars qui ont  enregistré sur mon EP. J’ai hâte.

 

Quelle importance accordes-tu au live dans ta musique ? Y a-t-il des morceaux que tu imagines différemment sur scène par rapport aux versions studio ?

J’adore chanter mes musiques, j’ai l’impression de retrouver la sensation première de quand je les ai créées. Et voir les gens chanter mes paroles, c’est vraiment une sensation gratifiante. C’est là où je me dis que j’ai pas écrit n’importe quoi, puisqu’ils se sont pris mes mots, là je peux le voir. Comme je le disais plus haut, c’est aussi l’occasion de revisiter les anciens morceaux, pour aller plus loin musicalement et s’amuser un peu.

 

Quand tu montes sur scène, comment ressens-tu la connexion avec le public ? Y a-t-il un moment live (passé) qui t’a marqué particulièrement ?

Je la ressens à fond ! Plusieurs moments m’ont marqué. Une fois lors d’un festival une auditrice avait préparé plein de pancartes « shaga on t’aime » qu’elle a discrètement distribué au public, et à la fin d’une chanson ils ont tous dégainé en même temps les pancartes, avec leurs grands sourires, c’était génial.

 

Tu dis être « libre et ouvert aux autres, introspectif et mélancolique par touches ». Comment fais-tu coexister ces multiples facettes dans ton écriture ?

Excellente question. En fait j’essaye de retranscrire au maximum la réalité des comportements humains: un jour je suis de bonne humeur alors j’écris un texte solaire (ce sont les plus difficiles mais les meilleurs), le suivant je suis anxieux, un autre nostalgique, alors les textes suivent mon mood. Et globalement, je suis quelqu’un de très enjoué mais sensible donc ça donne un mélange doux amer.

 

Comment arrives-tu à brouiller les genres (pop, rap, électroniques…) sans perdre de ta singularité ? Est-ce une stratégie consciente ou une évolution naturelle ?

En réalité, je fonctionne tellement au coup de coeur de la mélodie, que forcément ça crée un mélange de style. Par exemple, si on compose un truc très pop, très droit, et que la mélodie m’emporte, j’écris dessus, et ça part. Si le lendemain c’est plus « technique », un rythme plus RnB ou je ne sais quoi, rock, c’est tout pareil. J’y vais si je le sens. La singularité, c’est une question d’expérience, ça prend plus de temps à acquérir lorsqu’on ne se met pas de barrières comme moi. C’est toujours un truc que je conscientise pas trop, mais on me dit souvent que j’ai mon truc reconnaissable même si je varie les ambiances. Alors tant mieux. Perso je trouve ça cool, parce que on est sûr, vous comme moi, de pas s’ennuyer et de pouvoir s’attendre à plein de choses différentes à chaque projet. C’est mieux que de rester fidèle à une ligne mentale qu’on s’impose de manière un peu abrupte.

 

Si ton nouvel EP était un paysage (une scène visuelle, un lieu, une atmosphère), quel serait-il, pourquoi, et comment cela se ressentirait dans la musique ?

Pour le coup, ça serait vraiment un mélange de plusieurs lieux de là où j’ai grandi. Principalement dans le 12ème et 20ème arrondissement de Paris. C’est assez urbain, vraiment je visualise Paris. Les jardins secrets de mon enfance / adolescence.

 

Y a-t-il une erreur, un “accident” (studio, live, écriture…) que tu aurais voulu effacer, mais qui au final est devenu essentiel ou aimé du public ?

Quand je réécoute ma musique la + écoutée jusqu’ici, « Elle danse » que j’ai sorti en 2019, je trouve que j’ai une voix de crooner un peu maladroite. Je maîtrisais moins ma technique vocale, quand je la réécoute je suis un peu gêné. Mais du coup ça lui donne un charme, et je sais que le public l’adore.

 

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Sebastien Ciron

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