Un nouvel éclat tiré de l’album Passing Road
Un mois après la sortie de Passing Road déjà salué comme l’un des plus beaux albums électroniques de l’année Franck Marchal continue d’en déployer les mystères. Le compositeur dévoile aujourd’hui “Eternal Present”, un nouvel extrait accompagné d’un clip d’une grande finesse visuelle, signé Laurent King. Une nouvelle pièce d’un puzzle musical pensé comme la bande originale d’un film intérieur, où chaque morceau éclaire un pan intime de l’artiste.
Avec Passing Road, Marchal tisse un univers foisonnant, à la croisée du néo-classique, des synthés vintage et d’une ambient d’une sensibilité presque cinématographique. On y entend l’écho de Ryuichi Sakamoto, la profondeur émotionnelle de Nils Frahm, la pureté narrative d’un Max Richter ou d’un Ólafur Arnalds. Mais surtout, on y reconnaît la patte Marchal : un souffle, une tension, une façon très personnelle de raconter le mouvement intérieur par la musique.
Deux ans après le remarquable EP Maelström Metronomy, déjà empreint de synthèse planante et de paysages électroniques en apesanteur, le compositeur franchit ici un cap. Passing Road explore l’esprit comme on explore une route de nuit : par fragments de lumière, par surgissements, par clair-obscur. Chaque titre se présente comme une scène, un souvenir ou une vision abstraction et émotion réunies.
Après l’envoûtant “King Among the Stars” et son clip inspiré du Burning Man Festival, Marchal dévoile aujourd’hui “Eternal Present”, qui poursuit cette quête d’un temps suspendu, d’un espace intérieur où la musique respire, pulse et s’illumine.
Il faut dire que le compositeur n’est pas un inconnu de l’image : producteur et auteur de nombreuses musiques pour le cinéma, la publicité et la télévision, membre du groupe Batz (rock alternatif/électro), collaborateur du London Symphony Orchestra comme de l’Orchestre Philharmonique de Monaco… Marchal a su développer une écriture viscérale et narrative, héritée de son éducation classique et de son obsession pour les textures. Pianiste depuis l’enfance, collectionneur de synthétiseurs analogiques, il pense sa musique comme un artisan : par couches, par couleurs, par respirations.
Passing Road, son premier album, sorti en novembre 2025, se présente ainsi comme une œuvre introspective, presque confessionnelle, mais toujours ouverte, universelle.
Chronique du single : “Eternal Present”
“Eternal Present” s’ouvre dans un clair-obscur saisissant : quelques pulsations basses, un halo de synthés, une tension retenue. On croirait entendre un cœur qui se met à battre plus fort, dans un espace invisible où la lumière et l’ombre cohabitent. Le clip, magistralement filmé par Laurent King, prolonge cette impression : une spiritualité diffuse, un souffle suspendu, comme si le monde extérieur s’effaçait au profit d’une vérité intérieure.
La force du morceau réside dans sa progression. D’abord minimaliste, presque fragile, la musique avance avec lenteur, gagne en densité, en amplitude, jusqu’à atteindre une montée en pression d’une grande élégance émotionnelle. Puis tout redescend doucement, sans rupture vers une paix retrouvée. Cette architecture, très maîtrisée, évoque autant la structure d’un morceau néo-classique que celle d’un paysage ambient en expansion.
Les textures électroniques dialoguent avec une sensibilité acoustique discrète mais essentielle. Le résultat est à la fois spirituel, sensoriel, et profondément humain un morceau qui semble parler du chemin, de la respiration, du temps qui passe sans jamais réellement passer.
Franck Marchal y démontre ce qui fait sa singularité :
une science du récit, un sens inné de la tension dramatique, et une capacité rare à transformer la musique électronique en expérience émotionnelle pure.
“Eternal Present” n’est pas seulement un extrait : c’est une clé.
Une porte qui ouvre sur l’intimité de Passing Road, sur son mouvement intérieur, sur la beauté ténue qui court dans tous ses interstices.
Un moment suspendu.
Une lumière dans l’obscurité.
Une preuve que l’électronique, lorsqu’elle est habitée, peut toucher droit au cœur.
