Bonjour Claude, merci de prendre le temps de discuter avec nous, que ce soit en amont du festival Art Rock ou sur place. Comment vous sentez-vous à l’approche de ce concert à Saint-Brieuc ?
Je me sens super peinard, j’ai regardé la météo, j’ai l’impression qu’il va pleuvoir, ce qui me rend profondément heureux parce que c’est mon premier vraiment vrai festival plein air et c’est la première fois que je joue potentiellement sous la flotte et j’ai toujours été relativement curieux de savoir comment ça se passait ce genre de concert. Donc voilà, j’ai hâte.
In Extremis est votre tout premier album sorti en octobre dernier, quel a été le point de départ de ce projet ?
Le point de départ ça a été relativement abruptement d’annoncer à mes équipes que je voulais absolument faire un album, que pour moi c’était ça la première pierre d’une carrière et qu’il fallait que je le fasse. Donc voilà, j’ai annoncé ça, je suis parti trois semaines dans la baraque de ma grand-mère, enfin 2-3 semaines pour écrire plus ou moins tout ce qui me passait par la tête, pour poser une base et avoir une ligne directrice assez claire et ce qui s’est relativement bien dessiné pendant ces quelques semaines. Et après voilà, j’ai rencontré Alexis Delon et Thomasie avec qui on a commencé à bosser cet album et puis voilà.
Le titre de l’album In Extremis évoque l’urgence à la limite, pourquoi ce choix ?
Exactement pour ce que vous venez de dire, parce que ça évoque l’urgence et la limite et que je trouvais que ça résumait bien l’atmosphère de l’album. Tous les morceaux ont une sorte de stress qui culmine jusqu’à la fin du morceau et qui ne trouve pas de résolution et je trouve que c’est intéressant. Vous avez collaboré avec Alexis Delon et Thomasie, deux producteurs recueillis de la scène actuelle, comment se passent ces collaborations et qu’ont-ils apporté à votre univers ? Cette collaboration s’est très bien passée, c’est devenu des amis, donc voilà, c’est un privilège de pouvoir bosser avec des gens talentueux comme ça et exigeants, qui ouvrent un peu l’univers et surtout d’avoir même au-delà de ça du répondant, c’est-à-dire de pouvoir confronter des textes, des mélodies à des gens sans avoir à devoir faire le tri tout seul dans sa tête.
C’est un privilège de pouvoir travailler comme ça. Et puis ouais, ils m’ont aidé à créer des morceaux dont je suis super fier, donc c’est un vrai bonheur d’avoir bossé et de bosser encore avec eux. Vos textes sont à la fois intimes et percutants, portés par une production électro très actuelle, comment trouvez-vous cet équilibre entre émotions brutes et efficacité sonore ? Je ne trouve pas l’équilibre, je pense que c’est là comme ça, il se trouve qu’à la fin ça sonne comme ça sonne.
Je pense que pendant un moment, à chaque fois, le texte prime. Au début, quand j’écris les textes sur mon téléphone, j’écris sans mélodie, sans chanson, donc pendant un moment le texte prime, il faut que le sens soit percutant, soit là. Et ensuite, une fois qu’on commence à trouver la composition de la mélodie, cette mélodie qui va primer, il faudra que ce texte, qui est déjà percutant de base puisqu’il a été écrit avant, rentre dans ces mélodies.
Et donc je pense qu’avec cette méthode-là, à la fin, on se retrouve avec un truc où il y a un équilibre assez fort entre le texte et l’instrumentation des morceaux. L’album semble penser comme un tout presque narratif. Y a-t-il un fil rouge qui le traverse ? Oui, tout à fait, puisqu’il a été basé sur la volonté de faire une sorte de liste de mes défauts, d’une sorte de confession sur 13 titres.
C’est un peu ça le fil rouge, donc il y a des thèmes qui reviennent, il y a même des structures d’accords qui reviennent un petit peu, des couleurs d’accords qui reviennent, donc fil rouge complètement. Vous serez sur la scène d’Art Rock le 6 juin. Que représente ce festival pour vous ? C’est un grand festival français, un classique du parcours festival français, donc c’est un honneur de pouvoir rejouer là-bas.
Ma belle-mère habite dans le coin, donc pareil, c’est un festival important pour elle, donc j’en suis d’autant plus content.
Comment avez-vous imaginé ce live ? Peut-on s’attendre à des réarrangements, des surprises ?
Des réarrangements, bien évidemment, c’est le but du live, c’est de présenter les morceaux sous un autre jour, c’est de les amener un peu à leur paroxysme en live, notamment les morceaux qui sont un peu plus énervés, on va dire, et des surprises, des, je ne sais pas, une surprise, oui probablement, mais ce ne sont pas des grosses surprises, c’est des petites surprises. Est-ce que vous voyez la scène comme une extension de l’album ou comme un terrain d’expression totalement différent ? Extension d’album, sur la musique bien sûr, extension puisqu’on apporte les morceaux vers d’autres chemins, parfois des morceaux qui font 4 minutes, on va les faire durer 9 minutes, ce genre de trucs, et comme un terrain d’expression totalement différent, tout à fait, puisque là pour le coup, ce qu’il se passe en studio, en termes notamment d’interprétation, n’est pas forcément ce qu’il se passe sur scène.
Je pense que je suis beaucoup plus pétage de câble que ce que je fais en studio, en studio je cours pas dans tous les sens quand je chante des chansons, donc ouais quand même. Votre album a reçu un très bel accueil, quelle place tient cette reconnaissance médiatique dans votre parcours ? C’est cool ? Je sais pas trop ce que j’entends, c’est cool, même c’est… Je suis reconnaissant pour ces médias qui en faisant ça mettent un peu de lumière sur l’album et ça permet de faire des concerts, ça permet de se présenter auprès de nouveaux publics, donc c’est un peu de reconnaissance pour tous ces gens-là qui ont décidé de mettre un peu de lumière sur l’album. Après, la reconnaissance médiatique c’est cool, mais ce qui compte à la fin c’est le public, donc c’est vers ce public-là qu’il faut aller chercher.
Tsugi a parlé de vous comme prochain grand talent de la chanson française, comment vivez-vous ces attentes ?
Je me mets des attentes sur la tronche de manière générale dans la vie, sur à peu près tous les sujets, que ce soit à l’école, dans la musique, donc en vrai, c’est gentil. C’est pareil, je le prends plus comme un sort de compliment, c’est gentil, après c’est une promesse de rien du tout, c’est à moi de bosser, de faire en sorte que je sois au niveau de mes attentes, mais c’est très gentil de la part de Tsugi, c’est des gens adorables, donc c’est gentil de le présenter comme ça. Avez-vous été surpris par certaines réactions critiques au retour du public ? Non, pas du tout, si ce n’est peut-être au tout début, quand j’ai commencé à sortir les premiers morceaux de l’album, notamment Addition qui était le tout premier morceau, moi je n’y attendais pas plus d’importance que ça, je l’aimais bien, mais je ne comprenais pas trop pourquoi le label voulait le sortir en premier, et j’étais bon, si vous voulez, si je vous fais confiance, et voilà, j’ai découvert à travers eux, à travers ces réactions-là, qu’Addition était un morceau qui parlait pas mal aux gens, et à part ça, je n’ai pas de grosse surprise, non.
L’album est sorti il y a quelques mois, vous êtes maintenant en tournée, que vous réservez-vous après la saison des festivals ?
Je me réserve de finir un deuxième album, que j’ai commencé à bosser en janvier, enfin même pas en janvier, un peu avant d’ailleurs, avant de sortir l’album 1, j’étais déjà un peu sur la suite, donc je bosse un peu la suite, je ne sais pas quand ça va sortir, mais voilà, j’avance bien, et puis on verra bien.
Avez-vous déjà en tête une suite à In Extremis, ou est-ce encore trop tôt ?
Réponse, deux en une. Oui boy, j’ai déjà en tête la suite d’In Extremis, je la bosse depuis quelques mois, entre les concerts, entre les festivals, et je suis très content, très stressé, très content, c’est super.
Pour finir, quelles chansons vous obsèdent en ce moment ? Une recommandation musicale à partager. Je vais aller fouiller tout de suite. Alors, Obsession, Obsession, il y a Seeing Stars de Turnstile, qui me fait péter un câble, qui est un très très beau morceau, et sinon il y a Drinking Age de Cameron Winter, qui est un morceau phénoménal, qui me fout à la limite de la chialade dans les rayons du Franprix à côté de chez moi, et j’oublie ce que j’étais venu acheter, et c’est de la très très belle musique.
Sinon, en ce moment j’écoute pas mal Partysaid, que moi j’avais, je ne sais pas si je dis Partysaid ou Partysaid, mais je n’avais jamais trop écouté, quasiment jamais écouté dans ma vie, et dernièrement je m’y suis un peu mis, et il y a Rhodes que je trouve absolument, qui me fout des frissons phénoménaux, et j’écoute Hentai de Rosalia parce que j’essaye de faire des pianos voix, et qu’elle le fait d’une manière absolument divine. Et voilà, je vais checker, je ne crois pas qu’il y a d’autres questions. Pouvez-vous me joindre une photo pour illustrer l’interview ? Mais ça, ce sera mes RP qui le feront.
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