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  Albums  Wild Pink – Dulling The Horns
Albums

Wild Pink – Dulling The Horns

Sylvain StricanneSylvain Stricanne—30 avril 2025
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Un album d’ombres douces et d’éclats feutrés

Avec Dulling the Horns, Wild Pink poursuit son travail d’orfèvre sur les textures sonores et les nuances émotionnelles. Mené par John Ross, le groupe new-yorkais peaufine ici une esthétique déjà amorcée sur A Billion Little Lights (2021) et confirmée sur ILYSM (2022) : un indie rock cinématique, rêveur, toujours en quête de beauté discrète et de mélancolie lumineuse.

Si le titre de l’album évoque l’idée d’atténuer l’agressivité (dulling the horns, émousser les cornes), c’est précisément ce que fait Ross avec sa musique : il transforme l’angoisse en apesanteur, la douleur en paysages brumeux. L’album est comme un lever de soleil au ralenti sur une route déserte : ça avance, mais doucement, avec une gravité discrète.

Production et atmosphères : entre Eno et War on Drugs

La production est à la fois éthérée et très travaillée. Ross continue d’explorer des textures ambient, lorgnant parfois vers les ambiances planantes d’un Brian Eno période Apollo: Atmospheres and Soundtracks, ou les nappes vaporeuses de Hammock et Explosions in the Sky, mais sans jamais tomber dans le post-rock pur. Ce sont des chansons, pas des paysages abstraits.

Les guitares sont toujours là, mais elles glissent, elles enveloppent plus qu’elles ne mordent. On pense au Lost in the Dream de The War on Drugs, mais un War on Drugs sous tranquillisants, moins motorique, plus introspectif. À certains moments, c’est presque du Talk Talk période Spirit of Eden, cette tension tenue entre minimalisme et émotion brute.

Les morceaux phares : miniatures impressionnistes

“Air Drumming Fix You” ouvre l’album sur une note presque absurde, un clin d’œil ironique à Coldplay (le morceau Fix You) transfiguré par un traitement ambient et une narration intime. On retrouve ici ce que Ross sait faire de mieux : parler du trivial (jouer de la batterie dans l’air) pour évoquer l’essentiel (la solitude, la mémoire, la consolation).

“Knife in the Trunk” est l’un des sommets de l’album. Sur une rythmique discrète, presque trip-hop, une ligne de basse très douce soutient des claviers brumeux, pendant que la voix de Ross flotte au-dessus, distante, comme filtrée à travers un rêve. On pense ici à Elliott Smith, pour la voix, mais aussi à Mount Eerie pour l’atmosphère hantée.

“Abducted at the Grief Retreat” est peut-être le morceau le plus étrange et audacieux du disque. Un récit à la frontière du réalisme magique, où les textures synthétiques rencontrent un spoken word presque spectral. C’est du Sufjan Stevens période The Age of Adz, en plus fragile encore.

Un disque hanté, mais lumineux

Il y a une gravité tranquille dans Dulling the Horns, comme si l’album était hanté par la disparition, mais aussi par le désir de paix. Les textes de John Ross, souvent cryptiques, sont traversés de souvenirs, de lieux indéterminés, de douleurs intimes jamais tout à fait formulées. Il ne s’agit pas de raconter, mais de suggérer, d’esquisser. C’est là que la musique prend le relais : elle parle là où les mots échouent.

Dans l’esprit, on pourrait rapprocher cet album de Carrie & Lowell de Sufjan Stevens ou de Twin Fantasy de Car Seat Headrest (pour l’aspect autobiographique détourné), mais sans les éclats de voix, sans les moments de fureur. Ici, tout est retenu, contenu, presque méditatif.

Dulling the Horns est un album de gestes minuscules mais puissants, un disque qui ne cherche pas à convaincre mais à habiter. Il faut l’écouter seul, au casque, dans un moment suspendu. C’est une œuvre de résistance douce, une musique qui préfère les nuances aux slogans, la brume à la clarté brutale.

Wild Pink continue ici de tracer un sillon singulier dans l’indie américain : celui d’un romantisme discret, fragile, mais bouleversant.

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Sylvain Stricanne

Selon Chat GPT ;) : Voici une courte biographie de Sylvain Stricanne basée sur les informations disponibles : Sylvain Stricanne est un professionnel de la culture et des médias, connu pour son travail en tant que journaliste et bibliothécaire. Il a contribué à divers articles pour des sites culturels, couvrant des événements musicaux et culturels dans les Hauts-de-France et en Belgique. Sylvain a écrit sur des sujets variés, allant des performances punk de The Meffs et des skankers de Buster Shuffle à des soirées américaines de qualité avec des artistes comme JUG et Zak Perry. Le rock indépendant ou l'Orchestre National de Lille, le Hip-Hop. En plus de son rôle de journaliste, Sylvain Stricanne est également impliqué dans le développement de la lecture publique. Il travaille à la **Médiathèque départementale du Nord**, où il sert en tant que bibliothécaire et référent de territoire. Il est responsable des acquisitions dans les domaines des ressources numériques, des bandes dessinées, du cinéma et de la musique. Sylvain a également été reconnu pour son rôle en tant que directeur de la nouvelle médiathèque à Landas, où il a été décrit comme avenant et sympathique lors de l'inauguration de l'établissement qu'il a créé. Cette biographie offre un aperçu de la carrière professionnelle de Sylvain Stricanne, mettant en lumière son engagement dans le journalisme culturel et le soutien à la lecture publique dans le nord de la France. Source : conversation avec Bing, 15/04/2024

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