Marlene Larsen – Attempts At Fire
Un deuxième EP incandescent, entre douceur et explosions intérieures
Qui est Marlene Larsen ?
Autrice-compositrice-interprète, Marlene Larsen est l’une de ces voix qui, sans crier, parvient à percer l’armure. Elle avance à pas feutrés dans un univers indie pop teinté de rock, où les émotions s’expriment sans détour mais avec finesse. Après un premier EP introspectif Galore sorti en 2021, elle revient aujourd’hui avec un second opus, plus tourné vers l’autre, la friction, et le feu : Attempts At Fire.
Chronique — Attempts At Fire
Avec Attempts At Fire, Marlene Larsen revient armée d’une lucidité cinglante et du panache d’un rose vif qui pique les yeux.
Cette deuxième salve de morceaux prolonge avec panache l’introspection de Galore, mais cette fois, le regard se tourne vers l’extérieur : l’autre, les autres — qu’on aime, qu’on jalouse, qu’on quitte, qu’on déçoit.
Les cinq titres de ce nouvel EP forment autant de bulles pop/rock contrastées, où s’entrelacent sororité toxique, amour étouffé, jalousie latente et anxiété impossible à contenir. Des thématiques lourdes portées avec légèreté, sensibilité et même humour, dans une écriture fine et viscérale.
Comme souvent chez Marlene Larsen, l’intensité se distille dans la douceur. L’EP s’ouvre avec « Actually », hymne à l’affirmation de soi tout en fragilité. C’est une ballade tendue, fébrile, portée par une voix qui dit non en vacillant mais sans jamais flancher.
« Sweet Summer Child » enchaîne avec un tempo plus léger, presque aérien, aux chœurs solaires. Un instant suspendu, avant que « What You’re Waiting For » ne relance la tension : morceau frontal, direct, qui sonne comme un ultimatum.
Puis vient « Coming Clean », confession dénudée qui libère enfin la parole, laissant place à « She’s Tall », ultime piste pleine d’une mélancolie joyeuse, évoquant les vestiges d’un triangle amoureux mal ficelé. Un final tendre et bancal, comme une conclusion qu’on n’avait pas prévue.
Focus : « Actually », le clip :
Pour accompagner « Actually », Marlene signe un clip aussi poétique que barré, fidèle à son esthétique artisanale et décalée.
Dans la cuisine en surchauffe d’un restaurant, Marlene encaisse, sourit, subit… jusqu’à la crise de trop. Refusant d’ébouillanter un homard vivant, elle se rebelle, claque la porte, et embarque son crustacé complice dans un road trip de libération.
C’est tendre, drôle, absurde — un vrai petit court-métrage sur la surcharge mentale et l’apprentissage du non. À travers ce récit surréaliste et touchant, Marlene nous parle d’émancipation avec son ingrédient fétiche : l’autodérision pleine d’espoir.
