Le Retour du Chaos Punk — Heavy Jelly, un tsunami qui gronde. A acheter en urgence.
Après six années tourmentées marquées par le deuil, des crises de santé mentale et des tensions internes, Isaac Holman et Laurie Vincent signent leur retour fracassant sous un nouveau nom : Soft Play (anciennement Slaves). Le 19 juillet 2024, ils lâchent Heavy Jelly, une mandale sonore dont la production condensée (11 titres, 29 minutes) ne laisse aucun répit.
L’album débute avec All Things, qui fait fondre un chant choral angélique pour fondre dans un riff ultra saturé — le ton est donné : punk brutal, humoristique, sans retenue. Punk’s Dead est un bijou d’ironie vengeresse — reprenant les commentaires acerbes post-changement de nom, avec Robbie Williams en guest pour lire ces plaintes comme un gag punk ultime — satire piquante garantie. Sur Act Violently, c’est une caricature furieuse de la vie urbaine contaminée par les trottinettes électriques, plongée dans une rage instrumentale toute punk. Mirror Muscles se moque des culturistes et de la culture du muscle dans un riff qui met des haltères sur votre cerveau — mélange de nu-metal et d’ironie grinçante. Isaac Is Typing… explore les angoisses mentales avec un groove lourd et une écriture pleine d’humour noir : « My therapist tells me not to engage… » — un punk introspectif et viscéral. Bin Juice Disaster, Worms on Tarmac, John Wick, The Mushroom and the Swan : chacun de ces titres propose un twist absurde, poétique ou cynique — et ça balaie tout ce qui est convenu. Le final revient brutalement sur terre avec Everything and Nothing. Mandoline, violon, chant rauque et paroles hantées par la perte, l’absence et le chagrin intime (« white knuckles on the counter in the kitchen ») — c’est l’uppercut émotionnel de l’album, bouleversant, lumineux dans sa douleur.
La réception critique est globalement dithyrambique : sur Metacritic, Heavy Jelly obtient un 84/100, catégorie « universal acclaim ». Clash loue une musique à la fois “wilder, faster, heavier, more frenetic, and downright hilarious”. Louder than War parle d’un retour triomphal, “heavy, comical and reflective”. RockUrLife soulève la rage, l’authenticité, et une colère cathartique qui mord encore fort.
Heavy Jelly est une renaissance punk calibrée comme un uppercut — féroce, drôle, viscérale… jusqu’au cœur. Soft Play ne cherche pas à réinventer le genre, ils le dynamitent avec panache. On en ressort à moitié ébouriffé, à moitié en larmes, mais prêt à replonger dans la fosse. Un pur chef-d’œuvre de chaos maîtrisé.
