Vulax ou l’art de regarder par la fenêtre
Chronique du clip « Window » – Sortie le 26 juin
À 23 ans, Vulax est déjà une singularité dans le paysage du piano néo-classique français. Étudiant au prestigieux Conservatoire de Paris, suivi par une communauté fidèle sur les réseaux sociaux (près de 180 000 personnes), le jeune pianiste parvient à conjuguer exigence musicale et liberté de ton. Entre maîtrise académique et expression libre, il désacralise l’instrument sans jamais le trahir. Une démarche à la fois humble et audacieuse, à l’image de son dernier clip « Window », qui sortira ce jeudi 26 juin.
« Window », c’est d’abord un morceau instrumental né du mouvement – celui du voyage, de la contemplation, de l’évasion intérieure. Composé lors d’un trajet, ce titre nous invite à regarder le monde à travers une vitre : celle d’un train, d’une chambre ou d’un bureau. Deux notes, puis une mélodie d’arpèges se déploie avec délicatesse. Le style est clair : néo-classique, aux frontières de la musique de film, empreint de douceur et de nostalgie. Une berceuse moderne pour âmes sensibles.
Mais si ce morceau, issu de la compilation « J’ai fait une compilation » (sortie en décembre 2024), a conquis les réseaux sociaux – et tout particulièrement TikTok – c’est aussi pour son pouvoir d’évocation immédiat. Le succès a été tel que Vulax a décidé de lui offrir un clip. Et quel clip.
Tourné à l’argentique, le court-métrage met en scène une audition. Un pianiste (Vulax lui-même) se présente devant un jury rigide, composé d’hommes âgés, visiblement attachés aux codes poussiéreux d’un certain classicisme. La caméra capte le contraste : tandis que Vulax joue avec légèreté, absorbé par sa propre musique, les jurés s’agitent, s’insurgent, s’indignent. Le néo-classique dérange. Le sourire aussi. Derrière ce tableau faussement absurde, une critique claire : celle d’un milieu musical parfois sclérosé, où l’émotion doit encore se plier aux normes d’un prétendu héritage.
Vulax ne provoque pas, il propose. Il ne se rebelle pas, il invente. Il compose comme on tiendrait un journal intime : sincère, éphémère, parfois maladroit, souvent bouleversant. Il fait des compilations comme on collectionne des souvenirs. Et derrière l’absurde qu’il aime cultiver sur les réseaux, il y a un vrai propos : celui de rendre le piano accessible, vivant, humain.
Avec « Window », Vulax ouvre une brèche. Une fenêtre. Par laquelle on peut enfin respirer.
