Le rock ne compte pas ses morts, il relève les blessés.
Et Animal Triste est de ceux-là : survivant d’une guerre sourde et abrasive, un pied dans la cendre, l’autre dans l’ampli, le groupe avance comme les derniers Mohicans d’un rock à vif, porté par les larsens et la rage retenue.
Avec « Jéricho », leur troisième album, le groupe normand creuse plus loin son sillon, affirmant une esthétique sans compromis. Dans les pas brûlants de figures tutélaires comme The Gun Club, Nick Cave & The Bad Seeds, The Black Angels ou même l’ombre cinématographique de Jim Jarmusch, Animal Triste trace une route aride et viscérale, dévouée à l’âpre beauté d’un rock indocile.
« Jéricho », c’est un mur de sons, mais aussi de silences, de vertiges et de textes hantés. Un album habité, traversé par des voix amies et prestigieuses :
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Alain Johannes (Queens of the Stone Age, PJ Harvey, Arctic Monkeys), légende de l’underground américain, prête sa voix et ses guitares sur deux titres,
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Peter Hayes, le charismatique leader du Black Rebel Motorcycle Club, envoie ses éclats électriques,
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Et Marina Hands, comédienne et poétesse de la Comédie-Française, apporte une gravité rare, presque spectrale, dans un spoken word troublant.
Avec cet album, Animal Triste ne cherche pas à plaire. Il avance, sirènes hurlantes, vers un horizon plus noir, plus intense, mais toujours tendu vers le beau, dans ce qu’il a de rugueux, de sincère, d’essentiel.
