Julia Jean-Baptiste est une artiste pop française en pleine ascension, qui fait des vagues avec sa musique et ses paroles percutantes. Son deuxième album, Toujours Plaire, à sortir le 4 avril sous le label Kwaidan Records, marque une étape significative dans son parcours. Cet opus semble être une véritable réconciliation avec elle-même, loin des attentes et des jugements extérieurs.
Peux-tu nous parler de la naissance de ton projet musical ? Comment as-tu commencé, et comment as-tu rencontré les musiciens qui t’accompagnent aujourd’hui ?
J’ai commencé la musique avec Pendentif, un groupe de pop basé à Bordeaux, avec qui j’ai fait plusieurs tournées et sorti un album en 2018. J’ai aussi fait partie de Nouvelle Vague pendant quelques temps en tant que chanteuse. Juste avant le covid, j’ai commencé à écrire mes propres chansons, j’avais des choses plus personnelles à dire et j’ai sorti un EP en 2021 (Solo). Je travaille en studio avec Jean Sylvain Le Gouic (Juveniles) depuis cet EP, on a fait mon premier album Cinérama (sorti en 2023) et la collaboration continue avec ce nouveau disque ! On se connaissait depuis quelques années et notre lien artistique ne fait que grandir. Bien connaître les personnes avec qui je travaille, dans la création surtout, c’est hyper important pour moi pour pouvoir évoluer en confiance, sans me regarder.
De combien de musiciens se compose ton groupe aujourd’hui, et quel rôle chacun d’eux joue-t-il dans la construction de ton univers musical ?
Sur scène, nous serons deux pour les concerts de cet album. Je suis hyper heureuse de partir avec une batteuse sur la route, Lola Warin. J’ai envie d’un live explosif, d’une création unique où la musique sera mélangée à des notes vocales qui parleront des thèmes de l’album, qu’on sorte du concert en se sentant moins seul.e. Nous sortons tout juste de résidence et j’ai vraiment hâte de vivre ces moments et de retrouver le public.
Dans ton nouvel album, Toujours Plaire, il y a un mélange de rock et de pop. Quels sont les styles musicaux qui t’influencent le plus dans ta musique, et comment ces influences se reflètent-elles dans cet album ?
Ado, j’écoutais énormément de rock. J’ai un peu mis tout ça dans un coin de ma tête pendant des années et peu de temps après la sortie de Cinérama, j’ai eu un besoin viscéral de retourner à mes premiers amours, avec ce qui m’a fait tomber amoureuse de la musique. Le glam-rock de David Bowie période Ziggy Stardust, The Strokes, LCD Soundsystem, l’album Blow de Ghinzu, mais aussi des vieux trucs que ma mère écoutait à la maison, les Psychedelic Furs, Roxy Music, Television. J’ai aussi découvert et adoré Orla Gartland, une artiste irlandaise, qui mélange rock et pop à la perfection ! Je vous conseille vivement d’aller écouter son denier album, Everybody Needs A Hero !
Comment décrirais-tu ton style musical et celui du groupe ? Est-ce que tu t’identifies à une étiquette particulière, ou préfères-tu laisser libre cours à l’évolution de ton son ?
C’est difficile de s’identifier à un style particulier, on est toujours le mélange de plein d’influences. Ceci étant dit, j’ai eu envie pour ce disque de mettre un cadre au niveau de la production, contrairement à Cinérama, mon premier album, où on se balade dans des univers tantôt bossa-nova, tantôt disco, tantôt chanson française. Après les concerts du premier album, j’ai réalisé que ce que j’aimais le plus interpréter sur scène, c’était les morceaux énergiques, avec un truc frontal et badass, une basse acérée, une batterie qui tabasse. L’écriture de l’album a été pas mal influencée par ça, par ce besoin de revenir à l’essentiel, tant au niveau de la production que des thèmes des chansons.
Pour la composition de tes chansons, comment se déroule le processus créatif ? Est-ce que tu as une méthode particulière pour écrire et composer tes morceaux ? Comment organisez-vous les répétitions et l’enregistrement ?
En général, je compose chez moi, à la guitare, parfois au piano (c’était le cas pour Le dernier trophée) mais c’est plus rare, je suis une piètre pianiste ! Tout part toujours d’une mélodie, c’est l’élément central d’une bonne chanson, je crois. Puis j’écris le texte et je m’enregistre avec mon Dictaphone de téléphone (production américaine !), puis je réécoute, encore et encore, j’affine, je réécris, avant de partir en studio avec Jean Sylvain pour la produire. Tout est assez instinctif. Quand je sens qu’un morceau m’excite, je peux ne pas en dormir de la nuit, et il se passe rarement plus de quelques jours avant que le besoin de commencer sa production arrive. C’est tellement grisant de donner vie à une chanson écrite dans le creux de mon appartement, de créer un écrin à des mots parfois très intimes.
En tant qu’artiste, quel a été ton plus beau souvenir lié à la sortie de cet album ou à la scène ? Un moment particulièrement marquant que tu aimerais partager avec nous ?
Nous avons fait une résidence à l’EMB Sannois avec Lola, ma batteuse, il y a quelques jours et voir ces chansons prendre vie, c’était hyper fort. J’aime tellement la scène, le mouvement, la folie qui en résulte. C’est un espace où je me sens bien. Avec cet album, j’ai vraiment adoré être en studio aussi. On a produit l’album à 4 mains avec Jean Sylvain et même si parfois on avait l’impression d’être face à l’Everest et que certains morceaux nous ont rendus un peu fous (je ne dirai pas lequel mais il y en a un qui nous a retourné le cerveau pendant plusieurs semaines) c’était assez fabuleux de créer ce disque dans ce contexte resserré. On a emmené les morceaux où j’avais envie qu’ils aillent, j’ai crié dans les micros, on a passé des heures à triturer des sons de guitares et de synthés, c’était intense mais je n’en garde que le meilleur. Je suis amoureuse de ces 10 chansons, elles ont libéré quelque chose en moi.
Après la sortie de Toujours Plaire, quels sont les projets à venir pour toi et ton groupe ? Y a-t-il de nouvelles collaborations ou des événements marquants à prévoir dans les mois à venir ?
Je joue à la Maroquinerie à Paris le 14 mai, c’est une date que j’attends avec une impatience folle. Puis on viendra à Lyon après l’été, et j’espère que d’autres dates arriveront !!
Enfin, quels conseils donnerais-tu à des jeunes artistes ou groupes qui souhaitent se lancer dans la musique et créer un projet comme le tien ?
N’essayez pas de ressembler aux autres, faites ce qui vous fait vibrer, même si tout le monde ne comprend pas, qu’on vous dit que vous êtes bizarres ou pas assez quelque chose : vous êtes uniques et c’est votre plus grande force.
