
Cinq hommes. Un étudiant, un ouvrier, un plombier, un apprenti, un délégué syndical. Tous ont perdu une main lors de manifestations des Gilets jaunes. À partir de leurs témoignages recueillis par Sophie Divry dans Cinq mains coupées, Louis Berthélémy compose un théâtre profondément humain, où cinq récits singuliers finissent par former une même voix.
Mais Cinq mains regarde aussi plus loin. De la Révolution française à la Commune, des grèves des mineurs de 1948 à Mai 68 et aux Gilets jaunes, le spectacle traverse deux siècles de colères, de luttes et de conquêtes sociales. Pourquoi se révolte-t-on ? Que devient une démocratie lorsque la parole et les corps s’affrontent ? Et que reste-t-il de ces moments dans notre mémoire collective ?
Entre fresque historique et témoignages intimes, la scène devient tour à tour amphithéâtre, parlement et rond-point. Le passé vient éclairer le présent ; les idées rencontrent les corps et les grandes secousses de l’Histoire, des vies bouleversées. Un théâtre politique au sens le plus vivant du terme : non pas pour nous dire quoi penser, mais pour remettre l’Histoire en mouvement et nous inviter à regarder autrement notre présent.
« Pour l’homme, le passé ressemble singulièrement à l’avenir. Lui raconter ce qui fut, n’est-ce pas presque toujours lui dire ce qui sera ? » Honoré de Balzac, La Recherche de l’Absolu, 1834
